LA NOUVELLE DAME PATRONNESSE !

Publié le par LE SCARABÉE NOIR

Jacques Brel raillait avec férocité, ces « bonnes dames » bien croyantes, bien généreuses qui s’efforçaient de faire le bien autour d’elles au nom de leurs grands principes religieux : « Un point pour Saint Joseph, un point pour Saint Thomas ».

Effectivement, la dame patronnesse est avant tout une « bonne chrétienne » qui va bien régulièrement à la messe, pousse la chansonnette dans la chorale paroissiale, lit les saintes écritures en public.

Elle est toujours un modèle de mère de famille nombreuse qui fait élever sa progéniture dans les meilleures institutions, elle est de famille aisée, ce qui lui permet d’être détachée des basses contingences matérielles et donc de se vouer corps et âme à ses bonnes œuvres sociales.

Mais la dame patronnesse a considérablement évolué depuis la chanson de l’ami Brel.

Elle n’est plus cette « mémère » guindée et austère qui passe son temps libre à faire du tricot !

Elle est désormais « complètement dans son temps » : Elle a un page Facebook, voire un site Internet ou un blog, elle Twitte avec allégresse depuis son Iphone, son Ipad ou son Mac, on la retrouve sur Viadeo, Linkedin et tout ce que la planète compte de réseaux branchés.

Tenez, je ne serais même pas surpris qu’elle se laisse aller à quelques fantaisies sur des sites coquins avec des pseudos du style « grenouille friponne » ou « goupillon frémissant » !

Le plus souvent, elle réside en centre-ville dans une belle maison de maître, ce qui lui permet de montrer urbi et même orbi sa forte fibre écologique en se déplaçant à bicyclette !

La dame patronnesse a compris que sa chère église catholique avait perdu de son influence et ne permettait plus une pénétration suffisamment efficace des couches populaires pour accomplir son apostolat social.

Alors, c’est tout naturellement qu’elle s’est tournée vers la politique, un parti étant le seul moyen efficace pour lui fournir le tremplin nécessaire au dépassement de la zone d’influence du patronage.

Mais attention, il faut rester modéré, c’est donc naturellement au centre que la dame patronnesse va s’engager en politique.

Après tout, le centre c’est idéal : du centre, on voit tout et on peut tranquillement s’en aller à droite ou à gauche…ou rester au centre.

C’est vachement bien des gens comme ça…

Quoique…

Un éminent sociologue Belge du nom de José Pinilla a démontré que le travailleur social compétent était tout l’opposé de la dame patronnesse !

Celle-ci commet, en effet, 10 péchés quand elle mène son action sociale :

1. Le dogme et l’ignorance.

2. Le comportement moralisateur.

3. Le paternalisme.

4. La condescendance et l’autorité.

5. La surcharge affective et la mauvaise distance.

6. L’absence d’écoute active.

7. Le déficit de rigueur méthodologique.

8. Le conservatisme politique et institutionnel.

9. L’individualisme et la méfiance vis-à-vis des actions collectives.

10. Le contrôle social.

Et d’ailleurs, ce sociologue dit que la légende raconte - depuis le début d’homo sapiens - que la première dame patronnesse était une sorcière frappée d’un sortilège : celui d’être convaincue de bien agir en multipliant les faux pas. On disait d’elle qu’elle était le cheval de Troie de SATAN, en feignant d’être la main bienveillante de DIEU.

Fichtre, il faudrait donc se méfier de tant de générosité apparente et de tant de dévouement affiché !

Fort heureusement, il n’existe pas de tel personnage dans la communauté de Soulvire, n’est-ce-pas ?

N’est-ce-pas ?

  Le Scarabée Noir.

Publié dans LE SCARABÉE NOIR

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Commenter cet article

acid'eure 17/09/2015 06:44

Que voulez-vous nous faire comprendre ???

Patrick ROBERT 18/09/2015 20:51

@ Acid'Eure
Que "la poudre aux yeux" jetée par les responsables du "social" à la CASE et à la ville avec leur bio et leurs vélos ne doit pas faire oublier qu'il faut s'occuper des vrais problèmes, ceux qui concernent directement la vie (et la mort) des gens et du travail admirable fait par le personnel soignant dans des conditions "difficiles".