CERTAINS CATHOS N’AIMENT PAS LES MOUTONS NOIRS !

Publié le par Le Scarabée Noir

CERTAINS CATHOS N’AIMENT PAS LES MOUTONS NOIRS !

C’est l’histoire d’un ado littéralement « massacré » par son collège « privé catholique ».

Un enfant calme, très bien élevé, pas turbulent pour un sou, mais un peu « hors normes » par rapport aux critères du collège : Un créatif plutôt rêveur, le genre d’enfant qu’il faut stimuler en le mettant en confiance ; surtout pas le sanctionner brutalement sans lui expliquer clairement pourquoi.

L’affaire avait mal commencé pour cet enfant dès la sixième : avec 12,41 de moyenne, ce qui correspond traditionnellement à « assez bien », le chef d’établissement voulait le faire redoubler !

Cela commençait à sentir « la variable d’ajustement » !!!!

Il faut savoir que tous les établissements scolaires et notamment les établissements privés sont sous contrôle : Ils doivent respecter un certain nombre de critères purement statistiques, tels que les taux de redoublement, les résultats aux examens, les pourcentages d’orientation vers les filières générales ou professionnelles à l’issue de la troisième…

Les enfants discrets dont les parents (surtout les divorcés) sont plutôt intimidés par « l’institution » sont des proies idéales pour ces prédateurs….

Le père (divorcé) de cet enfant me racontait qu’il avait cessé d’aller aux réunions avec les professeurs après que l’un d’eux lui ait déclaré en plein milieu d’année qu’il ne voyait pas de quel élève il s’agissait à propos de son fils, au motif qu’il avait deux classes de 35 et qu’il ne pouvait les connaître tous !!!

Et méfiance, si vous allez râler un peu trop, ils se vengent sur l’élève !

Si le mouton est catalogué comme mouton noir, quoi qu’il fasse l’étiquette lui restera collée pendant toute sa scolarité !

Et moi qui pensais que le rôle des cathos, c’était de ramener les brebis égarées au sein du troupeau !

Arrive la troisième et la décision d’orientation.

Le père de mon camarade me raconte avoir été informé par la maman que le collège souhaitait orienter l’enfant vers les filières professionnelles.

Les filières professionnelles sont des filières d’excellence pour les élèves qui ont un but professionnel précis : Plombier, électricien, conducteur de travaux…., mais une fabrique d’illettrés désabusés, voire de délinquants, pour les élèves qui ne savent pas encore quoi faire…

Le papa décide donc de prendre le taureau par les cornes et d’étudier le dossier.

Il se rappelle tout d’abord que le collège, en infraction totale avec la loi, ne lui a jamais adressé directement le moindre document ou la moindre information sur son fils, tout passant par la maman.

Il constate aussi que les moyennes indiquées dans le bulletin annuel de troisième ne correspondent pas du tout au détail des notes affectées des coefficients indiqués, les moyennes « officielles » du bulletin étant pratiquement toutes inférieures aux moyennes recalculées ! La moyenne générale de l’enfant est de 9,7 et non 9,4 comme mentionné sur le bulletin. Comme par hasard, c’est une moyenne inférieure à 9,5….les initiés comprendront.

Il déplore la brutalité de certains appréciations des professeurs, ainsi une matière où l’élève a la respectable moyenne de 13,1 sur l’année reçoit cette sentence « Des résultats insuffisants. Il faut absolument revoir les notions et les appliquer lors des activités » !

Il se rend compte que la demande de dérogation pour l’inscription au lycée où l’élève voulait aller pour apprendre une langue particulière n’a jamais été transmise (même sous réserve de décision finale d’orientation) et que les délais sont désormais passés…

Fort dépité, mon ami décide alors, en accord avec la maman, de voir le chef d’établissement pour demander des explications et faire appel de cette décision.

J’ai rencontré mon camarade au sortir de cet entretien.

Ce qu’il m’a raconté est à peine croyable.

Le chef d’établissement a déclaré qu’il était impossible de recalculer les moyennes, les professeurs affectant des coefficients ! Les coefficients étant indiqués dans les relevés de notes, c’est naturellement faux. Il m’a montré le calcul en mathématiques où avec 25 notes et les coefficients le calcul est conforme alors qu’en langues c’est totalement exotique et qu’en musique des notes de 15, 19, 9 et 9 donnent une moyenne de 12,7 et non de 13 (15+19+9+9 = 52 et 52/4 = 13) !

Le chef d’établissement a même dit que cela n’avait pas d’importance car ils ne regardaient pas la moyenne générale, sic !!!

Le comble a été atteint quand cette charmante personne a dit aux parents que de toute façon, les notes allaient encore chuter en seconde, première et terminale si on laissait passer l’enfant dans la classe supérieure ! Bref il est condamné !

Il est possible de faire appel de la décision de l’établissement, mais il faut se décider immédiatement puisque l’entretien a eu lieu vendredi 16 juin et que la commission se tient le mardi 20 juin ! Et remettre en mains propres au chef d’établissement la lettre de motivation de cet appel, et que c’est le chef d’établissement qui portera lui-même le dossier au diocèse !

Eh oui, dans l’enseignement catholique, tout se passe dans le diocèse ! On change d’église mais pas de diocèse, tout se passe « en famille », il est donc rarissime que la décision d’un établissement du sérail, si j’ose dire, soit infirmé.

Mon camarade m’a dit aussi qu’il avait été très choqué par la brutalité mielleuse de cet entretien où jamais l’enfant n’a été évoqué, un enfant très sensible en pleine adolescence, un enfant qui a « tout pris dans la figure » d’un divorce conflictuel, un enfant qui peut avoir un 19 et un 2 dans la même matière et qui, si on excepte les 2 matières scientifiques, a largement la moyenne.

Pour bien connaître mon camarade, je pense que c’est cela qui l’a le plus choqué : Cette déshumanisation totale et le fait que son enfant ne soit considéré que comme une variable d’ajustement statistique !

Cette triste histoire est rigoureusement vraie, elle se passe dans une ville moyenne rendue célèbre par une chanson populaire.

Si je l’ai racontée sur ce blog, c’est d’abord parce que je sais que cela fera plaisir à mon camarade et aussi pour mettre en garde les parents contre les dangers de certains enseignements privés.

Si votre enfant entre « dans le moule », c’est parfait, s’il n’est pas « tout à fait comme les standards », danger.

Ces « gens-là » sont sans pitié.

Henri Guaino n’a peut-être pas tort quand il dit que les électeurs cathos du 7ème arrondissement de Paris sont à vomir.

  Le Scarabée Noir.

Publié dans LE SCARABÉE NOIR

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