LE VRAI OBSTACLE A L’EMPLOI, C’EST LA FINANCE !

Publié le par Le Scarabée Noir

LE VRAI OBSTACLE A L’EMPLOI, C’EST LA FINANCE !

Un ami très proche me racontait récemment une petite histoire vraie.

C’est l’histoire  d’un retraité ayant repris une TPE qui allait périr par manque de gestion alors que cette TPE exerce son activité dans un secteur très porteur et dont les clients  ne présentent  strictement aucun risque de paiement.

Il s’est d’abord agi de trouver « un peu d’argent » (pas grand-chose, disons le prix d’une voiture neuve de milieu de gamme) pour payer les dettes et les inévitables cadavres que l’on trouve dans les placards en cas de reprise d’entreprise.

C’est là que les ennuis ont commencé….

Naïvement, le repreneur (un gestionnaire confirmé rompu aux business plans et autres budgets prévisionnels) pensait que sa banque personnelle allait le suivre, surtout avec le beau dossier bien ficelé qu’il avait préparé et son antériorité personnelle.

« Reprendre une entreprise à votre âge ! Vous n’y pensez pas », lui fut-il répondu !

Pas question de prêter quoi que ce soit !

Dépité, notre vieux repreneur se tourna donc vers la banque de l’entreprise.

Cette banque accepta de prêter l’argent demandé à notre repreneur sous forme de crédit à la consommation (donc très cher) aux conditions suivantes :

  • Domicilier tous ses comptes personnels à la banque de l’entreprise
  • S’engager à reverser immédiatement les fonds prêtés sur le compte de l’entreprise
  • Mettre en place un contrat d’affacturage assorti de sa caution personnelle.

Vraiment pas génial comme conditions, mais avait-il le choix ?

Et puis être obligé de faire un crédit à la consommation personnel pour sauver une entreprise avec  2 emplois permanents et 7 emplois de vacataires salariés, est-ce bien conceptuellement satisfaisant ?

Une entreprise, si petite soit-elle, ce n’est pas un produit de consommation…..

Mais, bon, compte-tenu du secteur d’activité et de l’imminence de « la rentrée », notre repreneur n’avait plus guère de choix : Il fallait se lancer !

Une pas trop mauvaise  reprise puisqu’en restructurant le commercial et serrant tous les boulons, notre repreneur fit doubler le chiffre d’affaires en un an !

Donc de quoi être satisfait !

Que nenni !

La belle rentabilité retrouvée ne s’est pas traduite par les embauches  prévues : Tout l’argent est parti à la banque !

Pas de trésorerie, pas d’embauches possibles !

Pourquoi ?

L’affacturage est une technique bancaire qui consiste, pour une entreprise, à vendre ses factures clients  à  un organisme spécialisé qui règle les factures moyennant un intérêt calculé sur la durée du délai de paiement contractuel et qui se charge du recouvrement.

C’est un mode de financement qui coûte fort cher, mais en cette période de taux d’intérêts très bas, après tout du 5/6% ce n’est pas prohibitif en valeur absolue !

Seulement voilà, il n’y a pas que l’intérêt, il y a les « frais de dossiers », les « commissions de surveillance et d’intervention », les « frais divers » qui sont prélevés directement sur le compte, sans que vous n’ayez mot à dire !

Et vous n’avez pas mot à dire, tout est effectivement écrit dans le contrat !

Au total avec « toute la sauce » c’est un financement qui revient à 15% !

Sans compter les intérêts de son propre emprunt à la consommation…

Et mon ami repreneur, tout content de s’être « défoncé » pendant un an pour bien relancer l’affaire, d’avoir pu rémunérer normalement sa responsable par une augmentation de 50% de son salaire, d’avoir fait un CDD de 6 mois (un précédent CDI s’étant fini aux prudhommes), d’avoir pu payer correctement 7 profs, sans s’être payé lui-même se retrouve avoir bossé pour la BNPPARIBAS qui a pompé tout son bénéfice !

Repreneur d’une affaire et particulièrement compétent, le voilà devenu « retraité pauvre et endetté » !

La raison majeure, Monsieur Macron, ce n’est pas le droit du travail !

Le principal obstacle à l’embauche et plus particulièrement pour les TPE qui sont le plus important gisement d’emploi, c’est le financement et les délais de paiement de « l’administration » !

Alors arrêtez cet enfumage grotesque.

J’allais oublier de vous dire que l’entreprise de mon ami exerce son activité dans le secteur de la formation post Bac.

Les clients facturés sont les OPCA qui collectent les fonds de la formation continue.

La plupart d’entre elles demandent des facturations à trimestre échu et payent à 60 jours quand tout va bien.

C’est-à-dire, par exemple que des prestations effectuées en octobre sont facturables en décembre et payées début mars !

Et, contrairement à la loi, certaines OPCA refusent l’affacturage !

En particulier l’OPCA du secteur bancaire !!!!

Ils savent, mieux que quiconque, que l’affacturage est une belle arnaque !

La loi dit que les prestations de service sont payables à 30 jours, mais nous sommes dans un pays où certaines lois sont inappliquées et inappliquables…..

J’ai confiance en ce repreneur, il s’en sortira je le connais.

Mais quel gâchis, que d’énergie perdue et surtout quelle injustice et quelle bêtise….

  Le Scarabée Noir.

Publié dans LE SCARABÉE NOIR

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