UNE MINISTRE PAS VRAIMENT BRANCHÉE…

Publié le par Le Hibou de,la Vallée

UNE MINISTRE PAS VRAIMENT BRANCHÉE…

Si j’avais un compte pénibilité, il eût été largement enrichi ce midi. J’ai, en effet, eu le courage d’écouter quasiment in extenso le pénible discours de Madame la Ministre du travail qui égrainait sa litanie de mesurettes avec une impressionnante autosatisfaction.

Priorité absolue aux TPE, déclare la Ministre !

Magnifique, me dis-je in petto, on a enfin pensé à moi, car je suis « patron » d’une TPE nouvellement reprise et en redéploiement.

Mais à l’écouter, j’avais l’impression d’avoir en face de moi un médecin que j’avais fait venir pour avoir de la fièvre, cracher et tousser abondamment et qui me donne un traitement contre les cors aux pieds ou d’un chirurgien qui se trompe de pied à opérer, tant l’erreur de diagnostic est flagrante !

Dans une TPE, le « dialogue social » est permanent ! Une TPE, c’est une équipe, voire une famille, elle ne peut fonctionner que si « on met tout sur la table » et elle doit avoir le maximum d’autonomie !

La question du « dialogue social » ne se pose pas dans une TPE, le dialogue social s’impose de lui-même !

Moi je fais une Assemblée Générale informelle chaque jour et même plusieurs fois par jour si besoin est !

Et puis cette histoire de branche est totalement liberticide, c’est un « trompe l’œil » qui va encore plus corseter la TPE en lui enlevant de la souplesse, en la mettant dans une case, en lui créant de nouvelles contraintes.

On voit bien là le travail d’une technocratie totalement déconnectée de la réalité du terrain.

Ce qui est dramatique, c’est que « ces gens-là » connaissent parfaitement les chiffres et la dimension du problème, mais se trompent complètement sur le traitement imposé au malade en croyant avoir raison.

Certes, il y a des ajustements nécessaires dans ces ordonnances, comme l’harmonisation des indemnités de licenciement pour mettre fin aux disparités que l’on constatait d’un tribunal à l’autre et ce plafonnement est ce qui se pratique dans la plupart des pays, mais « que de bruit pour si peu ».

Enfin, pas pour si peu puisque les revendications du « grand patronat » sont quasiment toutes acceptées.

Il reste à savoir à présent comment cette nouvelle usine à gaz va se substituer à l’actuelle et comment tout cela va se concrétiser.

En tout cas, répétons-le, ce qui devait être une révolution n’est qu’une série de réformettes !

Rien sur les sujets de fond : l’ubérisation du marché du travail, le statut de l’autoentrepreneur et du travailleur indépendant, la réforme du RSI, l’indemnisation du chômage, la gestion de l’UNEDIC, la question des retraites, la formation…..

Bref rien encore sur tous les sujets qui fâchent….

Et comme moi, tous les patrons de TPE attendent de vraies réformes concrètes comme l’accès au financement, la simplification administrative, les recours en cas de non-respect de délais de paiement, par exemple…

Le Hibou de la Vallée  

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