JOHNNY ET LES FLEURS DU MÂLE…

Publié le par Le Scarabée Noir

JOHNNY ET LES FLEURS DU MÂLE…

Luc Ferry, qui est tout sauf un imbécile, a été qualifié de « philosophe de pacotille » par l’un des nombreux « amis » de Johnny qui se sont succédés samedi sur les plateaux de télé.

Luc Ferry a eu le malheur de dire que « Qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?, ce n’était tout de même pas un concerto de Ravel.»

Paraphrasant Guy Béart, on pourrait dire « le philosophe a dit la vérité, il doit être exécuté » !

On mettra sur le compte de l’émotion ce stupide commentaire, mais il illustre la mainmise du « show biz »  sur les médias et sur « l’opinion publique ».

On se souvient des prises de position d’Omar Sy, cet exilé aux Etats-Unis, et de tant d’autres comédiennes, comédiens, chanteurs et autres « artistes ».

Dans cette nouvelle génération postmoderne, on a le droit (et même le devoir) de tout dire sur tout dès lors qu’on a acquis une certaine célébrité…

Et d’ailleurs, c’est je crois sur CNews qu’il existe un service « culture et show-biz », ce sont les mêmes journalistes qui traitent indifféremment du dernier concert de Jul à l’Olympia et de l’exposition sur les primitifs Italiens au Grand Palais, c’est tout dire…

C’est pourtant tout l’inverse de ce qu’était Johnny.

Un chroniqueur de Boulevard Voltaire souligne à fort juste titre que Johnny était, avec Bébél et Alain Delon, l’un des « derniers vrais mâles à l’ancienne », comme Lino Ventura ou Jean Gabin.

Désormais, c’est l’homme « postmoderne » (comme Gallienne par exemple dont le talent est par ailleurs immense) qui est au sommet de l’affiche.

Cet homme postmoderne qu’Eric Zemmour décrit ainsi : « Il s’épile. Il achète des produits de beauté. Il porte des bijoux. Il rêve d’amour éternel. Il croit dur comme fer aux valeurs féminines. Il préfère le compromis à l’autorité et privilégie le dialogue, la tolérance, plutôt que la lutte. L’homme idéal est une vraie femme. Il a rendu les armes. Le poids entre ses jambes est devenu trop lourd ».

On est loin des « Tontons Flingueurs » et de  « l’aventure c’est l’aventure » avec ces mecs qui picolaient, fumaient, donnaient volontiers le coup de poing, faisaient la fête et souvent multipliaient les conquêtes, brûlaient tellement leur vie dans les clopes que le cancer du poumon finissait par les détruire.

Et ces mecs-là, la France profonde les adore, cette France du « vrai peuple », cette France des générations de la Gauloise sans filtre et de la R8 Gordini, cette France des campings et des soirées dans les salles polyvalentes où on drague en dansant sur « retiens la nuit » !

C’est cette France qu’on a vu dans ce million de « braves gens » dont l’émotion était si sincère et si respectueuse.

Je n’ai pas remarqué le moindre représentant de cette société postmoderne multiraciale, métissée et cosmopolite que la plupart des hommes politiques présents à La Madeleine appellent de leurs vœux. Ecoute-t-on Johnny dans le 9-3 ? Pas sûr.

C’est ce décalage entre cette vraie France profonde de l’extérieur de l’église et cette « élite politico-médiatique » de l’intérieur de l’église qui m’a le plus frappé et gêné.

Certes, il y avait comme dénominateur commun une profonde et sincère émotion, accentuée par la remarquable mise en scène de la cérémonie, mais quel contraste entre ce peuple un peu « dépenaillé » et abimé et les têtes ripolinées aux teintures parfaites des gens de l’intérieur…

Une parfaite illustration du fossé qui sépare nos élites politico-médiatiques Parisiennes du vrai peuple de France.

Mais aussi un message très fort envoyé aux politiques de droite : La France profonde, la France « franchouillarde », la France de Jean-Pierre Pernaut, elle existe encore avec force, elle était samedi dans la rue… et pas avec Mélenchon.

Il y a donc de l’espoir et du pain sur la planche pour Laurent Wauquiez…

L’un des derniers « grand mâles » est parti, mais son départ a fait naître une grande espérance.

  Le Scarabée Noir.

 

Publié dans LE SCARABÉE NOIR

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