L’HISTOIRE DE « MONSIEUR TOUT FAUX », RETRAITÉ.

Publié le par Le Scarabée Noir

L’HISTOIRE DE « MONSIEUR TOUT FAUX », RETRAITÉ.

Parce que son état de santé ne l’autorisait plus à travailler autant et que son statut de travailleur indépendant ne lui permettrait pas une augmentation significative de sa pension, Monsieur Tout Faux a décidé de faire valoir ses droits à la retraite avant d’avoir « fait le plein de ses trimestres cotisés ».

L’abattement était faible en valeur et l’essentiel de sa retraite complémentaire était acquis par son parcours de salarié.

Monsieur Tout Faux avait déjà eu « tout faux » quand il s’était lancé, à 55 ans, dans le travail indépendant et quitté le doux confort du salariat, mais ce choix était dicté par de légitimes considérations personnelles et il n’arrivait pas à retrouver un job « dans le coin ».

Le problème, c’est que le montant de la retraite de notre ami « Tout Faux » ne lui permettait pas de faire face à ses obligations familiales.

Monsieur « Tout Faux » devait donc continuer à travailler pour générer le revenu nécessaire.

« Impossible de travailler en salarié et de cumuler emploi-retraite puisque vous avez liquidé vos droits sans avoir cotisé tous les trimestres. Si vous prenez un ou des emplois salariés, votre retraite sera supprimée » lui dit-on aimablement à la CARSAT.

« En revanche, vous pouvez continuer en travailleur indépendant, mais vous cotiserez à toutes les caisses, y compris les caisses de retraite, sans acquérir de droits, cela s’appelle les contributions de solidarité (sic) ».

Monsieur Tout Faux n’ayant guère le choix, c’est ce qu’il fit.

Il me montrait son appel de cotisations de la CIPAV (la caisse de retraite des travailleurs indépendants) pour 2018 : Il paye en cotisations « à fonds perdus » plus de la moitié de sa pension mensuelle !

Et ce qui est vrai pour les cotisations est aussi vrai pour les impôts : Par exemple Monsieur Tout Faux paye sa taxe d’habitation et son foncier bâti à titre personnel de même que la Contribution Foncière des Entreprises pour son activité professionnelle exercée au même endroit !

Un peu délirant, non ?

Et il me faisait observer que, lui aussi, il avait pris de plein fouet les diverses augmentations de janvier.

Car Monsieur Tout Faux a décidément vraiment « Tout Faux », il est « dans les mauvaises tranches ».

Et l’histoire ne s’arrête pas là !

Pour éviter qu’elle ne ferme, Monsieur Tout Faux a repris une TPE en 2016 !

Il a dû faire un crédit à la consommation pour financer ce rachat qui, au passage, a permis de sauver un emploi permanent et demi et 7 emplois de vacataires !

Il m’a expliqué qu’aucune banque ne voulait lui prêter un sou « à son âge » et que s’agissant d’une reprise et non d’une création (une start-up !), il pouvait « aller se faire voir » pour les aides et subventions diverses !

Je crois que je vais rebaptiser « Tout Fou » mon ami « Tout Faux », il le mérite !

  Le Scarabée Noir.

 

Publié dans LE SCARABÉE NOIR

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