L’ÉTATISATION DE LA FORMATION : DU GRAND N’IMPORTE QUOI !

Publié le par Le Scarabée Noir

L’ÉTATISATION DE LA FORMATION : DU GRAND N’IMPORTE QUOI !

Les professionnels attendaient une vraie réforme avec la simplification administrative du fonctionnement des OPCA, la clarification du sujet « apprentissage/professionnalisation », la précision des attributions des régions notamment.

Rien de tout cela…

Au lieu de simplifier un dispositif déjà bien complexe pour les non-initiés, la ministre invente un nouvel organisme de tutelle et introduit un maillon de plus dans la chaîne : L’Urssaf !

Actuellement, les entreprises sont tenues à deux déclarations : L’une au titre de l’apprentissage, l’autre au titre de la formation professionnelle continue.

La ministre fusionne les deux : Bravo, une belle simplification administrative !

Seulement voilà, ce sera l’Urssaf qui collectera les fonds.

Qui collectera les fonds, certes, mais qui ne sera pas habilitée à les dépenser, les OPCA gardant leurs autres fonctions actuelles.

Comment sera organisée la liaison entre l’Urssaf (qui aura les sous) et les OPCA (qui continueront à gérer les formations et devront payer les factures sans avoir reçu les sous nécessaires ) ?

Mystère et boule de gomme.

Déjà que les OPCA payent avec un lance-pierre, alors avec en plus l’Urssaf au milieu de tout cela, bonjour les dégâts !

Et puis il y a ce « gadget » lourd de conséquences pour les entreprises : La monétisation du crédit d’heures formation.

Tout comptable normalement constitué (et c’est la très grande majorité des cas) vous dira : « monétisation implique provision ».

Concrètement, comme pour les engagements de retraite, les entreprises devront provisionner dans leurs comptes les « crédits non utilisés », encore une charge invisible pour le commun des mortels (et d’ailleurs non déductible fiscalement). Une usine à gaz de plus pour le calcul et le suivi qui va coûter bonbon aux entreprises, raison pour laquelle les organisations représentatives sont vent debout contre cette mesure !

Tout cela procède d’un amateurisme consternant où, sous prétexte de vouloir « simplifier » et pour faire des « effets d’annonce », on complexifie un système déjà « pas très simple » et crée en pratique de nouvelles contraintes très lourdes.

Sans, pour autant, régler les vrais sujets…

Et puis l’après-vente médiatique se déchaîne.

J’entendais une journaliste que je croyais pourtant un peu professionnelle déclarer que n’importe qui pouvait ouvrir un centre de formation professionnelle !

Chère madame, si vous aviez fait un tant soit peu votre travail vous auriez vu que c’est un secteur très contrôlé et encadré !

Il faut un agrément de la DIRECCTE, faire un bilan pédagogique annuel, être référencé sur DATADOC (une base de données nationale obligatoire qui accrédite les centres auprès des OPCA), gérer administrativement les conventions et les contrats avec un contrôle administratif très poussé, répondre aux innombrables enquêtes, rendre compte aux OPCA et même avoir un commissaire aux comptes à des seuils bien inférieurs aux autres !

Certes, il existe des organismes « bidon », mais leur agrément est vite retiré !

Comme le disait Jean Gabin dans « le Président » : « Il y a même des poissons volants, mais ce n’est pas la majorité du genre ! »

Tout comme les journalistes et les ministres compétents !

Quelle pitié…

  Le Scarabée Noir.

 

Publié dans LE SCARABÉE NOIR

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