DIALOGUE DE SOURDS

Publié le par Gabriel Raspail

DIALOGUE DE SOURDS

Face à face entre un Député La République En Marche et une Veuve retraitée:

- il est indispensable de promouvoir les transports en commun et donc de taxer le transport individuel.

  • Monsieur le député, ne prenait pas ça mal, d'ailleurs j'ai voté pour vous, j'habite à sept kilomètres de la route qui va de Limoges à Angoulême et arrivée sur cette route j'ai encore huit kilomètres à faire pour me rendre à Limoges, ma fille est installée à Grenoble et mon fils à Marseille, ce sont mes deux seuls enfants, je suis veuve depuis deux ans et je n'ai qu'une faible pension de retraite (mon mari et moi nous étions de petits agriculteurs). Chaque jeudi, je vais à l'hypermarché à Limoges pour faire mes courses et je reviens la voiture pleine du nécessaire pour vivre une semaine. Comment me passer de ma voiture ?
  • Madame, pour réduire la débauche de carbone, vous pouvez, dès maintenant, aller en voiture les sept premiers kilomètres, la garer et prendre le bus pour le reste.
  • J'y ai bien pensé, mais comment faire, au retour, dans le bus, avec mes cabas de provisions ? Et puis le bus, il ne passe pas très souvent (c'est normal nous sommes peu nombreux à en avoir besoin).
  • Certes il faut aménager les choses, j'en conviens.
  • Oui, mais quand ? En attendant j'utilise mon vieux diesel que je n'ai pas les moyens de changer.
  • Comment faisaient vos parents et vos grands-parents qui n'avaient pas de véhicule automobile ?
  • Ils se rendaient au bourg dans un cabriolet attelé du cheval et faisaient leurs courses chez le boulanger, le boucher, le charcutier, l'épicier, allaient boire un café au bistrot de la place de l'église, allaient chez le coiffeur ou le médecin du village... Mais maintenant tout ces commerces sont fermés, tout ces professionnels sont partis... Que me proposez vous ?
  • Hum...
  • Vous voyez les politiques stupides que vous, les politiques (tout aussi stupides), proposez depuis soixante-quinze ans, pour enrichir les villes aux dépens des campagnes, les capitales aux dépens des provinces, imposer le mode de vie que vous avez rêvé pour nous et dont nous ne voulons pas, les remembrements inutiles qui ont comblé nos mares et nos étangs, défriché nos vergers, abattu nos haies... pour promouvoir l'internet qu'au village nous ne captons même pas et dont je n'ai rien à faire (sauf ma déclaration des revenus, comme si ma belle écriture ne suffisait pas et encore c'est le notaire du bourg voisin à treize kilomètres que je parcours dans mon vieux diesel qui la saisit sur son ordinateur – je ne sais pas comment je ferai l'année prochaine, la chancellerie lui a accordé le droit de fermer son étude). Vous nous avez mis dans l'impasse et vous voulez nous punir. Pourquoi ne pas nous avoir laissé libres de nos choix et de notre mode de vie Votre taxe sur les transports individuels je la vomis. Ce qu'il faudrait c'est taxer fortement la capitale et les métropoles régionales afin de dégager des fonds pour réaménager nos campagnes, que vous avez saccagées, et si les citadins toussent à cause de la pollution qu'ils viennent vivre chez nous, nous les accueillerons avec plaisir... Aux prochaines élections, je voterai pour un populiste comme vous dites et j'espère qu'il vous en fera baver...

Il n'y eut pas de réponse, car le député était déjà parti avec détermination et courage.

http://data.over-blog-kiwi.com/1/49/24/79/20150611/ob_6522be_gr.JPG Gabriel RASPAIL

Humanisme et Liberté

 

Publié dans GABRIEL RASPAIL

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