VŒUX DE M. MARC-ANTOINE JAMET AUX HABITANTS ET PARTENAIRES DE LA VILLE DE VAL-DE-REUIL (2/5)

Publié le par Marc-Antoine JAMET

VŒUX DE M. MARC-ANTOINE JAMET AUX HABITANTS ET PARTENAIRES DE LA VILLE DE VAL-DE-REUIL (2/5)

Mais je m’aperçois que nous sommes entrés dans le vif d’un sujet auquel je m’interdirai scrupuleusement de faire la moindre allusion.

 

Ne comptez pas sur moi pour vous parler de ma liste, de notre espoir de réélection, dans deux mois, dès le premier tour. Pas un mot ne sortira de ma bouche pour affirmer que notre victoire récompenserait les meilleurs, les plus capables, les plus honnêtes. Je refuse catégoriquement de faire appel à chacun d’entre vous - sans la moindre exception - pour que notre avance soit dès le soir du 15 mars la plus large possible. La Loi m’en empêche. Il est des principes supérieurs auxquels je n’entends pas déroger et je resterai ici d’une totale neutralité.

 

Il m’appartient toutefois de vous rappeler la nécessité que vous vous preniez rang parmi les 8.000 citoyens inscrits sur les listes électorales de Val-de-Reuil. Si tel n’était pas le cas, insouciants que vous êtes, de citoyenneté française ou européenne, vous avez jusqu’au 7 février, jour de la Saint Marc-Antoine, patron des maires plébiscités, pour le faire auprès de l’état-civil. La police municipale procédera à une vérification à la fin de notre réunion. Seuls pourront rentrer chez eux les porteurs d’une carte d’électeur. Les autres seront libérés après que leur famille aura versé une caution sur mon compte de campagne sous peine d’être internés à Hénin-Beaumont.

 

Cette parenthèse d’instruction civique, uni-que-ment motivée par l’intérêt général et administrée selon une stricte homéopathie, étant close, poursuivons par une correction. Puisqu’il n’y eût jamais d’année zéro au calendrier de l’humanité, n’en déplaise au chef de l’État, 2020 n’ouvrira pas la troisième décennie du siècle. Plus modestement, elle n’en fermera que la seconde.

 

Néanmoins cette mauvaise nouvelle pourrait être compensée par une bonne, familière à ceux qui, ayant fait leur service militaire, y sont devenus des orfèvres du dépôt de permission. 2020 offrira une configuration de ponts au mois de mai, au 14 juillet et à Noël, comme nous n’en verrons pas avant longtemps. A moins que Édouard Philippe ou son remplaçant putatif, Bruno Lemaire qui sert Emmanuel Macron avec la même loyauté, la même sincérité, la même fidélité qu’il a successivement servi Alain Juppé, Dominique de Villepin, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Fillon, imagine, aidé de Mesdames Agnès Buzyn ou Muriel Pénicaud qui ont, pour se faire les dents, ravagé l’Hôpital et Pôle Emploi, une énième réforme pour paralyser le pays, nous devrions, au rythme de ces viaducs de printemps, pouvoir profiter davantage de nos familles, de nos loisirs, de nos repos. Précision cependant, cette incitation à la paresse est valable partout sauf à la Mairie de Val-de-Reuil où je viserai personnellement chacune des autorisations de congé. Cela ne devrait pas poser de problème puisque, comme me le dit régulièrement Julien Tristant, notre dynamique directeur général des services, les fonctionnaires de notre collectivité sont si heureux de travailler sous ses ordres que, pour un peu, ils renonceraient à être payés.

 

Mais revenons à nos moutons. Comme tous les autres millésimes, 2020 sera commémoratif. Forcément commémoratif ! On dit à la veille d’une élection que mieux valent les programmes que les bilans. Mais, à l’échelle d’une Nation qui a plus de mille ans, il n’est pas d’avenir sans souvenir, pas d’histoire à bâtir sans mémoire à entretenir, pas de présent sans passé. Il est des dates que nos sociétés pressées, le portable greffé, ne doivent pas effacer malgré le flot d’informations en continu que déversent la mondialisation de l’actualité, la dictature des réseaux sociaux et la multiplication des écrans. Il n’est pas bon d’avoir l’indicatif présent pour impératif pressant. Je préfère l’expérience que m’a donnée le temps long à l’amateurisme de natifs de la dernière pluie.

VŒUX DE M. MARC-ANTOINE JAMET AUX HABITANTS ET PARTENAIRES DE LA VILLE DE VAL-DE-REUIL (2/5)

Que nous rappellerons-nous, collectivement, durant l’année qui s’ouvre ? Des faits gravés dans la geste hexagonale, dans la chronologie de tous, dans le cœur de chacun.

 

VŒUX DE M. MARC-ANTOINE JAMET AUX HABITANTS ET PARTENAIRES DE LA VILLE DE VAL-DE-REUIL (2/5)
  • On se rappellera que, il y a 30 ans, Nelson Mandela était libre. Enfin libre ! Le 11 février 1990, devant les caméras du monde entier, le plus célèbre prisonnier politique de la planète sortait de la prison de Pollsmoor, dans la banlieue du Cap, après vingt-sept ans de détention. Il allait devenir à 71 ans le président de la République d’une Afrique du Sud réconciliée. Grâce à lui, à son courage et à son humanité, l’apartheid, ne serait bientôt plus que le souvenir d’un atroce cauchemar. Désormais la sagesse de Madiba est un exemple partout où sévissent le racisme, la ségrégation, l’injustice. Ce petit côté United Colors of Benetton, nous, nous nous y efforçons, nous le revendiquons et nous prétendons, de la crèche à la maison de retraite, au conseil municipal et, seul de notre espèce ou presque, au conseil communautaire, en être un laboratoire exemplaire. Ensemble, en 2020, je vous propose de prolonger ce miracle local.

 

VŒUX DE M. MARC-ANTOINE JAMET AUX HABITANTS ET PARTENAIRES DE LA VILLE DE VAL-DE-REUIL (2/5)
  • En 1980 naissait Médecins du Monde. Composée de professionnels et de bénévoles, cette organisation médicale de solidarité internationale - on ne parlait pas encore d’ONG - a été engagée partout où sévissaient la misère, les épidémies, les guerres, auprès des exilés, des déracinés, des réprouvés, des mutilés. 40 ans plus tard, des milliers de migrants, de réfugiés, des hommes, des femmes, des vieillards, des enfants, se noient chaque année en tentant de traverser la Méditerranée. Ici, le 4 janvier, nous avons eu la joie de célébrer en mairie le premier mariage d’un jeune syrien et d’une jeune syrienne, rescapés des bombardements assassins d’Homs ou d’Alep. Nous avons ouvert les bras à ces réchappés de l’enfer que sont devenus les pays du Tigre et de l’Euphrate, oublieux de nos propres difficultés, pour offrir à quelques dizaines d’êtres humains, nos frères, nos semblables, l’espérance qu’ils avaient perdue et l’avenir qu’ils n’avaient plus. En 2020, nous le referions s’il fallait le refaire.

 

VŒUX DE M. MARC-ANTOINE JAMET AUX HABITANTS ET PARTENAIRES DE LA VILLE DE VAL-DE-REUIL (2/5)
  • Un 50ème anniversaire devrait également compter cette année : celui de la première manifestation du Mouvement de libération des femmes. Le MLF. Il s’agit d’histoire bien sûr, celle de notre société - et aussi, par exemple, celle de la femme qui m’a donné la vie -, mais il s’agit aussi d’actualité, celle du combat pour l’égalité, celle, urgente, de la lutte contre les violences faites à une moitié de l’humanité par l’autre moitié. En 2019, en France, le cercueil de Simone Veil était transférée au Panthéon. Mais, en 2019, en France, 149 féminicides ont été commis. En 2019, en France, 149 vies ont été brisées sous les coups. Cet effroyable recensement nous concerne, non pas que nous en serions tous coupables, ni mêmes tous complices, quoique, mais parce nous en sommes tous victimes. Ces femmes tuées par leur meurtrier pourraient être nos mères, nos sœurs, nos filles. Elles sont une part de nous-mêmes. Que 2020 soit celle de l’action et des moyens qu’exige ce combat d’intérêt général, ce combat humain pour l’égalité des statuts, des rémunérations, des respects, qui doit être livré dans l’écoute et la solidarité des femmes et des hommes, dans l’abandon de la toute-puissance masculine, dans la dénonciation des prédateurs, des exploiteurs, des manipulateurs de jeunes filles et d’enfants.

 

VŒUX DE M. MARC-ANTOINE JAMET AUX HABITANTS ET PARTENAIRES DE LA VILLE DE VAL-DE-REUIL (2/5)

Pour célébrer 2020, d’innombrables noms, porteurs de valeurs, de causes et de combats, pourraient encore surgir. J’en mentionnerai trois :

  • Albert Camus qu’il faut lire et relire, ni blogueur, ni twitter, ni rappeur, mais humaniste et penseur, mais jeune et beau, mais entrainant avec lui les esprits et les cœurs et si précocement, si injustement fauché par la mort il y a 60 ans. Il n’y a plus d’artistes ou d’auteurs qui soient ainsi martyrs et héros. En littérature, comme en politique, nous avons rapetissé.

 

VŒUX DE M. MARC-ANTOINE JAMET AUX HABITANTS ET PARTENAIRES DE LA VILLE DE VAL-DE-REUIL (2/5)
  • Robert Schuman qui, voilà 70 ans, proposa de placer la production du charbon et de l’acier, en Allemagne et en France, sous une autorité commune. Ce fût le départ de la construction européenne, source d’inspiration pour tous les continents. Que penserait-il aujourd’hui de la médiocrité de Bruxelles ou du rejet de l’Union par la faute d’une commission incapable de subsidiarité et de proximité, d’un parlement synonyme de déficit démocratique, d’un Conseil pléthorique et divisé au point de permettre le Brexit. Que l’Europe est une belle idée mise au charnier.

 

VŒUX DE M. MARC-ANTOINE JAMET AUX HABITANTS ET PARTENAIRES DE LA VILLE DE VAL-DE-REUIL (2/5)
  • De Gaulle, enfin qui, il y a 80 ans, le 18 juin 1940, lançait depuis Londres ces mots qui traversaient la nuit de la défaite et du déshonneur, ces mots qui faisaient rentrer la France vaincue et occupée, accablée et humiliée, dans le camp des vainqueurs et des libérateurs : « Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas ». Cette flamme, celle du patriotisme authentique, la Nation unie doit la raviver par le souvenir et la gratitude exprimée à ces compagnons qui, au sacrifice de leur vie, à l’ombre de la Croix de Lorraine, surent dire « non » et résister.

Ces vétérans sont aujourd’hui rejoints par d’autres soldats. Je veux citer à voix haute le médecin capitaine Marc Laycuras, fils de l’ancien sous-préfet de Bernay, tombé en Afrique le 2 avril dernier, comme sont morts au champ d’honneur des dizaines de nos soldats pour lutter contre la barbarie au Mali, au Niger ou au Burkina. Les voilà dans un ciel de gloire entourés du trop long cortège des victimes des attentats contre Charlie-Hebdo et l’Hyper Casher, du Bataclan et de Nice, par le couple de policiers assassinés à Magnanville, par le père Hamel, berger égorgé dans son église à quelques kilomètres d’ici à Saint-Étienne-du-Rouvray, par le Lieutenant-Colonel Arnauld Beltrame donnant sa vie à Trèbes, par les morts et les blessés du marché de Strasbourg, de la rue Piétonne de Lyon et de la Gare Saint-Charles de Marseille, sans oublier les victimes de Villejuif, derniers noms ajoutés à une liste qui n’est malheureusement pas close. Nous le savons. Nous le prévoyons. D’autres morts viendront. Nous semblons nous y habituer. On parle à ce propos de résilience. Prenons garde que ce mot ne devienne pas le paravent de notre inconstance, l’alibi de notre indifférence.

Une soirée ne suffirait pas à cet inventaire sanglant dont les coupables, quand ils sont français, doivent, même s’ils sont loin, être jugés par nos tribunaux et enfermés dans nos prisons. Nous devons recueillir et élever leurs enfants. La main de la démocratie ne doit pas trembler devant des assassins. Ils ont brulé leurs papiers. Qu’importe. Ils ne sont rien. La France est plus grande, plus forte, plus éternelle que ces crapules. C’est mon opinion.

(Suite demain samedi 25 janvier)

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article