UN MINISTRE FRANÇAIS A PEUT-ÊTRE ÉTÉ ASSASSINÉ EN 1979

Publié le par Manuel GOMEZ

UN MINISTRE FRANÇAIS A PEUT-ÊTRE ÉTÉ ASSASSINÉ EN 1979

Un ministre français a, peut-être, été assassiné le 30 octobre 1979, et ce ne serait donc pas suicidé dans 50 centimètres d’eau, alors que l’AFP avait conclu au suicide avant l’enquête

Ce 30 octobre 1979, j’étais journaliste d’investigation au quotidien « L’Aurore » et j’avoue que la nouvelle du « suicide » de Robert Boulin ne m’avait pas causé la moindre peine, tant il est vrai que je n’éprouvais pas la moindre sympathie pour ce ministre, qui avait osé déclarer au sujet des rapatriés français d’Algérie, le 17 juin 1962 en Conseil des Ministres : « Il a été enregistré 169.000 retours vers la métropole entre le 1er et le 26 juin. Ce rythme correspond à celui des départs de juillet 1961. Ce sont des vacanciers un peu pressés d’anticiper leurs congés. Ce sont donc bien des vacanciers jusqu’à ce que la preuve du contraire soit apportée. Il n’y a pas d’exode, contrairement à ce que dit la presse.Cette arrivée massive est sans doute due à une trop forte chaleur en Algérie » (fin de citation). 

L’AFP (Agence France-Presse) avait officialisé son suicide avant même qu’une enquête soit diligentée. Cette dépêche affirmait l’absorption de barbituriques, ce qui avait été infirmé ultérieurement par les analyses scientifiques.

Je ne vais pas analyser l’affaire Boulin mais il était certain qu’il ne s’agissait nullement d’un suicide. Cette hypothèse était totalement farfelue. 

Le 30 octobre 1979 le corps de Robert Boulin a été retrouvé à Rambouillet, au bord des étangs de Hollande, à 200m. de la D138 (Yvelines), dans 50 centimètres de vase.

Le 3 février 2011, un gendarme en retraite, qui se trouvait sur les lieux en 1979, a déclaré que « le ministre à 4 pattes et la tête hors de l’eau, n’avait pas pu mourir noyé ». 

Un témoin s’était fait connaître le 29 octobre 1979 et il a témoigné : Alors qu’il se rendait à Saint-Léger, il avait reconnu Robert Boulin, alors ministre du travail du gouvernement Raymond Barre, assis à la place du passager avant, dans sa propre voiture Peugeot, encadré de deux hommes, l’un à la place du chauffeur, le second à l’arrière. 

Ces deux hommes ne se sont jamais fait connaître à la justice et n’ont jamais été entendu par la PJ (Ont-ils même été recherchés ?).

Robert Boulin n’avait aucun rendez-vous ce jour-là et il est plus que probable qu’il se trouvait dans cette situation équivoque contre son gré.

Aucune analyse médicale n’a été réalisée à l’époque afin d’établir la certitude de la noyade. 

Une autopsie, en 1983, avait révélé plusieurs fractures du visage, oubliées dans les résultats du premier médecin légiste…

Le 18 novembre 1987, le juge Comeloup réclamait une autopsie des poumons, mais les organes, enterrés au cimetière de Thiais, avaient disparus…

Cette autopsie aurait probablement été inutile car des soins d’embaumement et de thanatopraxie avaient été étrangement réalisés sur le corps de la victime sans même l’accord de la famille Boulin.

En 1988 un nouvel examen confirmait que le corps de Robert Boulin avait été déplacé post-mortem (lividités cadavériques découvertes dans son dos, alors qu’il avait été trouvé sur le ventre). 

Pourquoi Robert Boulin aurait-il été assassiné ? 

  • Il était mis en cause dans une obscure affaire immobilière. On le soupçonnait d’avoir acheté un terrain à Ramatuelle (Var) par l’intermédiaire d’une connaissance de Jacques Foccart, l’un des fondateurs du SAC (Service Action Civique).
  • Mais également qu’il disposait, paraît-il, d’informations précises sur le financement occulte de plusieurs partis politiques, et qu’il menaçait d’en dévoiler certaines ?

Ce qui est extrêmement intéressant c’est la mise en cause directe du SAC par M. Jean Charbonnel, ministre du gouvernement Pompidou. 

En 2013, Jean Charbonnel affirmait qu’il n’avait aucun doute sur l’assassinat de Boulin car Alexandre Sanguinetti, figure légendaire du SAC et des « Barbouzes », lui aurait livré les noms des deux personnes responsables de l’exécution de ce contrat, ordonné par qui ? 

Jean Charbonnel a quitté ce monde en 2014. Espérons qu’il a pu communiquer cette information importante à qui de droit ? Jusqu’à ce jour personne ne s’est manifesté !

Jeudi 10 septembre 2015, le parquet de Versailles a ouvert une information judiciaire pour arrestation, enlèvement, séquestration, suivi de mort ou assassinat.

Depuis 2015 nous attendons les résultats obtenus par les enquêteurs chargés de cette information judiciaire…

Le 19 janvier 2016, le médecin réanimateur, envoyé sur place après la mort de Boulin, informe le juge sur ses doutes quant à la thèse du suicide. Jusqu’à ce jour il n’avait jamais été entendu par les juges.

En octobre 2017, Bernard Pons, ex-secrétaire du RPR, déclarait publiquement « croire à l’assassinat de Robert Boulin ».

Le juge d’instruction nommé, Aude Montrieux, avait demandé à être déchargé de l’affaire pour « raisons personnelles », quant à l’actuel juge nommé, il signale que le dossier original de cette affaire est « pour l’instant » introuvable ! 

Tout récemment, le juge Denis Couhé, a désigné quatre experts scientifiques afin de déterminer les circonstances exactes dans lesquelles le décès de Robert Boulin est survenu.

Nous attendons les résultats de cette nouvelle enquête. Nous sommes en septembre 2020 et, sans doute, attendrons-nous encore longtemps ! 

© Manuel Gomez

Avec l'aimable autorisation de Dreuz.info.

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Manuel Gomez est né à Alger (Bab-el-Oued) le 17 novembre 1931.

Engagé par Albert Camus, à l'âge de 15 ans, comme  pigiste à "Alger Républicain", Manuel Gomez a poursuivi sa carrière comme rédacteur dans les quotidiens "La Dépêche d'Algérie", puis à Paris à "L'Aurore" et "Paris-Turf.

Il a été chef de rubrique au "Méridional" de Marseille. et rédacteur en chef de "Midi-Magazine" à Nice.

Manuel Gomez a été le proche collaborateur de M. Georges Bidault, dernier président, après Jean Moulin, du Conseil National de la Résistance et dernier responsable de l'OAS, après l'arrestation du général Salan, et rédacteur en chef du Bulletin National du CNR/OAS "France Presse-Action" en 1961. Après 1995, il a écrit et publié 21 livres, tous en vente sur Amazon, y compris le dernier "Et si je revenais..."

Lauréat du "Prix Véritas" 2015 pour son livre "J'accuse De Gaulle".

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