PARLONS DU NUCLÉAIRE

Publié le par Claude BRASSEUR

PARLONS DU NUCLÉAIRE

Pour beaucoup de personnes, le nucléaire, c’est d’abord Hiroshima et Nagasaki, ensuite Tchernobyl… Fukushima. A Fukushima, seul le tsunami a tué et les Européens qui s’instruisent doivent connaître la différence entre nucléaire civil et nucléaire militaire… ils ne peuvent qu’accepter avec enthousiasme l’énergie la plus sûre et la plus propre qui existe à l’heure actuelle.

Soyons précis : aucun des réacteurs civils [Hors URSS] n’a causé de mort (1). Il y a encore mieux. Les progrès récents dans le domaine sont fulgurants, ils nous assurent une énergie éternellement renouvelable, sans le moindre danger quoi qu’il arrive, peu coûteuse… on ne nous en parle guère.

Les réacteurs de demain que réalisent la Belgique (MYRRHA), la Chine (Clear e.a.), la Russie (BN 600, BN 800 et bientôt BN 1200), l’Inde (Kalpakkam) et ceux que les USA, l’Angleterre et le Canada étudient sont tout à fait différents de ceux d’aujourd’hui. Ils font partie de ce que l’on appelle la 4e génération. Beaucoup promettent un Kwh coûtant 1 à 3 centimes. A l’heure actuelle, le nucléaire revient environ 4 centimes au maximum là où l’éolien monte à plus de 10 centimes (2)… et l’énergie éolienne est imprévisible !

Précisons que toutes les filières nucléaires de demain – il y en a près de 50 – peuvent compter sur un combustible déjà en stock pour plusieurs milliers d’années.

Tout d’abord, il y a les « déchets » des réacteurs actuels qui peuvent être – entièrement et par étapes consommés par les réacteurs de 4e génération en « brûlant » leurs constituants à longue durée de vie. Ces constituants sont actuellement des déchets restant radioactifs durant des milliers si pas des millions d’années. Ils inquiètent avec raison les citoyens et Greenpeace, qui ne se renseigne pas, prévoit toujours leur enfouissement ! (3)

Ensuite, ces réacteurs de 4e génération disposent d’une énergie 100% renouvelable à l’échelle de l’humanité : la mer, radioactive, peut nous livrer l’uranium pour l’éternité. Le prix de cet uranium n’apparaîtra même pas dans les comptes des centrales.(4) C’est le renouvelable idéal, tout comme le soleil.

Le pays actuellement le plus décidé à se lancer dans le nucléaire de 4e génération est la Chine. Ce pays tente la production de ces nouvelles centrales en plusieurs variantes. Par exemple :

  • La variante « Carlo Rubbia » avec un accélérateur de protons pour activer l’uranium 238 ou le thorium 232. Le cœur de ce réacteur est plongé dans le plomb. En Belgique, le gouvernement a ralenti progressivement la construction de MYRRHA…. MYRRHA qui coûte le prix de quelques éoliennes mais qui est immédiatement rentable.
  • Une autre voie est celle des « sels fondus », essentiellement un mélange de fluorure d’uranium ou thorium, de récupération ou naturel, et de fluorure de lithium.
  • La sécurité passive totale (5) de ces 2 filières élimine le discours catastrophiste de Greenpeace : aucun accident ou acte terroriste ne risque de répandre le contenu radioactif dans la nature…
  • La Chine développe aussi la filière créée par la France dans les années 80 (Phénix et Super Phénix), fermées suite aux violences des « écologistes » mais terminées en Russie qui l’exporte.

Le discours de Greenpeace s’appuie aussi sur le prix des nouveaux réacteurs d’AREVA. Cette société mourante et dépecée est effectivement incapable d’arriver à produire normalement de gros Westinghouse « haute sécurité active » et cette faillite sert aux promoteurs « d’énergies vertes ».(6)

Bref, dans le nucléaire : les diverses filières possibles, sûres, s’affrontent et, malheureusement, ici aussi, l’Europe est plus que hors-jeu. Demain, Russie, Inde, Canada, Angleterre, Corée du Sud et Chine nous vendront nos centrales nucléaires.

 (1) On peut se demander pourquoi les 20.000 morts par le tsunami au Japon deviennent quelquefois « les morts causées par le nucléaire à Fukushima ». Mieux encore, après le tsunami, le prétexte pour évacuer la population a été une norme de 1 millisievert par an : toute la population doit donc être évacuée de Belgique car elle en subit naturellement 2,5 . Et ne parlons pas du Massif Central où on se porte bien avec 20 millisieverts par an et jusqu’à 80 dans certaines régions en Inde.

(2) Ceux qui disent « le vent est gratuit » oublient que le vent ne souffle pas souvent et généralement pas à la bonne vitesse et qu’il faut prévoir en centrales classiques la même puissance que celle installée en éolien.

Ajoutons que ces centrales classiques sont très polluantes car au moins en stand-by 100 % du temps…

(3) Régulièrement, des transports de déchets sont attaqués sous la houlette de Greenpeace. Non seulement ces déchets sont parfaitement isolés de l’air ambiant mais quand on sait qu’ils peuvent servir de combustible à de nouvelles centrales, être ainsi neutralisés ET nous offrir une énergie propre, peu coûteuse pour longtemps… il y a de quoi se poser des questions sur les motivations/l’intégrité de certains…

(4) Voir les travaux du Prix Nobel Steven Chu, ex ministre de l’énergie des USA, ainsi que ceux du Dr. Chien Wai

(5) Quelle que soit la cause de l’arrêt d’un réacteur à sécurité passive, son combustible commence à refroidir sur le champ sans le moindre rejet radioactif dans l’atmosphère. Par contre, plusieurs dispositifs doivent entrer en action pour que le refroidissement d’un réacteur à sécurité active débute. Ainsi, une pompe devait chasser de l’eau dans le réacteur après le tsunami à Fukushima. Elle était en panne et le réacteur a fondu.

(6) Si, aujourd’hui, les Français payent le kWh 15ct au lieu de 10 comme aux USA, c’est à cause du renouvelable (barrages exclus). Noyés dans les éoliennes, les Allemands conditionnés sourient en payant 30ct… se déclarent prêts à se ruiner pour des énergies « vertes »… qui le sont infiniment moins que le nucléaire de 4e génération ! Et LA question est : à qui profite le crime ?

Une réponse spécifique à des questions posées par un lecteur de Dreuz :

1/ Les réacteurs de 4e génération ont connu des prototypes réussis dans les années 1960 à 1980, avec ensuite Phénix et Super Phénix. Ces derniers ont été fermés pour plaire aux « écologistes »…

Dans plusieurs pays, plusieurs prototypes (sodium, plomb, sels fondus etc.) étaient apparus efficaces et ont été produits à des dizaines d’exemplaires (pour les sous-marins soviétiques e.a.).

La plupart de ces prototypes n’ont finalement pas retenu l’intérêt des militaires et seuls les réacteurs nucléaires développés pour les militaires ont connu des variantes commerciales. La plus connue est le réacteur Westinghouse. Une exception : le Candu à eau lourde du Canada, utilisant l’uranium naturel.

2/ A chaque cycle, les anciens « déchets » nucléaires seront transmutés (« brûlés ») mais… de nouveaux créés. L’essentiel est que la quantité de déchets à longue durée de vie (+ de 300 ans) n’augmentera pas et que la plus grande quantité sera du carburant.

Il ne faut pas perdre de vue que les déchets nucléaires vraiment gênants par leur durée de vie ne sont là qu’en très petite quantité (les « actinides mineurs » qui n’existent pas dans la nature), tandis que les actinides majeurs, tels l’uranium 238, sont précisément la source d’énergie des réacteurs de 4e génération, les surgénérateurs précisément.

3/ Il ne faut pas perdre de vue, qu’au fil des milliards d’années, la vie s’est développée dans un milieu terriblement radioactif qui se calme progressivement. Le célèbre Césium 137 disparaît quasi totalement (99,9%) en 300 ans…

En Belgique, nous récoltons naturellement en moyenne 2 millisieverts par an. A Fukushima, la population a été évacuée à cause de la menace…. d’1 millisievert par an !

4/ Ce qui prendra forme–espérons-le–d’ici 2030, ce sont les SMR (Small Modular Reactors) produits à la chaîne en usine. La Russie en teste un actuellement mais il est de 2e génération…

© Claude Brasseur

Avec l’aimable autorisation de Dreuz.info.

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Publié dans DREUZ INFO

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