PROSPECTIVES PRÉSIDENTIELLES 2022 (3)

Publié le par Denis Szalkowski & Charlem

PROSPECTIVES PRÉSIDENTIELLES 2022 (3)

Une gauche de gouvernement préférant les ors de la République

Ma 2ème observation porte sur nos profondes divergences. La gauche de Laurent Joffrin s’est construite dans le mimétisme. Elle s’est arrimée à la pensée de la droite sur l’entreprise et sur l’€urope. Souvenez-vous de ce Vive la crise en une de Libération en 1984 et de Paris-Match montrant Sarkozy et Hollande appelant à voter OUI au TCE en 2005.

Cette gauche a aujourd’hui abandonné le champ social, privilégiant la volonté de contrôle des institutions, des entreprises et du monde associatif en y plaçant des copains et des élus.

La droite a gagné la bataille culturelle, là où la gauche aurait dû montrer l’exemple en s’investissant dans le care et le bénévolat pour rester au plus près de cette France en galère !

Lors de cette réunion à Pont de l’Arche avec Laurent Joffrin, J’ai une pensée émue pour les propos drôlatiques de ce militant socialiste venu nous expliquer que le PS était la matrice de la gauche. Une bien drôle de matrice, en vérité, qui aura enfanté quelques monstres politiques dans la période récente !

LA SYMPHONIE DE 2022
 
 
 
Denis Szalkowski  
PROSPECTIVES PRÉSIDENTIELLES 2022 (3)

Ce 12 octobre, à l’occasion de la publication de son nouveau livre ‘‘L’équilibre est un courage. Réparer la France’’, dans les colonnes du Figaro, le général d’armée Pierre de Villiers explique à Alexandre Devecchio sa démarche, ses inquiétudes, ses propositions et sa «nouvelle façon de servir». Extraits :

Votre livre commence par cette scène où la crise des « gilets jaunes » fracture une même famille divisée entre un père manifestant et un fils CRS. Comment en est-on arrivé là ?

C’est un long glissement depuis les années 70. Couche par couche, petit à petit, on a abandonné à la fois le nécessaire amour des autres, et l’indispensable organisation de la cité, l’ordre. Les deux créent cet équilibre. C’est pourquoi, on se retrouve dans cette situation où un père désespéré va manifester comme gilet jaune et où le fils du côté du maintien de l’ordre se trouve opposé à son père.

Cette scène a été le déclencheur de ma réflexion sur cette réconciliation. Il faut bien comprendre que quelqu’un qui rentre dans l’armée est une personne à qui l’on apprend d’emblée la cohésion, la fraternité, et pas du tout la division. Dès le premier jour, il sait qu’il ne vaut rien sans les autres. L’armée accueille toute la nation. Elle est l’armée de la République ; elle prend tous les jeunes : des surdiplômés, des sans diplômes, des paumés, des gens qui ont eu la chance d’être éduqués dans des familles, et en fait des sections de combat, des bateaux, des avions, des cohésions. Au bout de quelques mois, si c’est nécessaire, elle les emmène jusqu’au sacrifice suprême pour la France, pour les valeurs, pour la paix, pour quelque chose qui les dépasse. Quand j’ai vu cette scène, je me suis dit : c’est le moment de dire « Halte au feu ! ». Quant à l’intérieur d’une famille il y a une fracture qui va jusqu’à l’engagement de l’affrontement physique, moi qui ai connu l’engagement charnel au combat, je me suis dit qu’« on ne pouvait pas continuer comme cela ».

Vous faites le constat que la France est divisée en trois catégories, quelles sont-elles ?

Durant ma carrière militaire, j’avais déjà eu le sentiment dans les recrutements territoriaux que la France était une mosaïque. La France est un pays génial parce que l’on peut être vendéen, alsacien, lorrain et en même temps se sentir pleinement français. Ce qui s’est passé depuis ces dernières années de manière accélérée avec tous les événements que l’on vient de vivre – les gilets jaunes, la crise sociale, les fractures identitaires – c’est qu’il y a une accentuation de ce phénomène. Le livre l’archipel français pour moi marque un tournant parce qu’il explique de manière objective et quasi-scientifique ces glissements. Il ne faudrait pas que les divisions aillent vers la sécession.

C’est ainsi que la vie n’est pas identique quand on est dans une grande ville, dans un territoire rural, ou encore quand on est dans une cité. J’ai eu la chance depuis trois ans d’avoir sillonné la France par mes activités avec les entreprises, les séances de dédicaces, les conférences aux jeunes. Sur le terrain, j’ai quand même le sentiment qu’il y a trois types de vies différentes. Par exemple, à Paris on peut se passer de voiture alors qu’à la campagne – quand je suis en Vendée – je me rends compte que sans voiture il est impossible d’aller acheter une baguette de pain. Quand vous garez votre voiture au cœur de Paris si vous n’avez pas mis de pièce au bout d’une demi-heure vous êtes déjà taxé et si vous n’avez pas payé on vous enlève rapidement votre voiture. Vous allez dans les cités il y a des carcasses de voitures brûlées et personne ne s’en soucie. Ce sont parfois des zones de non droit. Il est urgent d’essayer de fédérer, de regrouper, ces différents territoires, ces trois Frances. La tâche est d’autant plus rude qu’elle s’inscrit dans un paysage européen et mondial en déséquilibre.

Site du Général Pierre de Villiers

(Suite vendredi prochain)

Publié dans PROSPECTIVES 2022

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