70ème ANNIVERSAIRE DE LA LIBÉRATION DE LOUVIERS (2/2)

Publié le par la-petite-souris-normande.com

FXJ.JPGCommémorer la Libération de Louviers, c’est aussi rendre hommage à des Lovériens au comportement héroïque. Quand, le 26 juin 1949, la ville est décorée de la Croix de Guerre, c’est avec la citation suivante :

«Très durement éprouvée par un bombardement meurtrier en 1940, a participé largement à la lutte contre l’occupant et a eu un de ses quartiers incendié par représailles par les Allemands et dix parmi les plus notables de ses habitants ont été déportés pour leur activité résistante et son morts en déportation ».

Ils furent en effet nombreux à ne pas se résigner. Ils furent nombreux à agir dans la clandestinité pour maintenir allumée la petite flamme de la liberté. Ces Lovériens d’exception, Louviers ne les oubliera jamais.

Je veux parler, parmi d’autres, de René Espinouse, directeur du centre d’hébergement de l’hôtel du Grand Cerf qui a pris en charge lui-même l’évacuation, à pied, de 84 enfants parisiens hébergés à Louviers.

Je veux parler de Monsieur Pierre Hébert, habitant au Hamelet, qui paya de sa vie son refus d’abandonner sa maison aux Allemands.

Je veux parler de Madame Odette Kuene, résistante, arrêtée par la Gestapo ce matin du 24 janvier 1944 dans sa maison du 9 rue de la Citadelle puis déportée dans le camp de Ravensbrück dont elle ne reviendra jamais.

Je veux enfin parler du maire de Louviers de l’époque, Auguste Fromentin, élu le 25 mars 1939 par le conseil municipal pour faire fonction de maire en prévision de la mobilisation du maire en place, Pierre Mendès-France. Pendant l’occupation, c’est lui, Auguste Fromentin qui, dans la clandestinité, imprime le « Patriote de l’Eure » et d’innombrables tracts pour les réseaux de résistance.

Je proposerai lors du prochain conseil municipal, le 8 septembre, qu’une voie de Louviers porte le nom de ce journal clandestin qui paru de juillet 1941 à août 1944.

Mesdames et Messieurs,

La Libération de Louviers fut une délivrance ; elle représenta aussi un immense défi. Car ce 25 août 1944, c’est Louviers année zéro. Tout est à reconstruire, absolument tout : les logements et les infrastructures bien sûr, mais aussi des vies brisées, la vie quotidienne, les habitudes.

Dans l’urgence, où trouver l’énergie, où trouver la force après tant de souffrances ?

Comment se défaire de la nostalgie d’un passé si riche pour inventer un avenir si différent ?

Il faut faire vite, et la reconstruction est forcément imparfaite. La ville conserve aujourd’hui encore les marques indélébiles de la guerre. Ces stigmates, ces cicatrices, font désormais partie de notre identité lovérienne.

Cette identité, c’est notre force.

Une force qui aujourd’hui plus que jamais, doit nous permettre de nous rassembler pour inventer notre avenir commun.

Car une cité, loin d’être seulement un territoire, un espace géographique, c’est aussi – je dirais même avant tout - une communauté humaine irriguée par des solidarités multiples et  nourrie de ce désir permanent de liberté.

Alors, en ce jour de commémoration de la Libération, gardons toujours en mémoire, comme l’a dit le philosophe Alain, que si le pessimisme est de raison, l’optimisme lui, est de volonté.

Qu’hommage soit rendu aujourd’hui à tous ceux, civils et militaires, nos libérateurs bien sûr, mais aussi à tous les soldats, à tous les résistants et aux déportés qui ont contribué à la libération de la France.

Et comme le rappelait le Président du Comité d’Entente au début de cette cérémonie : « Soyons fiers de ce qu’ils ont fait et montrons-nous dignes de leur héritage ».

Vive la République ! Vive la France !

 

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