UN CONCERT AUX ROSES FANÉES

Publié le par la-petite-souris-normande.com

TS.JPGChaque 1er janvier, mes parents et leurs cinq enfants se rendaient en fin de matinée chez nos grands-parents maternels pour déguster la succulente choucroute de "Chez Schmid" Gare de l’Est, que notre Grand-père allait chercher la veille avec sa Celta 4 Renault puis, plus tard sa Dauphine.

A partir de 1956, nos grands-parents ayant fait l’acquisition d’un "poste de télévision", l’heure d’arrivée fut avancée afin de pouvoir assister au "Concert de Vienne du Nouvel An".

Pour les enfants, le fait de voir des images "en direct" accompagnées de la musique relevait de la magie…

Pendant que Grand-père servait le Gewürztraminer, notre Grand-mère posait délicatement sur la table différentes quiches Lorraine et Alsacienne.

Chacun évitant de "faire du bruit", nous écoutions et regardions le concert religieusement…

Enfants et petits-enfants continuent cette tradition.

Mais, la tradition a du bon quand elle célèbre des retrouvailles attendues, à la hauteur des épisodes précédents.

C’est le cas depuis ces années 50.

Or, ce 1er janvier 2014, nous avons assisté à une rigidité protocolaire des lieux filmés avec sécheresse, des cordons de roses disposés comme des gerbes funéraires, sans la fièvre juvénile et l’élan de feuillages qui en auraient rafraîchi le décor et… en couronnement de cette représentation mortifère, un chef d’orchestre déplumé qui avait l’air de sortir subitement de son lit et qui n’avait pas eu le temps d’attraper sa cravate et d’ajuster sa mise face à la célébrité des lieux.

DB.JPGDaniel Barenboïm affichait une désolation, un océan de morosité à la couleur de notre triste époque française désorientée, déboussolée, désabusée...

Ses gesticulations laborieuses d’aller serrer la pince de chacun des musiciens (sans même les regarder) et qui semblait nettement les déranger dans l’exécution de leur art, ajoutait au ridicule et à l’impréparation.

Dommage, vraiment dommage pour tous ceux qui attendent cet évènement comme un premier rayon de soleil réconfortant de l’année, face à un avenir obscur.

Un concert aux roses fanées  !

 

   JEAN RIEUL

Jean Rieul 

 

 


 

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