36 MAIRES MOBILISÉS CONTRE LA FERMETURE DE PMF

Publié le par La Case

36 MAIRES MOBILISÉS CONTRE LA FERMETURE DE PMF

Les 36 maires de l’Agglomération Seine-Eure

se mobilisent contre la fermeture

du collège Pierre-Mendès-France

et ses conséquences sur la nouvelle carte scolaire.

La nouvelle carte scolaire présentée mardi 7 novembre à Evreux acte, de fait, la fermeture du collège Pierre-Mendès-France. Depuis plus d’un an, les élus et les services de l’Agglomération Seine-Eure, enseignants, parents d’élèves se mobilisent pour empêcher cette décision. Lundi 13 novembre, les 36 maires de l’Agglomération adressent une déclaration solennelle aux élus du conseil départemental et leur présentent les propositions concrètes avant leur vote du 11 décembre prochain.

L’Agglomération Seine-Eure estime que la proposition de fermeture du collège Pierre Mendès France (PMF) n’a pas été étudiée en toute connaissance de cause. Avant de voter, les élus départementaux doivent avoir tous les éléments pour bien appréhender la situation.

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L’Agglomération est le premier pôle économique du département

L’Agglomération Seine-Eure compte sept collèges, d’une capacité moyenne de 600 élèves. Leur taux de remplissage est d’environ 77%, tout comme les classes primaires rurales du département. Viendrait-il à l’idée des élus départementaux de fermer une école sur 5 ou 6 sous prétexte que les classes ne sont pas complètes ? Bien-entendu non !

Le territoire Seine-Eure est le premier pôle économique du département. Ses entreprises génèrent 53% de la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) de l’Eure et créent de nombreux emplois. En 3 ans, 2 000 nouveaux emplois ont été décidés sur le territoire (Hermès Maroquinerie, FM Logistique, Andros, la nouvelle unité Grippe de Sanofi Pasteur – 170 M€ d’investissement, etc). Au total, 120 entreprises de toute taille investissent, se développent et contribuent au dynamisme du département. Les nouveaux salariés sont incités à venir habiter sur le territoire par les nombreux programmes immobiliers en cours auxquels s’ajoutent les aides financières proposées par l’Agglo aux primo accédants.

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Avoir des places disponibles est un facteur d’attractivité

Quand une famille souhaite s’implanter sur un territoire, elle regarde la capacité d’accueil des établissements scolaires. Des collèges surchargés où aucune place n’est disponible vont à l’encontre de l’attractivité d’un territoire et d’un Département qui se dit avoir de l’ambition.

Avec 30 000 emplois pour 32 000 actifs, l’Agglo ne devrait pas avoir de demandeurs d’emploi. Pourtant, elle en compte 15% de catégorie A et 25% toutes catégories. Cette situation paradoxale vient du fait que la moitié des 30 000 salariés du territoire ne peuvent y habiter et vont vivre en dehors (plateau est de Rouen, Ile de France...) Il y a une inadéquation historique entre les emplois offerts et le type de logements proposé (63% de logements sociaux à Val-de-Reuil,  40% à Louviers, 35% à Léry).

Depuis 3 ans, l’Agglo Seine-Eure mène une politique de l’habitat dynamique orientée vers l’accession à la propriété. Elle a mis en place des aides financières pour aider les jeunes couples à s’installer. Plus de 2000 logements sont aujourd’hui en cours de réalisation. La population de l’Agglomération Seine-Eure a déjà  augmenté de 1% en un an, ce qui représente 700 habitants supplémentaires. Selon les projections du département, la suppression  d’un collège entrainerait  de fait un manque flagrant de places dès la rentrée scolaire 2018 et donne un sérieux coup de frein à la politique logement.

L’Agglomération avait d’ailleurs demandé au Département un moratoire de deux ans sur la fermeture de PMF pour tenir compte de l’augmentation de la population et des nouvelles orientations gouvernementales en matière d’éducation comme le dédoublement des classes par exemple.

Collège Pierre Mendès-France

Collège Pierre Mendès-France

Val-de-Reuil mérite une approche sur mesure

Val-de-Reuil, c’est 60 nationalités, des cultures très différentes, des réfugiés qui ont connu les dictatures, la guerre civile. 35% de la population est bénéficiaire du RSA, 40% de la population active est au chômage, le revenu moyen par habitant est de 7 000 €/an ce qui place Val-de-Reuil 14e commune la plus pauvre de France, parmi les villes de plus de 10.000 habitants. Autant de caractéristiques qui ne permettent pas d’appliquer les ratios de la moyenne départementale. Il faut pour Val-de-Reuil une approche ciselée, sur mesure.

Marc-Antoine Jamet, Maire de Val de reuil

Marc-Antoine Jamet, Maire de Val de reuil

Les enfants de Val-de-Reuil, plus que tous les autres, ne méritent pas des classes surchargées. Le collège PMF a toute sa place, par l’implication des équipes enseignantes et administratives, par les moyens développés par l’Etat depuis quelques années. La disparation du collège PMF entrainerait de facto, la suppression du classement des écoles primaires en REP + (Réseau d’Education Prioritaire) : Louise Michel, Le Pivollet, Les Dominos.

Une classe du collège

Une classe du collège

La fermeture de PMF associée à la nouvelle carte scolaire provoque une onde de choc qui va bien au-delà du secteur scolaire de Val-de-Reuil et qui impacte tout le territoire.

Des temps de trajet allongés pour les enfants, engendrant plus de fatigue, moins de temps pour les loisirs. Un enfant de Val-de-Reuil devra par exemple se lever à 6h du matin pour se rendre au collège de Pont-de-l’Arche ou de Louviers pour un retour à 18h au mieux. Aux Damps, les élèves vont actuellement au collège de Pont-de-l’Arche à 200 mètres à pied. Au lieu d’y aller à pied, avec ces modifications, ils devront prendre le bus pour faire 7 km pour aller étudier à Val-de-Reuil ! Les répercussions sur le sommeil, la santé, le bien-être et les résultats scolaires seront désastreuses.

Un surcoût pour les finances des collectivités :

La fermeture de PMF et la nouvelle carte scolaire entraineront des trajets d’élèves supplémentaires évalués à 35 325 km/an, soit +18% par rapport aux 192 000 km/an actuellement réalisés. Concrètement, l’Agglomération devra acquérir 9 bus supplémentaires et embaucher des conducteurs pour y faire face.

 

Une charge d’exploitation qui explose : + 300 381€ sur les 689 000€ de budget annuel, soit + 43,4 %. Ces charges comprennent : le coût au kilomètre permettant d'intégrer les kilomètres commerciaux et Haut-le-pied, le coût de la main d'œuvre de conduite, le coût des véhicules et les frais généraux. Le Département prend des décisions sans se soucier des conséquences financières pour les autres collectivités, en l’occurrence l’Agglo Seine-Eure, et sans savoir si ce surcoût sera compensé par la Région. Il est à noter que cette somme représente 3 fois le coût de fonctionnement annuel du collège.

 

Une emprunte carbone alourdie. Sébastien Lecornu, pourtant secrétaire d’Etat auprès de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire,  va générer, par sa décision, une pollution atmosphérique supplémentaire par l’accroissement du trafic de bus. On estime l’augmentation de l’emprunte carbone à +6,4 TCo2/an sur la base des 35 325 km/an supplémentaires.

Les propositions de l’Agglomération Seine-Eure

L’apport financier : Si le problème financier est le principal argument du département pour justifier la fermeture du collège, l’Agglomération Seine-Eure peut y pallier. Bernard Leroy et les élus du conseil communautaire ne contestent pas le mauvais état général du collège Pierre-Mendès-France, mais affirment qu’il doit être reconstruit comme l’a été le collège Alphonse-Allais ouvert en 1974, fermé en 2004 et reconstruit en 2005.

Pour permettre cette reconstruction, le Président de l’Agglomération Seine-Eure a indiqué dans une lettre adressée à Pascal Lehongre, Président du Département, le 21 septembre, être prêt à proposer au conseil communautaire le vote d’une participation financière de 50% pour la reconstruction d’un nouveau collège à Val-de-Reuil. D’autre part, puisque le Département prétend que le mauvais état du collège PMF engendre des coûts supplémentaires en fonctionnement, l’Agglo Seine-Eure est prête à compenser ce surcoût, en attendant la reconstruction d’un établissement neuf.

Un projet d’internat d’excellence :

Ce projet pourrait être réactivé. Situé à deux pas de la gare SNCF, il aurait l’ambition d’accueillir des élèves d’autres établissements qui trouveraient à Val-de-Reuil les conditions idéales pour travailler. D’ailleurs, Jean-Philippe Blanquert, actuel ministre de l’éducation nationale, était favorable à ce projet dans son précédent poste.

Bernard Leroy Président de la Communauté d'Agglomération Seine Eure

Bernard Leroy Président de la Communauté d'Agglomération Seine Eure

Bernard Leroy devant les élus départementaux :

Le Président de l’Agglo se dit prêt à venir devant les élus, dans le format de réunion que le Président Pascal Lehongre décidera, pour apporter toutes les précisions qu’ils jugeront nécessaires pour faire le bon choix le 11 décembre.

Sources : La Case

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