MOI, J’AI PAS DE STARTUP, JE SUIS GRAVE RINGARD…

Publié le par Le Hibou de La Vallée

MOI, J’AI PAS DE STARTUP, JE SUIS GRAVE RINGARD…

Edifiant débat ce lundi soir chez Pujadas sur toutes ces startups Françaises créées à Londres et qui vont faire leur move back vers la France because of the Brexit.

Le gérant de patrimoine Alban de Clermont Tonnerre et une surexcitée nous ont expliqué que la France redevenait super attractive pour les startups !

La surexcitée, elle a créé une magnifique startup dans un secteur ultra porteur : Une appli de rencontres sur smartphones ultra super et mondiale qui emploie une trentaine de personnes.

Le gérant de patrimoine, lui, il est un pur produit de la finance, mais son associé n’avait pas l’air très enthousiaste à l’idée de quitter le Royaume-Uni.

La surexcitée « super Meetic » nous expliquait qu’il y avait en France tout un tas d’investisseurs prêts à financer les startups et tout plein de pépinières qui allaient assurer tout son back office pour la décharger des soucis administratifs et comptables.

Elle pourra donc consacrer toute sa créativité au développement de nouvelles applis pour smartphones.

Son rêve, c’est certainement de vendre ses trucs à un Google ou autre, de passer à la caisse et de partir quelque part…

C’est le business purpose de bien des jeunes qui appliquent ce business model.

Moi qui suis un vieux con très ringard, je n’ai pas de startup.

J’ai repris un centre de formation en BTS tertiaires qui allait fermer pour de mauvaises raisons de changement d’actionnariat, alors que c’était, c’est et ce sera un centre d’excellence qui forme bien les jeunes et leur donne un bon et vrai boulot quand ils ont leur diplôme.

Mais ce n’est pas une startup.

Alors mon back office, je l’assure moi-même et j’ai dû faire un emprunt habillé en crédit à la consommation pour payer une partie des dettes cachées lors de la reprise : On ne prête pas à un vieux de 64 ans !

Et, depuis, la BNPPARIBAS m’a saigné jusqu’à la moelle avec son terrible produit de factoring qui, tel un vampire assoiffé, a sucé tout le bon sang de notre reprise d’activité avec une avidité sans pareille.

Et ça continue avec cette augmentation de capital bloquée par mon associé indélicat : 20 000 euros indisponibles pendant 6 mois, non rémunérés et inutilisables comme garantie, dixit la BNPPARIBAS…et le code du commerce !!!

Et cette OPCA qui paye à... un an !

Durs, durs le back office et les banques dans la vie réelle…

Moi, je travaille sur de l’humain.

Avec mon équipe, on essaie de remettre sur les rails de la vie des jeunes très difficiles à gérer et de leur donner un métier.

Et on en prend plein, plein la gueule. Comme tous les profs on se fait même insulter régulièrement sur les réseaux sociaux : Vous pensez, on leur demande de bosser alors qu’ils sont en contrats pro, payés par leur entreprise et envoyés en formation qualifiante sanctionnée par un diplôme d’état !

Et on leur assure quasiment des cours particuliers, au regard des effectifs, mais ils nous crachent quand même à la gueule…

Si j’aurais su, j’aurais repris une startup qui bosse dans le numérique, dans le virtuel…

Mais à y réfléchir, je préfère ma galère : Si nous sauvons quelques gosses des désastres de l’Education Nationale et de la fac, nous aurons fait œuvre utile pour eux et pour l’économie de notre pays.

D’autant plus qu’on sait parfaitement bien comment faire, pourvu qu’on ait les moyens nécessaires.

Faudrait peut-être inventer un nouveau mot : Start old up, old startup, new start with old people ?

Qui sait…

Le Hibou de la Vallée  

Publié dans LE HIBOU DE LA VALLÉE

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