TRAIN-TRAIN DES RÉFORMES OU TGV DES RÉFORMES…

Publié le par Le Scarabée Noir

TRAIN-TRAIN DES RÉFORMES OU TGV DES RÉFORMES…

C’est une évidence pour tout le monde qu’il faut « faire quelque chose pour réformer la SNCF » et que cela ne peut plus durer en l’état.

Pour autant, je suis en total désaccord avec le gouvernement sur deux points :

  • On nous refait le coup des ordonnances sur le travail : Le projet est déjà ficelé depuis belle lurette, le gouvernement va « faire semblant » de consulter « tout le monde » et les ordonnances, corrigées de quelques « miettes » lâchées aux syndicats, seront adoptées sans autre forme de procès quasiment en l’état actuel.
  • Il est absolument scandaleux de « mettre tout sur le dos » des cheminots ! Comme s’ils étaient responsables de la calamiteuse gestion de l’entreprise par l’état, comme si l’on faisait fi des directives européennes qui ont imposé la séparation RFF/SNCF (faisant au passage de RFF une structure de « defeasance », c’est-à-dire une structure recevant toutes les dettes et les actifs pourris comme cela avait été fait pour le Crédit Lyonnais), comme si on oubliait que c’est grâce au TGV qu’ALSTOM a pu devenir un acteur mondial incontournable de la Très Grand Vitesse, comme si on ne mentionnait pas que toutes les infrastructures du TGV ont permis aux entreprises Françaises de Travaux Publics de « gagner beaucoup d’argent ».

C’est toujours la même chanson avec les entreprises « publiques » ou « semi-publiques », on peut faire dire aux chiffres tout et n’importe quoi selon le degré de saucissonnage de l’analyse !

Et puis après tout, les cheminots ont bien raison de défendre ces « privilèges » chèrement acquis par d’âpres luttes syndicales ou par reconnaissance de leur rôle dans l’histoire (pendant la deuxième guerre mondiale par exemple…).

Certes, les cheminots ont des « privilèges ».

Mais si on veut abolir les « privilèges » au nom de l’Egalité Républicaine, alors abolissons tous les « privilèges » !

A commencer par ceux du chef de l’Etat, de ses ministres, des fonctionnaires, des élus de tous échelons etc… !

Je trouve indécent de voir le 1er ministre fustiger les « privilèges » des cheminots lui qui, énarque, est certain d’avoir un emploi à vie très correctement rémunéré et pourra s’amuser à naviguer à son bon gré entre les mandats locaux ou nationaux, le public et le privé etc…

Et que dire, par exemple, de Ségolène Royal rémunérée comme « Ambassadrice des Pôles » après avoir ruiné sa région ou de Jack Lang qui dirige l’Institut du Monde Arabe ou de tant et tant d’autres.

C’est vraiment la société de « castes » dont parlait Tocqueville…

Et, in fine, pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas le courage de dire que tout cela s’inscrit dans une optique de démantèlement total du service public du ferroviaire, afin de laisser place nette à la privatisation ?

Et pourquoi ne dit-on pas que c’est toujours cette même méthode de « banquier d’affaires » ?

On commence par « nettoyer » les entreprises, notamment au niveau social, puis on les découpe en morceaux pour éliminer « le vilain gras », puis on refile les pépites au privé ou aux copains !

C’est exactement ce qui a été fait pour Alstom et tant d’autres entreprises !

C’est ce qui sera fait pour la SNCF, vous verrez.

Certes, le mouvement social risque d’être dur, les cheminots-probablement rejoints par les dockers et le secteur des transports-ne vont pas se laisser faire comme des victimes consentantes.

Mais regardez à quel point les « médias » préparent déjà l’opinion à ne pas soutenir « ces bandits de privilégiés qui vont foutre la m…dans le pays ».

Le « petit Macron » a un « incroyable talent » pour monter les gens les uns contre les autres et empêcher toute agrégation de revendications sociales.

On l’a vu à l’œuvre au salon de l’agriculture…

Ce cas de la SNCF est très symbolique : C’est quasiment la dernière entreprise incarnant le « modèle socio-économique à la Française », tout ce que Macron veut détruire, quoi qu’il en dise : Tout ce qu’il fait le montre.

Si vous lisez l’Anglais, je vous invite à consulter la presse Américaine et certains blogs Américains. Vous y verrez à quel point bon nombre d’Américains sont sidérés au constat de ce qu’ils appellent « le suicide collectif » de l’Europe, en particulier de la France et de l’Allemagne en raison de deux facteurs principaux : L’invasion migratoire incontrôlée et la cession massive d’actions d’entreprises à des capitaux étrangers.

Je lisais ce matin que 54% des actions cotées à la bourse de Francfort étaient détenues par des investisseurs étrangers : le fameux modèle « Deutschland AG » est mort !

En France, c’est encore pire puisque notre dette est majoritairement « extérieure », en plus de nos entreprises, nos vignobles, nos châteaux, nos clubs de foot…

Il reste à souhaiter que les cheminots puissent remettre le pays sur les rails…

  Le Scarabée Noir.

 

Publié dans LE SCARABÉE NOIR

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article