PROSPECTIVES PRÉSIDENTIELLES 2022 (6)

Publié le par Denis SZALKOWSKI

PROSPECTIVES PRÉSIDENTIELLES 2022 (6)
ARNAUD, C’EST DUR D’ÊTRE AIMÉ PAR DES CONS !

Dans un groupe Whatsapp où j’ai été invité pour appuyer la candidature de Montebourg, j’ai pu lire cet extrait qui en dit long sur l’état d’esprit d’ex-socialos : « N’oubliez pas qu’il y a un électorat potentiel de musulmans français qui se retrouverait en Montebourg. » Ces braves gens ont-ils compris quelque chose à cette dérive de la gauche dans ce clientélisme qui l’a empêché de penser ?

Dans le JDD, Arnaud Montebourg, comme à son habitude, a eu une formule maladroite disant de Macron qu’il était le Julien Doré de la politique. Sur le fond, je pense qu’il a raison. Tous les deux sont des hommes à mémères. Et il n’y a pas de quoi en être particulièrement jaloux ! Pour autant, sur la forme, c’est nul et, avec sa montebourde,  il aura perdu une occasion de se taire. La photo de l’article du JDD n’est franchement pas à son avantage ! Passons.

Faux ou vrais amis ?

Le leitmotiv de ces échanges, c’est que Montebourg aurait la capacité de rassembler la gauche. Et ben, non ! Pour une raison simple : les sociaux-libéraux de l’aile droite du PS devenus macronistes – et même ceux qui ne le sont pas devenus – ne voteront pas Montebourg, même après avoir bu une dizaine de pintes de bière !

La gauche toute habillée pour l’hiver pèse 25-26% des voix. Macron et Le Pen sont au même niveau. Avec les candidatures des trotskards et d’EELV, faire de la politique à l’ancienne, c’est l’assurance d’échouer sous la barre des 10% au 1er tour. Autrement dit, il ne faut plus avoir peur des gros mots, comme souveraineté, made in france, circuits courts, protection, peuple, technostructure, élites, état profond, immigration, sécurité…

Arnaud Montebourg, s’il veut y aller, va devoir se lancer à poil, sans parti, en faisant attention à tous ces gens de l’ancienne aile gauche du PS qui roulent pour Mélenchon.

Il a encore un peu de temps pour s’y préparer.

L’équation n’est pas simple.

LA SYMPHONIE DE 2022
 
 
 
Denis Szalkowski 
PROSPECTIVES PRÉSIDENTIELLES 2022 (6)

Ce 12 octobre, à l’occasion de la publication de son nouveau livre ‘‘L’équilibre est un courage. Réparer la France’’, dans les colonnes du Figaro, le Général d’Armée Pierre de Villiers explique à Alexandre Devecchio sa démarche, ses inquiétudes, ses propositions et sa «nouvelle façon de servir». Extraits :

Quel regard portez-vous sur la gestion de la crise du Covid ?

J’étais en 2009 à Matignon au moment de la grippe H1N1. Je sais ce qu’est une crise pandémique ; j’en connais la complexité. Néanmoins, je veux faire deux remarques de fond sans rentrer dans le mécanisme de détail. Nous n’avons pas eu de stratégie, de vision, et nous avons couru derrière le virus sans jamais être dans l’anticipation.

La deuxième remarque est que notre société était déjà dans un virage de déshumanisation accélérée pour des facteurs objectifs ; qu’ils soient technologiques ou sociétaux : l’individualisme, une perte de sens collectif. Quand viendra le temps de la sortie de la pandémie, il nous faudra regagner le terrain de cette part d’inhumanité qu’aura forcément accéléré une société un temps masquée.

Je suis préoccupé, car j’essaie d’avoir un coup d’avance, par le monde post Covid. Est-ce que l’on va retrouver cette capacité des liens humains ; est-ce que notre société ne va pas basculer dans une espèce d’individualisme à grande échelle, devenant une société du télétravail avec une perte d’appartenance ? Quand va-t-on quitter cette forme d’incurie administrative qui déshumanise et décourage ?

Certains grands groupes ont pris la décision stratégique, définitive, de mettre leur personnel en télétravail à 70% pour 30% de présentiel. Cela m’inquiète beaucoup parce que, même si l’on réussit par la capacité technique, par l’organisation, par les processus, par les gains de productivité, la rationalisation, il n’est de richesse que d’hommes et la performance économique dépend d’abord de la performance humaine.

La performance d’un pays dépend d’abord de sa cohésion, de sa fraternité, et de sa capacité à se rencontrer. C’est tout mon message. Et pourtant pendant le confinement on s’est regroupé autour de ses proches, de sa famille, de son village, de sa ville, de son pays. Nous devrions nous appuyer sur ce sens de l’appartenance à quelque chose qui nous dépasse, quelque chose de plus grand. Passé la crise sanitaire, une fois que l’on aura réussi à trouver un vaccin – parce que finalement c’est la seule solution semble-t-il pour sortir de cette crise – je forme le vœu que nous reprenions les fondamentaux d’une vie en société.

Parlons des banlieues, sujet abordé dans un chapitre de votre livre. Vous jugez que c’est une question de désespoir et notamment une question de désespoir économique. La question de l’appartenance n’est-elle pas pourtant centrale ?

Le chômage de masse et l’argent facile des trafics sont un cocktail explosif à coup sûr mortifère pour l’avenir et le référentiel de nos jeunes dans nos quartiers. J’ai décidé de transmettre ce que j’ai appris pendant mes années au service des armées dans deux directions : l’entreprise, grande et petite, et la jeunesse, toute la jeunesse. Parce que cette jeunesse j’ai vécu avec elle pendant plus de quarante ans. Je pense bien la connaître et j’ai eu l’honneur de la commander. D’ailleurs, une partie de cette jeunesse provenait de ces milieux défavorisés, de ces cités, et de ces banlieues.

Je suis allé à plusieurs reprises dans les cités. J’étais il y a quelques jours aux Mureaux une partie de la journée à la rencontre de ces jeunes. Je pense qu’il manque deux choses et c’est pour ça qu’il faut l’équilibre. Il manque l’autorité, l’ordre, la fermeté, et il manque simultanément l’humanité, le respect, la considération, l’amour. L’un ne va pas sans l’autre. Essayez de rétablir l’ordre sans amour et sans considération, ça ne marchera pas. Mais la considération uniquement sans ordre ne fonctionnera pas non plus.

Moi je suis un homme d’ordre, d’autorité, au bon sens du terme, ce qui veut dire que je ne comprends pas que l’on ne soit pas ferme et je ne comprends pas qu’on ne les aime pas plus. Si les jeunes des banlieues ont le sentiment d’être considérés, respectés, que les règles sont claires, et que l’on donne le cadre, alors cela fonctionnera peut-être mieux.

Mais s’il n’y a pas de cadre et que l’on laisse parfois, en fermant les yeux, la situation perdurer, alors cela dégénérera de plus en plus et c’est ce qui se passe depuis trente ans.

J’ai voulu écrire sur les cités car ce sujet me semble essentiel. Je pense très franchement qu’il ne sert à rien de changer la loi, il faut commencer par l’appliquer !

La sécurité et la justice sont intimement liées évidemment. C’est ce que me disent les forces de l’ordre que je rencontre. C’est aussi ce que me disent les jeunes que je vois. Appliquons la loi avec des peines qui correspondent aux délits et ensuite exécutons les peines effectivement. L’objet d’une punition est de dissuader les gens de recommencer.

Aujourd’hui, la justice n’est pas dissuasive. Il y a un chiffre sur lequel tout le monde s’accorde semble-t-il aujourd’hui : 50% des délits sont commis par 5% des délinquants. On les connaît. Alors que fait-on ?

(Suite vendredi prochain)

Publié dans Denis SZALKOWSKI

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