MÉDIAS AU SERVICE DES PUISSANTS

Publié le par Khider Mesloub.

MÉDIAS AU SERVICE DES PUISSANTS

Les médias « produisent » et commercialisent une marchandise singulière : l’information. Celle-ci doit rapporter revenus et profits aux multinationales des communications. La corporation des médias œuvre dans cette superstructure et sa fonction consiste à réguler le fonctionnement de ce système d’endoctrinement idéologique.

Il s’agit, pour ces scribes de l’information, de formater l’opinion publique citoyenne afin d’assurer sa soumission, pour tenter de désamorcer les récriminations politiques et annihiler les velléités subversives populaires. S’il faut faire la démonstration de la dévotion servile des grands médias témoignée aux puissants et à l’État, le traitement informationnel du Mouvement des Gilets jaunes de France aura été la parfaite illustration (1).  https://les7duquebec.net/archives/253109 De même, aujourd’hui, la transmutation des médias algériens en supplétifs idéologiques du nouveau pouvoir bouteflikien recyclé confirme cette propension pavlovienne des médias officiels à changer de maître sans subir aucune pression sur leurs chaînes ligotant ordinairement leur liberté d’expression complaisamment surveillée et muselée (2).

De toute évidence, cette posture obséquieuse des médias officiels révèle l’asservissement total des appareils idéologiques au capital. Depuis l’école, en passant par le cinéma et la littérature, jusqu’aux médias audiovisuels, internet et les médias sociaux numériques, tous ces appareils idéologiques de façonnement des esprits sont presque totalement monopolisés par le capital (via l’État  notamment) pour lui servir d’instruments de propagande.

MÉDIAS AU SERVICE DES PUISSANTS

En France la majorité des médias est la propriété d’un petit nombre de grands groupes financiers, comme dans la majorité des pays du monde entier. La corporation médiatique, sectatrice dévote de l’idéologie de la liberté d’information, a tendance à expliquer le dévoiement et la soumission des plumitifs journalistiques par la concentration des entreprises médiatiques : « Dix milliardaires ont pris le contrôle d’une grande partie des médias français. Ces oligarques, venus du BTP, de l’armement, de l’industrie du luxe et de la téléphonie, ont accaparé les grands quotidiens nationaux, les chaînes de télévision et les radios, pour assoir leur influence. Avec à la clé, conflits d’intérêts, censures, pressions, licenciements, ingérence malsaine […] Cette concentration des moyens de production de l’information entre les mains de quelques-uns met en péril l’indépendance de la presse dans notre pays. Et porte ainsi atteinte au fonctionnement démocratique. Comment garantir la liberté de l’information et le pluralisme de la presse ? » s’indignait un scribouilleur effarouché officiant au sein d’un organe de propagande français, ayant pignon sur rue et du pognon plein les banques.

Or, comme on va le démontrer, ce n’est pas la monopolisation des médias par quelques groupes capitalistes qui expliquerait l’aplaventrisme légendaire des obséquieux journaleux des médias officiels, jamais à court d’idées complaisantes pour se vendre aux plus offrants, ni en défaut de flexibilité professionnelle courtisanesque pour se plier devant les puissants.

MÉDIAS AU SERVICE DES PUISSANTS

De fait, les médias opèrent ouvertement comme des organes du pouvoir financier et de l’État. Pour preuve : au cours de la révolte des Gilets jaunes, les médias français ont ignoré délibérément la violence sociale permanente imposée par les difficultés économiques, la violence entrepreneuriale des patrons, la violence des forces de l’ordre nazifiées perpétrée lors des manifestations, la violence de « terrorisme social» infligée à l’ensemble des travailleurs et aux pauvres par l’État capitaliste totalitaire. Pour ces médias officiels aux ordres, cette violence n’existe pas. Les plumitifs du capital sont conditionnés à ne voir que la violence circonstancielle et résiduelle matérialisée par la destruction de quelques vitrines de restaurants, de magasins ou de banques, les incendies de voitures, les tags sur les murs. Cette focalisation médiatique sur cette violence réactionnelle dérisoire a pour dessein d’escamoter et de justifier  les violences étatiques, politiques, économiques, sociales et carcérales, et corrélativement d’inverser les responsabilités et les culpabilités… comme présentement sous le confinement meurtrier.

Il faut relever que ce comportement des serviles officiants médiatiques n’est pas télécommandé d’en haut, depuis le propriétaire milliardaire ou étatique jusqu’au banal chef de service journalistique. Il est l’œuvre de clercs totalement acquis à la défense de l’ordre existant dominant.  La censure s’effectue en amont et non en aval… afin que la censure soit inutile, remplacée par l’autocensure des thuriféraires dociles.  Pour décrocher un emploi dans ces grandes entreprises de fabrication de la marchandise informationnelle maquignonnée et corrompue, ne serait-ce que comme pigiste, il faut avoir le profil de l’emploi : posséder la foi démocratique capitaliste chevillée au corps (prosterné), croire aux mascarades électorales ( à la démocratie totalitaire caporalisée comme en Algérie), partager les valeurs bourgeoises libérales (ou féodales despotiques pour les pays du Tiers-monde), être pétri de la fibre patriotique belliqueuse (de la foi islamique tyrannique et inquisitoriale pour les pays musulmans). En résumé, avoir une personnalité servile et une âme vile. Aussi, assuré de recruter des agents formatés selon ces valeurs dominantes libérales bourgeoises (pour les pays dits « démocratiques ») ou féodales obscurantistes (pour les pays totalitaires), quel besoin le milliardaire (l’État) propriétaire de médias aurait-il de manœuvrer ses valets journalistiques ?

Ils lui sont instinctivement dévoués. Souvent, avec un zèle fanatique. Qui plus est, il est de peu d’intérêt de constater que dix milliardaires contrôlent 80 % du marché de l’information-propagande-aliénation en France (comme dans d’autres pays). Seraient-ils cinquante, le résultat serait le même (ainsi, ils étaient cinquante dans les années cinquante et après !?…) Et rien ne changerait en termes d’autocensure que s’imposent journalistes et directeurs de rédaction pour conserver leur emploi, servir leurs maîtres. Ce qui importe d’observer, c’est dans quel secteur économique ces milliardaires ont investi leur capital. Ce sont des marchands d’armes, des magnats de la construction, des marchands de produits de luxe et de la grande distribution ou de la marchandise – information.

Quoi qu’il en soit, avec la révolte des Gilets jaunes, comme avec la période actuelle post-hirakienne en Algérie, les dernières illusions sur la prétendue liberté de la presse ont volé en éclat. Et les journalistes, définitivement éclaboussés. Le prolétariat ne croit plus ces menteurs professionnels stipendiés. Les médias eux-mêmes ont pris conscience de cette discréditation, disqualification, cette débâcle éthique et déontologique. Il faut souligner, au passage, qu’on assiste au même phénomène de discréditation en Algérie. Les médias algériens, ces caméléons dénués de moralité, après avoir longuement servi obséquieusement le prétendant pharaon Bouteflika, ensuite épaulé un moment le Hirak à ses débuts, se sont mis promptement au garde-à-vous informationnel pour s’enrôler au service de l’État-major de l’armée, en particulier du défunt Gaïd Salah, avec une ardeur courtisanesque inégalée, en vue de mener contre le « peuple » algérien révolté une guerre de désinformation et de propagande. Aujourd’hui, ils continuent leurs basses besognes propagandistes au service du nouveau pouvoir rafistolé.

Voilà une conséquence majeure salutaire de la révolte des Gilets jaunes, comme du Hirak algérien. Cette crise de confiance s’explique, selon la majorité des Français, par le manque d’indépendance des journalistes vis-à-vis du pouvoir politique et économique ce qui est compréhensible sous une société marchande où tout se transforme en marchandise pour devenir Capital. Environ deux tiers de l’opinion publique jugent que les journalistes ne sont pas indépendants, ni du pouvoir politique, ni du pouvoir économique. Depuis quand un salarié est-il indépendant de son employeur ? En vérité, dans le système capitaliste, tout salarié est asservi à son patron, autrement dit c’est un esclave rémunéré, et à ce titre ne dispose d’aucune liberté au cours de sa phase d’exploitation, c’est-à-dire son temps de travail aliéné. Il est corps et âme dévoué à son maître à qui il doit docilité, obéissance, soumission. Une fois franchi le portail de l’entreprise, tout salarié perd sa liberté (de pensée, de conception, d’élaboration, de programmation, de décision : facultés totalement monopolisées par Son patron). Il est dépossédé de soi. Il appartient corps et âme à son maître employeur qui lui impose le planning de production, lui dicte le rythme de travail, lui prescrit les tâches à exécuter, lui assigne les objectifs commerciaux, lui ordonne de fournir une rentabilité toujours performante. Heureux l’esclave d’antan qui ne s’enorgueillissait pas de sa condition sociale servile, conscient de son assujettissement forcé. Aujourd’hui, l’esclave-salarié est fier d’exhiber son contrat d’asservissement professionnel, sa fiche de paie d’aliéné heureux, fier de ses quatre semaines de vacances octroyées par son patron, par ailleurs employées à enrichir les capitalistes du secteur de loisirs par ses dépenses consuméristes.

« La confiance dans les médias à son plus bas historique en France », avait titré la chaîne de propagande BFMTV. Le journal Le Monde, l’organe officieux de l’État impérialiste et antisocial français, avait écrit au moment de la révolte des Gilets jaunes : « Selon les trois quarts des sondés, les journalistes sont jugés trop dépendants du pouvoir politique. Une critique entendue fréquemment au sein du mouvement, qui préfèrent les Lives sur Facebook pour contrôler leurs propos et se méfient des porte-paroles, comme de toute médiation. » Même l’audimat de la télévision est en chute libre. Média jusque-là préféré des Français pour s’informer, la télévision recueille un niveau de confiance de seulement 38 % (-10 points en un an). La presse écrite s’effondre à 44 % (-8 points). Pareillement, les réseaux sociaux subissent la même érosion en matière de confiance. En effet, on pouvait penser que les activistes font confiance à internet, à Facebook, à Google, aux médias du net. Or, la même suspicion de collusion avec les puissances d’argent s’exprime à l’égard des organes dominants de la Toile.

MÉDIAS AU SERVICE DES PUISSANTS

Preuve du pouvoir de nuisance des médias consécutivement à toute révolte populaire : les calomnies colportées sur les Gilets jaunes. Dans le sillage de toute la presse française, Le Monde avait propagé sans discontinuer la fable selon laquelle les Gilets jaunes étaient affiliés idéologiquement à l’extrême-droite. Mais ce mensonge n’ayant pas eu l’effet escompté, les médias français ont agité le sempiternel épouvantail  de l’antisémitisme. Le Monde du 20-21 janvier 2019 avait titré : « Les Gilets jaunes, terrain d’influence pour la nébuleuse complotiste ». On pouvait y lire : « des figures conspirationnistes de l’ultra-droite se servent du mouvement », « les dérapages se sont multipliés depuis le début du mouvement », « la colère contre les institutions démocratiques (sic) est le résultat d’une entreprise idéologique », « ces obsessions complotistes antisémites autour de Macron et de la banque Rothschild s’affichent désormais dans les cortèges », « en se servant du mouvement né le 17 novembre pour démultiplier leur influence, les complotistes et antisémites liés à l’extrême droite gagnent en visibilité depuis plusieurs semaines. » Et de conclure : « Le jour de l’acte X, des figures complotistes et antisémites et d’extrême-droite se sont finalement données rendez- vous ». Ainsi, parce qu’il avait osé défier courageusement la classe dominante, le Mouvement des Gilets jaunes a été outrageusement calomnié. Pour accréditer l’imposture de l’antisémitisme, les médias avaient brandi des images d’un fait divers où un dénommé Finkielkrautphilosophe  fasciste de son état, avait été traité de sioniste par un manifestant. Aussi, pour accuser l’auteur de l’apostrophe d’antisémitisme, les médias français avaient prétendu que la qualification de sioniste serait assimilable à de l’antisémitisme.

À l’époque actuelle, à la faveur de la crise sanitaire du Covid-19, les médias joue un rôle négativement déterminant dans la propagation et la perception des risques et des conséquences potentielles liés au coronavirus.  En effet, les professionnels de l’information, en particulier les journalistes, avec leur traitement de l’information délibérément catastrophiste, contribuent, depuis le début de l’épidémie, au processus d’amplification de la perception anxiogène de la crise sanitaire du Covid-19. En tout état de cause, une récente étude, effectuée pour les Assises du journalisme de Tours en partenariat avec France Télévisions, France Médias Monde, Le Journal du Dimanche et Radio France, publiée le 26 septembre 2020, a montré que l’opinion des interrogés envers les médias couvrant la crise du coronavirus est très défavorable. Le constat est sans appel : les médias sont sévèrement jugés par l’opinion. Ils sont 60% à juger la couverture médiatique de la pandémie de Covid-19 excessivement anxiogène, a indiqué l’étude Via Voice. Concernant la manière dont les médias ont couvert l’information, 43% des sondés ont estimé que les médias ont alimenté la peur de la pandémie, et 32% ont pensé qu’ils l’ont exploitée pour faire de l’audience, c’est-à-dire vendre de la marchandise : information. Enfin, l’étude ViaVoice montre que la crise sanitaire et son traitement médiatique auront des conséquences dans le rapport des Français aux médias. Un véritable climat de défiance s’est manifesté vis-à-vis du gouvernement et des journalistes.

Pour mieux éclairer notre étude, décortiquons la mission politique, idéologique et sociale des médias mainstream. Le rôle des médias, de gauche comme de droite, est crucial dans nos sociétés urbanisées – multiethniques – criminalisées – pathologisées – communautarisées –, densément peuplées, soumises à de fortes tensions économiques (chômage et pauvreté), sociales (réduction des services sociaux), criminelles (drogues, délinquance, vols et crimes contre la personne). Au milieu de cette confusion sociétale, de ce chaos social, les médias sont une source d’insécurité et de chaos supplémentaire, en même temps d’agent d’endoctrinement et d’obscurcissement de la réalité, l’une de ces fonctions rendant les autres possibles et nécessaires.

De manière générale, l’activité médiatique comporte de multiples facettes. D’une part, les médias diffusent une vision du monde – celle de la classe dominante –, c’est leur première activité principale. Par cette activité, ils conditionnent la conscience collective et individuelle à accepter ce monde capitaliste tel qu’il est, avec ses valeurs marchandes, son esprit de prédation, son culte de la compétition et de la performance, son apologie de l’idéalisation des célébrités riches, imitées et jalousées par les petits-bourgeois envieux, anxieux, aigris, dévorés par l’ambition de se hisser un jour, à leur tour, croient-ils, au paradis des parvenus.

De surcroît, les médias à la solde ont pour mission d’exhiber sans vergogne les bas-fonds du monde sombre, l’envers du décor de la belle société civilisée normative : le monde du lumpenprolétariat, des SDF, de la pauvreté et de la criminalité vénielle, le monde interlope du vol à grande échelle, du blanchiment d’argent, du crime organisé, qui alimentent les rubriques faits-divers. Cette outrancière médiatisation de cette criminalité protéiforme vise à susciter la psychose « sécuritaire », mais surtout à accréditer le mythe de la fonction protectrice de l’État capitaliste érigé au service de toute la population : l’État démocratique totalitaire, avec ses forces de répression, ses palais de justice, ses prisons et son armée, assure votre protection, braves Citoyens (sic), propagent à longueur de diffusion informationnelle les médias. Et non la sécurité et la tranquillité des classes possédantes.

L’autre activité des médias consiste à soutenir les contestations sociales (cela est permis et encouragé à titre individuel pour réclamer des réformes, de nouvelles lois interventionnistes de l’État du capital), mais en respectant les règlements et les lois – c’est-à-dire l’ordre public, autrement dit la dictature du capital. Les médias dominants couvrent chaque jour les multiples lilliputiennes protestations parcellaires féministes, syndicalistes, environnementalistes, écologiques, gauchistes, communautaristes, raciales, laïcs ou religieuses, etc. Tous les pleurnichards gémissant contre les injustices sociales sont reçus et encouragés par le pouvoir. Parfois, ils obtiennent une loi sympathique pour entraver leur liberté et pour récompenser leur bonne conduite pacifique soumise et respectueuse de la démocratie totalitaire…ou pour permettre à l’État d’augmenter ses subventions à une clique capitaliste ou à une autre (autos-électriques, entreprises vertes-écologiques, pénaliser le peuple pour la pollution industrielle,  socialisés les investissements à risque, etc.)

L’autre activité des médias consiste à exhiber la vie somptueuse des personnalités riches et célèbres. Il s’agit d’étaler leur fortune, leur aisance et l’abondance de leurs biens obtenus grâce à leurs « efforts » exceptionnels, personnels et professionnels, ayant permis leur ascension sociale et leur intégration dans le système capitaliste, ce magnifique système économique offrant à chacun la chance de s’enrichir, comme par hasard toujours les mêmes : les déjà riches.

Enfin, sans conteste, l’activité fondamentale des médias du capital est de mystifier la réalité afin d’en rendre la lecture complexe, de rendre le monde (la société, l’économie, la politique, l’idéologie) incompréhensible et opaque. Les médias imposteurs, avec leur habituelle vision policière ou psychologisante de l’histoire et des faits sociaux, accomplissent cette mission de déformation de la réalité en présentant toute activité humaine, particulièrement les activités économiques, politiques, idéologiques, diplomatiques, judiciaires, militaires, comme étant le fruit soit du hasard, soit la résultante de la subjectivité de tel ou tel individu – génial ou caractériel – (l’imprévisible Donald Trump ou l’irascible Kim Jong un, ou le doctrinaire Khamenei). Mais jamais comme le produit des lois imparables de l’économie, de la sociologie et, surtout, de la lutte des classes. (Exemple de ces prestations psychologiques pour expliquer une arnaque pandémique :  https://les7duquebec.net/archives/260148)

Quoi qu’il en soit, par le travail manipulatoire opéré par les médias inféodés au capital, la société est délibérément complexifiée, enrobée dans une opacité politique machiavélique. Ce travestissement de la réalité a pour dessein d’éviter que les « citoyens » accèdent à la compréhension authentique des lois dialectiques régissant l’ensemble de la société déchirée par des antagonismes de classe. En lieu et place, les médias proposent des rumeurs, des allégations, des « Fakes news » et des complots (les premiers complotistes sont les journalistes) machiavéliques, ourdis dans l’antichambre des puissants, conduisant chacun à spéculer sur tel ou tel dirigeant (le Jupiter arrogant Macron, l’imprévisible Trump, Merkel la Reich-Woman, etc.). En lieu et place d’une conception matérialiste de l’histoire, des évènements, les médias colportent une vision policière, où chaque fait social est perçu par le petit trou de la serrure « décervelante » et débilitante. Les médias  propriété du Capital proposent de supputer sur les manies et les travers des célébrités. Ces journalistes appliquent au monde de la politique, de l’économie, de l’idéologie, les recettes de la morale vulgaire, de l’idéalisme, de la psychologie de la vulgate. Ainsi, Macron serait arrogant et narcissique, expliquant son dédain pour le peuple.  Remplacez Macron par Mélenchon ou par Marine Le Pen, et vous changerez de régime, suggèrent subrepticement les médias à l’étroitesse d’esprit criante de vacuité intellectuelle et historique. Or, Mélenchon comme Marine le Pen appliqueront, dans l’éventualité de leur propulsion au sommet de l’État capitaliste, la même politique dictée par les lois incontournables du capital. Voilà à quoi se réduit l’activité idéologique des grands médias de droite comme de gauche.

De manière générale, on distingue trois catégories de médias. Pour accomplir ce travail de fragmentation sociologique (les médias subdivisent le lectorat en fonction de sa catégorie sociale), de mystification, d’enrôlement et d’aliénation idéologique, les médias se répartissent en trois catégories.  

En premier lieu, il y a la presse de divertissement. Ces médias « peoples » ont pour fonction de divertir et d’anesthésier le public en vue de lui permettre de s’évader dans les rêves d’un monde spectaculaire meilleur, qui sera accessible probablement dans une autre vie. La presse people est le nouvel opium du monde civilisé : cet « opiacé médiatique », consommé sans modération sur fond de publicités alléchantes de vies paradisiaques illusoires, a remplacé la religion.

En second lieu, il existe la presse d’information au service du capital. Ces médias de « formatage » idéologique adjoignent à la fonction « people » des prétentions déontologiques à informer objectivement sur l’actualité et des ambitions savantes à analyser scientifiquement les informations. En vrai, ces médias ont pour mission de façonner l’opinion publique aux fins de susciter son adhésion aux différentes politiques des gouvernants, mais surtout d’entretenir la résignation des classes populaires à leurs misérables conditions de vie. Pour ce faire, ces médias recourent aux services des experts autoproclamés, des analystes stipendiés, des universitaires affidés, dans le dessein d’emberlificoter l’opinion publique, de pérenniser l’aliénation du peuple.

En outre, il existe une troisième catégorie de médias, destinée à l’élite intellectuelle, politique et patronale. Ces médias rigoureux méritent d’être lus par les révolutionnaires, car ils analysent consciencieusement la conjoncture économique, politique, internationale, militaire, aux fins d’informer « scientifiquement » la classe capitaliste et ses commis politiques. Ces médias « d’influence » donnent le ton aux grands patrons et orientent leurs décisions. Le grand capital et ses saltimbanques politiciens ne disposent pas d’une grande marge de manœuvre. Il faut le rappeler, les lois implacables de l’économie politique capitaliste s’imposent à eux comme à tout un chacun. Mais les puissants milliardaires et leurs fonctionnaires financiers disposent du pouvoir d’accélérer ou de ralentir l’évolution de la crise, voire de la prolonger, quitte à l’amplifier.

Un exemple parmi d’autres : le président de la FED américaine a décidé dernièrement d’abaisser les taux d’intérêt sur les prêts, provoquant ainsi l’expansion de la masse monétaire et par voie de conséquence l’endettement accru des particuliers, des entreprises et des gouvernements. De la sorte, il ne fait que retarder le krach boursier, mais en décuplant l’amplitude de la catastrophe, sans en dévier la course folle. Voilà les limites du pouvoir discrétionnaire des milliardaires et de leurs avoués étatiques. Dans le même ordre d’idée : la classe dirigeante algérienne en déclin a beau déployer des stratagèmes habiles pour tenter de se maintenir au pouvoir, son destin politique a été scellé par l’histoire récente du « peuple » algérien révolté (2). Sa fin est imminente.

Enfin, il existe également une autre catégorie de médias, que nous n’avons pas intégrée à notre taxonomie informationnelle, à savoir la presse révolutionnaire, aujourd’hui majoritairement numérique, à l’instar du Webmagazine Les 7 Québec. En rupture radicale avec les valeurs politiques de la pensée dominante et les catégories marchandes de la société bourgeoise, cette presse est évidemment, du fait de sa faiblesse financière, très peu visible, voire méconnue. Parce qu’elle ne se plie pas aux normes médiatiques mercantiles, cette presse numérique libre et révolutionnaire est vilipendée, ostracisée ou boycottée par les médias mainstream, mais également par la presse de gauche comme de droite.  Mais cela est sans importance pour le moment puisque le prolétariat n’a pas encore amorcé l’insurrection.

POURQUOI L’ESCLAVAGE S’EST EFFONDRÉ DANS LA ROME ANTIQUE ?

Khider Mesloub

 

1- Autopsie du Mouvement des Gilets jaunes, Robert Bibeau, Khider MesloubÉditions L’Harmattan, 2019  Disponible GRATUITEMENT – format PDF en 4 langes,  ICI pour téléchargement :  https://les7duquebec.net/archives/253109

2- Secouée par le Hirak : l’Algérie à la croisée des chemins, Les impliqués Éditeur, 2020 

POURQUOI L’ESCLAVAGE S’EST EFFONDRÉ DANS LA ROME ANTIQUE ?

Publié dans LES 7 DU QUÉBEC

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article