PROSPECTIVES PRÉSIDENTIELLES 2022 (8)

Publié le par Denis SZALKOWSKI

PROSPECTIVES PRÉSIDENTIELLES 2022 (8)

LE MONDE PERDU DES ZÉROS SOCIAUX

Nous étions hier en réunion, au niveau du SIVOS, pour trouver des solutions au gaspillage alimentaire. Il m’y fut reproché l’expression – publique – de mon point de vue sur nos dysfonctionnements, les mails, les publications personnelles sur ce blog et aussi les contenus mis sur Facebook au son d’un hallali de circonstance. Un collègue se crut même autorisé, en réunion, à me demander quel était mon problème, parce qu’il n’avait pas apprécié qu’on s’occupe d’un tas de déchets sur le territoire de sa commune ! Il aurait sans doute fallu filmer cette réunion, afin qu’elle soit analysée minutieusement par les sociologues du présent et du futur.

C’est tout de même drôlatique d’entendre ce discours du moment sur les réseaux dits sociaux et la grandiloquence sur ce sujet de la part de personnes qui n’y connaissent pas grand chose. Je blogue depuis 2005. En 2007, je me suis inscrit sur Twitter et sur Facebook. J’ai même eu ce titre honorifique de plus vieux maire de France inscrit sur Twitter. Je ne sais pas d’ailleurs si je l’ai conservé à l’occasion de la dernière élection municipale. Cela n’a que très peu d’importance.

Derrière cette haine des réseaux sociaux qui s’est exprimée hier soir, il y a d’abord une grande ignorance de ces outils, du fait qu’ils cassent une verticalité à laquelle aspire encore tout un ancien monde. Internet a changé la donne. L’enseignant peut être contrôlé en temps réel par ses étudiants sur les contenus qu’il dispense. Le politique peut être vite contredit par le fact checker sur les chiffres qu’il donne et les propos qu’il tient. Le médecin en est même contraint, parfois, à nous expliquer qu’il n’y connait pas grand chose du haut du piédestal que nous lui avons construit. Le journaliste  se googlelise au gré des algorithmes des moteurs de recherche.

De là où ils sont, mes collègues n’ont pas vu le monde changer. Ils ont cherché à remonter dans le wagon, sans que leur structure mentale n’évolue réellement. Nos institutions – y compris sur le plan local – sont à l’agonie, dirigées par des gens incarnant une autorité qui se sera dissoute, sans qu’ils s’en rendent compte. Il y a à repenser nos fonctionnements – nos dysfonctionnements – en mettant davantage d’horizontalité, d’associer plus de gens à la décision. Il nous faut arrêter de croire que nous pouvons trouver des solutions seuls, sans y associer les parents, les enseignants, les personnels et aussi les enfants. Notre petit monde s’accroche à ses prérogatives, à des pouvoirs qu’il n’a plus, en vérité.

 

LA SYMPHONIE DE 2022
 
 
 
Denis Szalkowski 
PROSPECTIVES PRÉSIDENTIELLES 2022 (8)
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À l’occasion de la publication de son nouveau livre ‘‘L’équilibre est un courage. Réparer la France’’, dans les colonnes du Figaro, le Général d’Armée Pierre de Villiers explique à Alexandre Devecchio sa démarche, ses inquiétudes, ses propositions et sa «nouvelle façon de servir». Extraits :

Vous abordez assez peu la question de l’immigration…

Le sujet des migrations est un problème mondial. Il va être un des éléments les plus dimensionnant de l’avenir du monde dans les vingt prochaines années. Depuis Michel Rocard et le « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde », les Français s’inquiètent et parfois désespèrent. Il faut arrêter de se cacher derrière son petit doigt ; l’Afrique va compter 2 milliards d’habitants en 2050, alors qu’ils sont 1,2 milliard aujourd’hui. Au Niger, il y a 7 enfants par femme. Mon homologue nigérien, quand j’étais chef d’état-major – nous étions à Saint-Cyr ensemble ; je le connais depuis 45 ans et nous sommes toujours en contact -, me le disait, « on est un des pays les plus pauvres du monde, il y a le terrorisme, notre pays est rongé par les conflits ethniques, il fait 45 degrés quasiment toute l’année dans le désert. Le réchauffement climatique fait qu’il y a de moins en moins d’eau ce qui génère des déplacements de population et donc des conflits. Dans ces conditions, les gens partiront, ils traverseront la Méditerranée ».

Cela va être un problème majeur. C’est déjà le cas depuis de nombreuses années, on le sait. Il faut arrêter ces flux incessants de migrants que l’on n’est pas capable d’accueillir. Vous êtes probablement allés comme moi Porte de la Chapelle. Est-ce que ces centaines de migrants abandonnés constituent une situation humainement acceptable ? Est-ce que l’on peut continuer comme ça ? Et quels moyens avons-nous pour en faire ensuite des citoyens français ? La réponse est que nous n’avons plus les moyens d’accueillir. Il faut donc contrôler, voire arrêter les entrées sur notre territoire.

Nous avons besoin de l’Europe pour régler ce sujet. Mais l’on ne peut pas faire comme si on laissait ouvert à tous notre nation. Celle-ci ne pourra pas intégrer dignement toutes ces personnes, avec l’humanité souhaitable. Il faut être beaucoup plus sévère avec ceux qui sont en situation irrégulière. Trop souvent les décisions d’expulsion ne sont pas suivies d’effet. Or dans l’armée, j’ai appris une chose : quand on donne un ordre, il est exécuté. C’est la base de l’autorité, de la discipline.

La question de la France ne peut être séparée de la question européenne. Quelle est votre vision de l’Europe, croyez-vous à la souveraineté européenne que défend Emmanuel Macron ?

Je crois en une Europe des Nations. Je ne crois pas à une armée européenne fusionnée. Une souveraineté correspond à une nation et à un peuple. Une armée correspond à une nation, à un territoire, et à un peuple. Les soldats français se sont engagés pour la France. Ils n’iront pas mourir pour l’Europe. Un soldat français n’est pas un soldat allemand, et cela ne changera jamais. Je crois en une coopération européenne à géométrie variable, sur des projets ciblés, pragmatiques. Il faut donc accélérer la construction de cette Europe des nations. Il y a urgence car l’Histoire n’attend pas.

Votre livre est un manifeste politique. Quelles sont vos ambitions ?

Je fais tout cela pour transmettre tout ce que j’ai appris pendant mes années militaires. Je suis guidé par la passion et l’amour de la France. Mon moteur quand je me suis lancé dans l’écriture de ce livre n’était pas les élections de 2022. Mais d’être utile pour mon pays. Je vais maintenant au travers de mes entretiens, de mes déplacements et de mes activités avec la jeunesse, les associations, les entreprises partager cette voie de la réconciliation. Mais pas la réconciliation par la faiblesse, ou par la souplesse d’échine, mais la réconciliation par l’exigence et l’humanité. Voilà ma nouvelle façon de servir.

Pensez-vous à 2022 ?

Je suis navré de voir que finalement les élections de 2022 ne sont vues qu’à l’aune du vide actuel. Je suis là pour contribuer aux débats et faire passer des idées. Face au délitement actuel, l’urgence est de réfléchir et de construire des projets pour la France.

Publié dans Denis SZALKOWSKI

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