L’AMI ARMÉNIEN

Publié le par GILDEVER

L’AMI ARMÉNIEN

Andreï Makine est né en Sibérie, dans une famille d'origine française implantée en Russie… Arrive le Stalinisme, ses millions de morts, et des parents prisonniers au goulag…

Il suivit des études supérieures à l’université de Kalinine (philologie romano-germanique), thèse de doctorat à l’université d’État de Moscou.

Journaliste à Gorki (Nijni-Novgorod), missions en Afghanistan et en Angola, puis, Installation en France en 1987.

Publication d’une vingtaine de livres (romans, essais et une pièce de théâtre). Plusieurs prix littéraires : Goncourt, Médicis et Goncourt des lycéens pour Le Testament français, Grand Prix RTL-Lire, prix Eeva Joenpelto, prix de l’Armée de Terre Erwan Bergot pour Le pays du lieutenant Schreiber, prix Cino del Duca...

Il est élu à l’Académie française, le 3 mars 2016.

L’AMI ARMÉNIEN

Des débuts difficiles à Paris, mais la volonté d’écrire « en français » pour s’intégrer (Pauvre France d’aujourd’hui avec un Macron qui veut généraliser la langue Arabe…) et Andreï Makine de confier à Laurent Dandrieu de Valeurs Actuelles : « Quand j'écris sur la Russie, le français doit s'aventurer dans des zones qui ne lui sont pas propres, donc avec une tension qui permet de voir les choses autrement. Or, la seule chose qui intéresse un écrivain digne de ce nom, c'est l'altérité. Il faut transfigurer le monde, et le français est mon meilleur allié pour cela ».

A sa manière, il se révolte de constater la quasi médiocrité des journaleux français qui « s’étonnent de ne pas l’entendre cracher sur Poutine ».

Et de préciser « Cette russophobie, elle vient de la haine de soi. Inconsciemment, vous savez que vous faites fausse route, que l'Union européenne, dans sa forme actuelle, est un échec, que la France était grande quand elle était pleinement souveraine.

Vous voyez la Russie renaître de ses cendres, avec ces fondamentaux que sont la nation et la spiritualité.

Dans la population russe, il y a 15% de musulmans, la plus grande mosquée d'Europe est à Moscou, mais ces citoyens se conduisent comme les autres.

La France, autrefois, avait la même attitude : 600.000 Russes arrivent en France après la Révolution, qu'on accueille en leur disant : “On vous donne cette chance magnifique de vivre parmi nous, mais il faut accepter nos us et coutumes. Si cela ne vous plaît pas, reprenez vos valises”.

Après la chute du communisme, la Russie était une bête moribonde que chacun dépeçait. Poutine aurait pu se joindre à la curée, mais son patriotisme lui a dicté de remettre de l'ordre dans ce pays. Ce n'est pas mon héros, mais il a ce qui vous manque : le sentiment viscéral de la patrie ».

Vient de paraître chez Grasset « l’Ami arménien ». Un récit autobiographique situé dans une localité Sibérienne autour des années 1960.

Vardan, un garçon de 13 ans en orphelinat qui s’improvise protecteur d’un copain à la santé fragile où la vie est dominée par des caïds aux instincts sauvages…

Vardan va l’introduire dans son milieu arménien en exil forcé qui lui prodiguera affection familiale et l’initiera à surmonter les malheurs quotidiens dans une perspective d’éternité.

Andreï Makine fait dire à Vardan : « Quand l'homme se soulève au-dessus de sa condition, de quelque façon que ce soit, ce que j'appelle l'Alter-naissance, c'est-à-dire le dépassement de ses identités biologique et sociale, il peut devenir vraiment dieu. Chaque acte de bonté vous donne une liberté existentielle, vous élève au-dessus de votre condition humaine ».

“L'Ami arménien”, d'Andreï Makine, Grasset, 224 pages, 18 €.

GILDEVER

LA FRANCE EST-ELLE ENCORE ‘‘LA FILLE AINÉE DE L’EGLISE’’ ?

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