OFFENSIVE CONTRE FRANCE SOIR : CETTE INSUPPORTABLE LIBERTÉ D’EXPRESSION !

Publié le par OBSERVATOIRE DU JOURNALISME

OFFENSIVE CONTRE FRANCE SOIR : CETTE INSUPPORTABLE LIBERTÉ D’EXPRESSION !

La ministre de la culture, Roselyne Bachelot, a demandé le 29 janvier 2021 le réexamen du statut de média d’« information politique et générale » (IPG) dont bénéficie le site d’information France Soir. L’enjeu pour celui-ci est de continuer à bénéficier de subventions publiques. Cette démarche n’est pas la seule qui vise à affaiblir France Soir. Nous revenons sur une récente campagne de pression faite par un collectif anonyme auprès d’annonceurs publicitaires. La technique pour affaiblir le site est, une nouvelle fois, d’essayer de taper au portefeuille. La radio d’État France Inter vient complaisamment d’offrir une nouvelle tribune aux instigateurs de cette démarche.

Dans un précédent article, l’OJIM a relayé un appel du directeur de la publication de France Soir pour soutenir ce média. Dans la liste des pressions subies par le site d’information citées par l’auteur de l’appel, Richard Boutry, l’une d’entre elles est absente : la campagne menée par Sleeping Giants France visant à tarir la manne publicitaire du site.

La nouvelle actualité de la censure

Ces derniers temps, les exemples de censure, en particulier concernant la couverture médiatique de la gestion de la crise sanitaire, n’ont pas manqué. Tout se passe comme si une certaine caste considérait les citoyens comme des enfants incapables de faire preuve d’esprit critique. L’initiative de la ministre de la culture s’inscrit dans un récit officiel qui vise à présenter une version unique de la lutte contre le Covid-19. S’en éloigner vous expose au qualificatif de « complotiste » et vous fait sortir du cercle de la respectabilité. Après l’annonce de Roselyne Bachelot du réexamen du statut de média d’« information politique et générale » (IPG) de France Soir, des inquisiteurs modernes ont essayé, avec un certain succès, de tarir la manne publicitaire dont le site bénéficie.

Des dénonciations tous azimuts

L’OJIM a présenté dans un article du 9 septembre 2019 les Sleeping Giants, cette nouvelle ligue de vertu engagée dans la lutte contre certains médias. Leur credo : la « lutte contre la haine ». Le refus de l’immigration de masse ? c’est de la haine. Le refus de multiculturalisme ? c’est de la haine. Le refus de la dictature sanitaire imposée actuellement ? c’est de la haine. La prudence vis-à-vis des vaccins ? c’est de la haine. Chacun aura bien compris que derrière ce vocable, on peut mettre tout et souvent n’importe quoi, pourvu que ce soit fait avec conviction et surtout dans le but de nuire.

Leur technique : braquer les projecteurs sur certains médias sur les réseaux sociaux, en particulier sur Twitter, et contacter les marques qui passent de la publicité sur les médias qui leur déplaisent. Les Sleeping Giants se vantent ainsi d’avoir tari la manne publicitaire de Boulevard Voltaire et d’être intervenus notamment auprès des annonceurs de Valeurs actuelles, de C News, etc.

L’offensive sur Twitter contre France Soir

Début février, les Sleeping Giants ont fait pression auprès d’annonceurs de publicité présents sur le site de France Soir au motif fort peu argumenté que celui-ci serait « complotiste ». Qu’entendent les Sleeping Giants par le terme « complotiste » ? « relayer des fausses informations sur la pandémie Covid ». Les Sleeping Giants connaissent la vérité sur le Covid et ne supportent pas que l’on s’en éloigne. Ne cherchez pas à  savoir en quoi consiste cette vérité, vous devenez complotiste.

Plusieurs jours de suite, des annonceurs qui ont publié des publicités sur le site de France Soir ont été interpelés par un certain Antoine Debx complaisamment relayé par les Sleeping Giants : Free le 7 février Euromaster, Intermarché,  la MACIF, le 9 février, Hertz, Vinci autoroutes le 11 février, la Roche Posay le 18 février, etc.

Le 9 février, les Sleeping Giants se targuaient de la réponse de la société d’assurance MACIF qui a exclu France Soir de son « adbuy » : « France Soir ne correspond absolument pas aux valeurs de notre entreprise ». D’autres annonceurs ont pu supprimer leurs publicités sur le site de France Soir sans information particulière.

Belle promo de France inter pour les Sleeping Giants

Cette campagne de pression bénéficie de la bienveillance de nombreux médias de grand chemin. En pleine campagne contre France Soir, Sonia Devillers consacrait le 18 février l’Instant M sur France inter aux Sleeping Giants. L’auditeur est mis dans le bain dès le titre de l’émission : « attaquer les discours de haine au portemonnaie ». Les questions posées par la journaliste sont dans la même tonalité, puisque l’on est entre gens de bonne compagnie et du même camp, le camp du bien. Il s’agit à l’occasion de l’anniversaire des 4 années du collectif d’activistes de passer les plats à l’invitée anonyme membre des Sleeping Giants. Un anniversaire, ça se fête sur France inter.

L’invitée se targue que Boulevard Voltaire ne bénéficie plus de publicités, ce qui n’est plus vrai depuis que des publicités y sont publiées par des annonceurs militants. Un détail, sans doute.

Quand l’interview aborde le risque d’atteinte à la liberté d’expression, la militante des Sleeping Giants s’érige en arbitre des élégances. Certains sites ne dispenseraient pas de l’information mais publieraient uniquement des éditoriaux. Voilà qui est insupportable : émettre des opinions. Donner des tribunes à des gens qui ne pensent pas comme vous, et quand par surcroit ils bénéficient de ressources financières par la publicité, vous n’y pensez pas !

Ce (Publi) reportage consacré aux Sleeping Giants était le deuxième sur la radio publique affiliée à l’Etat français, un premier ayant été consacré deux ans auparavant à l’assèchement « des sites de désinformation, le combat sans relâche des Sleeping Giants ». Tout un programme.

La vidéo de présentation du collectif est complaisaient insérée en fin d’article sur le site de la radio subventionnée par vos impôts. En fin d’article toujours : « Thèmes associés » pour le lecteur et l’auditeur de France inter qui souhaitent aller plus loin : « société », « extrême droite », « fake news ».

Le clergé médiatique a ses dévots, Sonia Devillers en grande prêtresse complaisante. Ils bénéficient de la bienveillance de leurs maitres à penser. Et de certains annonceurs prêt à céder à n’importe quelle intimidation.

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