DE GAULLE SORTI DE L’HISTOIRE PAR LE GOUVERNEMENT ?

Publié le par Alain KERHERVÉ

DE GAULLE SORTI DE L’HISTOIRE PAR LE GOUVERNEMENT ?

Le maire de Quimperlé Michaël Quernez (comme beaucoup d’autres) a lu le message gouvernemental pour la commémoration du 8 juin 1945. J’étais présent, en tant que Conseiller municipal de Quimperlé depuis 2008 (Maire adjoint 2008-2014).

Je vous communique le contenu du message gouvernemental ainsi que la lettre que j’ai adressée à Madame Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée, précisant, sans langue de bois, la réaction de l’association « Général de Gaulle : souvenir et fidélité » que je préside.

Message à Madame Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la mémoire et des anciens combattants :

8 mai 1945. Par deux fois, l’Allemagne a signé sa capitulation sans condition. Pour l’Europe, la délivrance est là, la guerre est finie. Enfin. Après tant de souffrances et de désolations, après tant d’espérances et de luttes acharnées. Même les épreuves les plus douloureuses ont une fin. Même les tempêtes les plus dévastatrices s’achèvent.

Une joie bouleversée emplit les cœurs, les drapeaux ornent les fenêtres, les embrassades se noient dans la liesse populaire. Derrière les larmes de joie, celles de la peine affleurent. Personne n’oublie les villes ruinées, les vies dévastées, personne n’oublie que l’humanité a payé le plus lourd tribut de son histoire. Notre monde en fut à jamais changé. La Seconde Guerre mondiale est une rupture pour notre civilisation qui se sait, encore davantage, fragile et mortelle.

Soixante-seize ans plus tard, reliés par notre mémoire commune et épris de la même reconnaissance, nous nous unissons par la pensée et par notre hommage pour saluer le souvenir de celles et ceux qui ont combattu et abattu le fléau nazi.

Pour notre pays, rien ne fut simple, ce combat prit de nombreux visages et la victoire mille chemins. Malgré les ardents soldats de Montcornet(1), d’Abbeville, des Alpes, de Saumur et tous «ceux de 40», l’ombre de l’occupation, de la division puis de la collaboration a jeté son voile obscur sur la France.

Il y a 80 ans, en 1941, les flambeaux de la Résistance brillaient déjà. Le flot du refus et de l’espérance montait tandis que la répression forgeait son funeste souvenir à Chateaubriant, au camp de Souge ou au Mont-Valérien. La France libre recevait les ralliements des territoires ultramarins et poursuivait son inlassable épopée. Dans les sables de Koufra, elle nouait un pacte avec la victoire et par la voix du colonel Leclerc regardait déjà vers Strasbourg. A l’instar d’Hubert Germain, dernier des compagnons de la Libération, ce fut toute une jeunesse ardente et résistante qui refusa la défaite et l’asservissement, qui refusa de servir les desseins de l’occupant. Tous, ils ont permis à la France de s’asseoir à la table des vainqueurs.

Cela fut rendu possible par le combat acharné des armées françaises et des armées alliées, par les Forces Françaises Libres qui jamais ne cessèrent la lutte, par le dévouement des résistants de l’intérieur, par chaque Française et Français qui a refusé l’abaissement de la France et la négation de ses valeurs. Notre gratitude demeure indéfectible ».

Entendons les mots de Malraux :«Un monde sans espoir est irrespirable». La victoire de 1945 est le succès de l’espérance, mais elle est aussi l’aube d’un nouvel effort collectif pour la reconstruction, pour la paix et pour l’Europe. Hier comme aujourd’hui, face aux épreuves et aux crises du temps, la Nation française se tient debout, résiliente et espérante.

Unis et solidaire, souvenons-nous de l’adversité surmontée et de la liberté reconquise.

  1. Note d’Alain Kerhervé (http://www.gaullisme.fr/) : Dans le texte initial de Madame la ministre, il est écrit:«Moncornet».
DE GAULLE SORTI DE L’HISTOIRE PAR LE GOUVERNEMENT ?

Alain Kerhervé

 

Alain KERHERVE

Président de l’association «Général de Gaulle: souvenir et fidélité»

Conseiller municipal

2 rue Beg an hent

29300 Quimperlé

A

Madame Geneviève DARRIEUSSECQ

Ministre délégué auprès de la ministre des Armées,

chargée de la mémoire et des anciens combattants

Hôtel de Brienne

14 rue Saint-Dominique

75007 PARIS

Madame la ministre,

Dans le cadre de la commémoration du 76e anniversaire du 8 mai 1945 à laquelle j’ai participé, vous avez adressé aux Maires un message destiné à être lu lors des cérémonies.

Vous y évoquez pêle-mêle et sans aucune explication même  succincte « les ardents  soldats  de Montcornet1, d’Abbeville2, des Alpes3, de Saumur4 et tous ceux de 40 », également la France libre5». Je me permets de les rappeler en notes de bas de page.

Plus grave, vous ignorez l’Appel du 18 juin, base de départ de la RESISTANCE et vous ne citez aucune fois le général de Gaulle dans la totalité de votre message... Et pourtant, dès le 11 novembre 1940, sur les  Champs-Élysées, 3000 étudiants et lycéens ont osé braver l’occupant nazi et appelé à l’action derrière le général de Gaulle. Quand on veut s’adresser à la jeunesse, il convient de donner des exemples et de ne jamais ignorer cet acte fort, courageux, patriotique.

Si la France a pu s’asseoir à la table des vainqueurs, ce dont vous semblez  vous réjouir, elle le doit exclusivement à l’action et à la personnalité du Général malgré l’entêtement aveugle de Franklin Delano Roosevelt alors Président des États-Unis, opposé au Général dès 1940.

Ainsi, les personnes présentes aux diverses cérémonies, et je pense   notamment aux jeunes générations, n’ont pu, même dans une moindre mesure, inscrire dans  la  «mémoire collective de la France» dont vous avez le devoir de transmettre au fil des années, l’action de Charles de Gaulle de 1939 à 1945.

Nous espérons que cette carence ne s’apparente aucunement à une tentative révisionniste de notre histoire nationale du 20e siècle. Cet oubli a priori volontaire, nous le déplorons et au nom de l’association, je tiens à vous manifester notre désarroi face à tant d’omissions. Vous manquez ainsi à votre mission.

Pour notre association, il s’agit d’un message lénifiant, édulcoré, loin de traduire la réalité historique. Il vise le syncrétisme, l’amalgame pour ne déplaire à personne... à l’image de ce qui est pratiqué aujourd’hui dans le cadre de l’Histoire dans nos écoles, collèges, lycées...

Aucune référence à de Gaulle, alors que tout transpire, suinte, renvoie au Général, il faut le faire !

Pour vous, de Gaulle n’aurait-il jamais existé ? De Gaulle doit-il être banni de l’Épopée, de notre Épopée nationale ? De Gaulle n’est-il plus une référence politique et morale pour nos concitoyens ?

Bien entendu, notre association se réserve le droit de rendre public votre message et cette lettre qui seront reproduits sur son site www.gaullisme.fr afin que chacun puisse en prendre connaissance.

Malgré notre profond désappointement, je vous prie de bien vouloir agréer, Madame la ministre, ma considération citoyenne.

Le président de l’association

Alain Kerhervé

  1. La bataille de Montcornet est un épisode de la bataille de France lors de la Seconde Guerre mondiale qui s'est déroulé le 17 mai 1940 à Montcornet dans l'Aisne entre des unités de la Wehrmacht et de l'Armée française. C'est une des tentatives de contre-attaques de l'armée française, devenue célèbre parce qu'elle était commandée par le colonel Charles de Gaulle
  2. La  bataille  d'Abbeville est une bataille de la Seconde Guerre mondiale durant la bataille de France qui se déroula du 27 mai au 4 juin 1940, opposant les forces franco-britanniques aux forces allemandes
  3. La bataille des Alpes désigne l'affrontement entre la France et l'Italie en juin 1940 dans le cadre de la bataille de France lors de la Seconde Guerre mondiale.
  4. Les  combats  de  Saumur sont une série de combats, qui se  déroulèrent durant la bataille de France, en juin 1940. Elle voit la défense du fleuve de la Loire par les élèves-officiers de l'école de cavalerie de Saumur, appelés « Cadets ». Pour cette raison, les combats sont également appelés « combats des Cadets de Saumur »
  5. La France libre est le régime de résistance extérieure fondé à Londres par le général de Gaulle à la suite de son appel du 18 juin 1940, dès le 1erjuillet suivant.

Publié dans Gaullisme.fr

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