Discours de M. Marc-Antoine JAMET, Maire et Conseiller Départemental de Val-de-Reuil, Célébration de la Fête Nationale, Monument « Mémoire et Paix » - 14 juillet 2021 à 11 heures.

Publié le par Marc-Antoine JAMET

Photo Céline Jégu

Photo Céline Jégu

Chers concitoyens, chers amis,

Il y a bien des manières de célébrer la Fête de la Fédération qui, le 14 juillet 1790, commémora sur le Champ de Mars, à l’emplacement où se trouve aujourd’hui la Tour Eiffel, le premier anniversaire de la Prise de la Bastille, avant que la IIIème République naissante, près d’un siècle plus tard, en 1880, décrète que cette date symbolique serait dorénavant celle notre fête nationale offrant une journée à tous les citoyens afin qu’ils puissent montrer, qu’ils puissent prouver, par leur rassemblement et leur ferveur, leur attachement à leur pays, à leur Patrie.

Il en est une dictée par les circonstances que nous vivons depuis 18 mois. Elle est toute simple et bien agréable. Elle consiste à se retrouver ici, réellement, physiquement, ensemble dans l’enceinte de ce monument. Après avoir connu confinements et couvre-feux, avoir - tous - vécu les angoisses et les restrictions qu’imposait la situation, alors que la maladie et le deuil ont frappé certains que nous ne devons pas cesser d’aider et d’accompagner, nous voici réunis sans écran, ni caméra, comme avant, avec le Conseil Municipal que je salue, avec les habitants qui sont venus nombreux et que nous retrouverons ce soir pour un feu d’artifices qui, en présence de notre sous-préfète, depuis 14 pas de tir disséminés dans la Ville, illuminera en musique Val-de-Reuil et ses environs. Je souhaite que l’explosion de ces fusées colorées à notre firmament ne trouble pas un tout nouveau Rolivalois, Gustave Deboissy, venu agrandir, hier, la famille d’une de nos élues municipales, ni ne diffère le lancement par Jean-Claude Bourbault, vers 23 heures et cela jusqu’au 15 août de Cin’Été, notre festival de films en plein air.

Je veux que nous nous installions dans ce climat de retour à la normale et souhaite que, le 11 octobre, pour notre prochain Conseil Municipal, nous puissions, élus et fonctionnaires, tous vaccinés, tous contrôlés grâce à notre pass sanitaire, nous retrouver dans la maison commune, en mairie, dans la Salle du Conseil Municipal. Il faut pour cela évidemment la coopération de chacun. Je l’espère : ceux qui sont engagés dans la vie publique se doivent d’être exemplaires.

Je souhaite également qu’une usine qui nous est chère et dont nous sommes fiers, une usine qui est la première par sa taille du département, une usine qui est la plus grande unité de production de vaccins au monde, celle que Sanofi opère sur notre territoire, bientôt produise son propre sérum. De même, il faut que Valdepharm, qui appartient au Groupe ami Fareva, débute au plus tôt la production dont elle a obtenu la licence de fabrication de la firme CureVax. Pour que cette production s’organise rapidement et nous aide à vaincre la pandémie, non seulement dans les pays développés, mais aussi dans le reste du monde, il me semble indispensable que les brevets qui encadrent les vaccins soient, en tout ou - au moins - en large partie, libres de droits, car si on ne se vaccine pas le monde, le monde se rappellera à nous en nous envoyant chaque année un nouveau variant dont nous serons les victimes. Si, trop égoïstes, nous sommes incapables d’être les philanthropes d’une planète solidaire, soyons prudents et prévoyants.

Je le répète : la vaccination, ce n’est pas un choix, c’est une obligation de salubrité publique. La vaccination, ce n’est pas pour soi (ou pas seulement), c’est une protection pour les autres. La vaccination, ce n’est pas une option personnelle, pour un élu, pour un agent du service public, pour un citoyen engagé, c’est un devoir politique ou professionnel, c’est une exigence morale. La vaccination, ce n’est pas uniquement le moyen de mettre fin à une maladie, c’est la seule solution pour gagner une guerre mondiale et qui est l’affaire de tous. Le virus, certes, est avant tout une menace sanitaire, mais il est également porteur de récession économique, d’instabilité géopolitique et de détresse sociale. Lutter contre ce fléau doit nous mobiliser. Il y aura à la fin du mois de juillet, avant qu’un centre ouvre en septembre, probablement sur le site du stade Jesse Owens, quatre journées de vaccination au Gymnase Alphonse Allais. Inscrivez-vous. Nous vous y attendons.

Fêter ce 14 juillet et retrouver le fil de notre vie, c’est reprendre nos habitudes. Je salue donc avec un immense plaisir nos corps constitués, les grands services de l’État présents à Val-de-Reuil et dont les représentants sont au rendez-vous de cette cérémonie, le centre de détention auquel j’ai promis d’animer un débat avec les détenus concernés sur la laïcité et la radicalisation, le bassin d’essais des Carènes, pièce centrale d’un dispositif militaro-industriel que la conjoncture internationale rend de plus en plus essentiel, notre police municipale considérablement renforcée en moyens humains, en matériels et en caméras pour mieux capter les plaques des véhicules en infraction, surveiller la galerie Vivaldi, étendre notre réseau de vidéo-vigilance et relayer les 300 caméras que va installer IBS dans ses immeubles. Pour qu’une ville française célèbre sereinement la fête nationale, il faut que ses habitants se sentent en sécurité. Nous y travaillons.

Je n’ai pas parlé de la police nationale. C’est à dessein. Je voudrais saluer une jeune femme qui est au premier rang, comme toujours, de cette manifestation patriotique. Elle va, hélas, nous quitter. Non pas parce qu’elle aurait failli, mais, au contraire, parce qu’elle est promue, parce qu’elle est félicitée, parce qu’elle est récompensée. A plusieurs reprises et encore à Roubaix, pour l’inauguration du Centre Jean Arnault, vendredi dernier, j’ai pu souligner, devant le Ministre de l’Intérieur, alors qu’il me confirmait l’arrivée, en septembre, à Val-de-Reuil de 6 policiers promis, en complément des dix qui nous ont déjà rejoints, les qualités exceptionnelles de cette fonctionnaire de Police.

Il s’agit de la Commissaire Alexandra Capogna, cette jeune femme de Villeurbanne avec laquelle - je crois pouvoir parler au nom de Dominique Lego, Julien Tristant et Mickaël Bouttier - nous avons travaillé en parfaite intelligence, en complicité, en efficacité, facilement et au quotidien. Elle part dans les Yvelines, pour Plaisir. Avant son départ et, pour qu’elle ne nous oublie pas, nous lui remettrons la médaille de la Ville. Je serai avec le Préfet de l’Eure au Commissariat, la semaine prochaine, pour la cérémonie amicale au cours de laquelle nous lui dirons au revoir.

Photo Céline Jégu

Photo Céline Jégu

Si je salue nos forces de police, que je respecte et que je soutiens, à travers leur chef, je ne veux pas oublier ceux qui sont aussi les piliers de Val-de-Reuil : ses instituteurs et professeurs. Non pas pour redire, après Catherine Duvallet, hier, au Conseil Municipal, que nous dépenserons près d’un million d’euros pour l’amélioration de nos écoles cet été, comme chaque année, ni que le chantier d’un nouveau groupe scolaire de 13 millions d’euros qui s’appellera Victor Hugo, nom assez commun disent certains, mais qui est juste celui du plus grand écrivain français, est bien engagé, même si cela serait, dans les deux cas, la plus exacte vérité, mais pour citer à l’honneur de la commune trois femmes qui en ont bien mérité : Agnès Anver du Pivollet, Nathalie M’Bongo Mbappe de Coluche et Christine Desbois de Léon Blum. Avec José Vidal, Yves Jezequel, Florence Lebras, instituteurs qui partent à la retraite eux aussi après bien des années passées dans notre commune, elles ont veillé sur nos enfants en dirigeant admirablement nos écoles. Je les en remercie très vivement. Notre partenariat a été remarquable, parce qu’elles étaient dévouées, engagées, mobilisées, ne comptant ni leur temps ni leurs efforts, au service de la commune et de ses enfants. Combien d’entre eux leur doivent leur réussite ? On ne saurait les compter. Mais, plus collectivement, il faut leur dire notre reconnaissance pour la part que ces fonctionnaires de l’éducation nationale ont su prendre dans la construction du vivre-ensemble rolivalois, ce miracle, dont nous profitons tous. Je sais que la plupart d’entre eux, en habitants ou en militants de la Ville, ne couperont pas ce lien.

Fêter la Nation, c’est aussi, par tradition, fêter son armée qui défile chaque 14 juillet sur la « plus belle avenue du monde » et nous guetterons les quatre pompiers eurois qui auront le privilège ce matin d’arpenter le pavé des Champs-Élysées. Ils sont les ambassadeurs de leurs collègues que nous remercions pour leur professionnalisme et leur courage. Le Président de la République, en annonçant le passage de Barkhane à Takuba, a sonné l’heure du repli et c’est inquiétant. Le rôle de nos militaires, pendant 8 ans, n’a pas été simple au Niger, au Mali, au Burkina. Ils ont su contenir le terrorisme, l’intégrisme et le fanatisme, empêcher qu’il déferle sur l’Europe, s’enracine en Afrique. Ils ont pour cela payé le prix du sang. En regardant flotter les drapeaux que tiennent solidement nos anciens combattants, il faut penser aux 8 officiers, 20 sous-officiers et 27 soldats, marins ou aviateurs qui ont perdu la vie au Sahel pour faire reculer la barbarie et protéger notre pays, ses alliés, ses amis.

Le monde que nos enfants apprennent à connaitre est violent en Birmanie, au Soudan, en Haïti, en Syrie, en Ukraine, au Moyen-Orient. Il voit s’affronter les géants d’hier, États-Unis et Russie, auxquels s’additionnent ceux de demain, l’Inde et la Chine qui sera la grande puissance du temps qui vient. Que de menaces ! Il faudra lutter dans l’espace et contre les cyberattaques. Il faudra contenir les extrémismes et les populismes. Les missions seront plus dures et plus complexes. C’est le testament que nous laisse le Général Lecointre, chef d’État-Major, admirable soldat issu d’une lignée de militaires et qui s’en va, dernier officier à avoir mené à la tête de ses hommes, une charge à la baïonnette pour reprendre en Bosnie-Herzégovine un pont dont les Serbes avaient chassé avec mépris les casques bleus français. Comme lui, nos militaires risquent leur vie pour protéger les nôtres. Nous leur devons notre hommage.

J’ai dit qu’il y avait bien des manières - plus pacifiques - de célébrer la fête nationale. En commémorant, par exemple, la naissance d’un écrivain juif et homosexuel, Marcel Proust, né le 10 juillet 1871 qui fit de Cabourg, en Normandie, le Balbec de la Recherche du Temps Perdu et permit à la France d’offrir un monument à la littérature mondiale. Nous fêterons également cette année le bicentenaire de la naissance de Flaubert, le plus grand des romanciers Normands, qui vit le jour à Rouen et mourut à Canteleu, de Baudelaire, le poète des couleurs et des parfums. Nous leur donnerons la place qu’ils méritent en les affichant dans nos écoles à la rentrée, où ils rejoindront La Fontaine, le plus grand des fabulistes, né il y a quatre cents ans, le 8 juillet 1621. Fêter un pays, c’est fêter sa culture, sa langue et ses traditions et nous sommes une ville de culture.

C’est aussi fêter son histoire et, pardonnez-moi de vous plonger dans mon intimité, je n’en suis pas revenu que le service public de l’audiovisuel, France 2 pour être précis, choisisse deux royalistes bon teint ou assimilés pour évoquer, hier soir, la grande Révolution et ses héros, ramenant tout à un fleuve de sang et de boue, faisant des conventionnels un cortège de maniaques et de détraqués, niant l’héritage immense d’une période dont nous sommes pourtant les enfants. Ce n’est pas notre manière de faire. Nous avons donc eu raison, pour le 150ème anniversaire de sa mort, de fêter, en une suite de tableaux reprenant ses hauts faits, Napoléon, sur la voie Blanche, ses ombres et sa grandeur, sans aveuglement, sans anachronisme. Nous aurions dû, sans angélisme, sans complexe, faire de même avec la Commune de Paris un siècle et demi après que les Versaillais l’ont conduit au tombeau, nous qui en abritons le drapeau d’un bataillon sur les murs de la salle du Conseil Municipal. Je ne suis pas pour les statues qu’on déboulonne et les rues qu’on débaptise. Je suis pour qu’on explique et qu’on analyse. Je ne suis pas pour que l’on cache, mais je veux qu’on éclaire.

Nous aurions même pu - dans notre commune davantage que dans une autre - pour nous en souvenir et nous en inspirer être plus attentifs aux 25 ans de la mort du 4ème Président de la Vème République, aux 50 ans de la fondation de son parti à Épinay et aux 40 ans de son accession au pouvoir, le 10 mai 1981. Peut-être nous serions-nous alors rappelés, sans tomber dans le tout idéologique, que l’abolition de la peine de mort, la liberté de l’audiovisuel, la baisse de la durée du temps de travail et la 5ème semaine de congés payés, j’en passe et des plus importants encore, ne sont pas tout à fait la même chose, politiquement, que le recul de l’âge de la retraite, la baisse de l’indemnisation du chômage, la suppression de l’ISF et la gestion de la future prestation dépendance par les assurances privées. À l’aube d’une année électorale, une comparaison entre 1981 et 2021 pourrait avoir une certaine utilité. C’est pourquoi, si le parti qui les représente est affaibli, il faut une voix forte, pourquoi pas une voix féminine, pour porter ses idées.

Nous, ici, forts de la crédibilité que nous donnent, scrutin après scrutin, les élections, seules sources de légitimité démocratique, nous continuerons à faire vivre, la promesse républicaine pour combattre la pauvreté, la violence et l’injustice, pour instaurer une véritable solidarité entre les générations et les classes sociales, pour veiller à l’absolue égalité qui doit exister entre tous quels que soient les races, les origines ou le sexe, pour faire vivre une laïcité qui respecte les religions, mais ne reconnaît aucun culte, pour consolider le service public, la « propriété de ceux qui n’en ont pas ». Nous le ferons avec notre sincérité et nos repères. Ils restent ceux d’une Gauche écologique et sociale-démocrate, hostile à l’impôt quand il écrase et favorable à la liberté d’entreprendre quand elle libère la croissance et l’emploi, avec nos principes éternels - je n’en ai pas trouvé de meilleurs - la justice sociale et l’égalité des chances, au nom d’une identité et d’une indépendance, les nôtres, celles de notre Ville, celles de Val-de-Reuil et de ses habitants, que nous défendons, au nom de notre diversité et notre modernité, par l’efficacité et dans l’exemplarité.

Vive Val-de-Reuil,

Vive la République,

Vive la France.

M. Marc-Antoine JAMET,

Maire et Conseiller Départemental de Val-de-Reuil

Célébration de la Fête Nationale

Monument « Mémoire et Paix » - 14 juillet 2021 à 11 h.

Publié dans VAL DE REUIL

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

BILLET 23/07/2021 10:57

oui , sur bien que la vie change ,très vite , regarder derrière soit pur certain prends trop de temps ,voire réflexion !!!