HOMMAGE À BERNARD FRAU

Publié le par Jean-Olivier DINAND

HOMMAGE À BERNARD FRAU

Récemment, j’ai déjeuné chez Bernard et Ginette. Bernard était bien, éveillé, s’exprimant clairement. Puis au milieu du repas, Ginette étant à la cuisine, Bernard me sort cette phrase d’un ton sérieux mais inquiet :

  • Après la Mort, c’est la fin, on disparait, on ne sert plus a rien ?!!

Son ton mi-interrogatif me conforte, Bernard à la Force et l’Envie de partir dans une de ces discussion philosophique qu’il maniait si bien.

Je lui rétorque que au contraire, on devient quelque chose d’autre, on se transforme. On nourrit la terre, les racines des plantes, on fait partie intègre avec Force et Vigueur du Biotope de la Vie. On renait comme dans un rite de passage dont on ne connait pas le devenir. Il faut avoir confiance aux plans de l’Architecte que nous formons tous.

  • Mais l’Âme n’existe pas ! 

Alors pourquoi continuons nous à penser à nos disparus, ils continuent à nous guider sans que nous ne nous en apercevions. L’autre jour j’ai même fait le numéro de téléphone de ma Mère, çà fait dix ans qu’elle s’est endormie ! 

Nous ne sommes que des particules d’énergie de l’infiniment petit à l’infiniment grand et le frétillement Cosmique ne s’arrête jamais… Au contraire.

Je lui cite enfin Saint Exupéry, la disparition du Petit Prince. Comme les grains de sable nous continuons tous à briller, plus ou moins, dans la multitude d’étoiles du firmament. Nous sommes chacun de nous un brandon de la Création. ” Rien ne meurt, tout est vivant. ”

– Tu regarderas, la nuit, les étoiles. C’est trop petit chez moi pour que je te montre où se trouve la mienne. C’est mieux comme ça. Mon étoile, ça sera pour toi une des étoiles. Alors, toutes les étoiles, tu aimeras les regarder… Elles seront toutes tes amies. Et puis je vais te faire un cadeau…

Il rit encore.

– Ah ! petit bonhomme, petit bonhomme j’aime entendre ce rire !

– Justement ce sera mon cadeau… ce sera comme pour l’eau…

– Que veux-tu dire ?

– Les gens ont des étoiles qui ne sont pas les mêmes. Pour les uns, qui voyagent, les étoiles sont des guides. Pour d’autres elles ne sont rien que de petites lumières. Pour d’autres, qui sont savants, elles sont des problèmes. Pour mon businessman elles étaient de l’or. Mais toutes ces étoiles-là se taisent. Toi, tu auras des étoiles comme personne n’en a…

– Que veux-tu dire ?

– Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j’habiterai dans l’une d’elles, puisque je rirai dans l’une d’elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles. Tu auras, toi, des étoiles qui savent rire !

Et il rit encore.

– Et quand tu seras consolé (on se console toujours) tu seras content de m’avoir connu. Tu seras toujours mon ami. Tu auras envie de rire avec moi. Et tu ouvriras parfois ta fenêtre, comme ça, pour le plaisir… Et tes amis seront bien étonnés de te voir rire en regardant le ciel. Alors tu leur diras : « Oui, les étoiles, ça me fait toujours rire ! » Et ils te croiront fou. Je t’aurai joué un bien vilain tour…

Et il rit encore.

– Ce sera comme si je t’avais donné, au lieu d’étoiles, des tas de petits grelots qui savent rire…

Et il rit encore.

Puis il redevint sérieux :

– Cette nuit… tu sais… ne viens pas. Je ne te quitterai pas. J’aurai l’air d’avoir mal… j’aurai un peu l’air de mourir. C’est comme ça. Ne viens pas voir ça, ce n’est pas la peine…

– Je ne te quitterai pas.

Mais il était soucieux.

– Je te dis ça… c’est à cause aussi du serpent. Il ne faut pas qu’il te morde… Les serpents, c’est méchant. Ça peut mordre pour le plaisir…

– Je ne te quitterai pas. 

Bernard tu seras toujours présent dans nos cœurs et dans notre mémoire.

Ginette tu peux être fière de t’être dévouée jusqu’au bout à ton Bernard, comme dans La Flute Enchantée de Mozart, vous étiez… Un exemple d’Amour.

Je quittais alors un Bernard paisible et détendu.

MOZART - Air de SARASTRO 

Ô Isis et Osiris

Isis, c'est l'heure où sur la Terre

Un jeune couple attend ta loi

Montre à leurs yeux, déesse austère

La vérité qui brille en toi,

La vérité qui brille en toi.

Et Vous guidez leur âme neuve

Dans les périls de chaque épreuve

Que dans la lutte - Rien n'émeuve

Leurs jeunes cœurs exempts d'effroi.

Leurs jeunes cœurs exempts d'effroi.

Jean-Olivier Dinand 

Publié dans LA PENSÉE DU JOUR

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