ÉTÉ 2021 : UNE CRISE MIGRATOIRE EN MODE DISCRET DANS LES MÉDIAS DE GRAND CHEMIN (3/3)

Publié le par Observatoire Du Journalisme

ÉTÉ 2021 : UNE CRISE MIGRATOIRE EN MODE DISCRET DANS LES MÉDIAS DE GRAND CHEMIN (3/3)
La conquête de l’Afghanistan par les islamistes et ses répercussions en France

 

En ce 16 août, il était difficile de passer à côté de l’information sur la prise de la capitale afghane Kaboul par les islamistes et la ruée de nombreux Afghans à l’aéroport de la ville.

Il est utile de rappeler que parmi les observateurs des mouvements géopolitiques, le magazine américain Time annonçait en 2001… la fin des Talibans. A quelques jours du vingtième anniversaire du 11 septembre 2001, ils sont désormais pratiquement maîtres du pays et pourront tout à loisir favoriser le terrorisme et autres trafics nuisibles à l’Europe.

Très rapidement, le ban et l’arrière ban de la gauche monte au créneau pour que la France ouvre très largement la porte aux Afghans. Martine Aubry ouvre le bal. France bleu nous apprend le 9 août que la maire de Lille lance un appel aux dons pour accueillir dans la ville qu’elle dirige des réfugiés afghans. Elle est suivie par d’autres maires de grandes villes, ce qui amène Sud Radio lors du journal matinal du 17 août à faire une généralisation tant hâtive que tendancieuse sur la « pression » qui monterait sur le gouvernement.

A-t-on demandé aux Français leur avis à ce sujet et sont-ils d’accord pour que cette pression de quelques maires aboutisse à ouvrir encore et toujours plus les frontières déjà poreuses de la France ? Rendez-nous Bercoff ! ne peut-on s’empêcher de penser en ce triste été.

Le 11 août, la radio affiliée à l’Etat français France culture consacre un débat à 7h40 sur l’avenir de la population afghane. Sans surprise, « l’esprit d’ouverture » tant vanté sur la radio trouve une illustration dans la position unanime des intervenants plaidant pour l’ouverture des frontières de notre pays aux migrants afghans. Un bel unanimisme comme le service public de radiodiffusion nous a habitué. Pour « l’esprit de contradiction » et de pluralisme, il faudra voir ailleurs.

Après l’intervention du président de la République le 16 août sur la situation en Afghanistan, c’est la soupe à la grimace à gauche. Emmanuel Macron n’a pas eu le courage de dire qu’il allait accueillir massivement des Afghans, alors que c’est déjà le cas, comme le souligne un article du 13 août de Breizh Info : on y apprend notamment que les Afghans sont la nationalité la plus représentée parmi les demandeurs d’asile en France. L’article présente les prévisions d’un travailleur humanitaire allemand sur l’arrivée possible de 3 millions d’Afghans en Europe. Excusez du peu.

La gauche morale n’a pas de mots assez durs pour condamner les rares paroles du président de la République restrictives vis-à-vis de l’immigration clandestine. Un journaliste de l’Equipe souligne sur Twitter l’absence d’objectifs chiffrés de personnes accueillies pris par la France, contrairement aux Etats-Unis et au Canada.

Le porte-parole du gouvernement se sent rapidement obligé de déclarer que « la France accueillera comme chaque année des milliers d’Afghans », nous apprend le Parisien le 18 août.

On peut ainsi constater l’hégémonie culturelle de la gauche : quand les critiques de la politique migratoire du gouvernement viennent de la droite, comme à propos du clandestin rwandais non expulsé, les ministres dénoncent une « récupération ». Quand les critiques viennent de la gauche, le porte-parole du gouvernement se justifie en conférence de presse en indiquant que l’immigration continuera de plus belle.

Pour comprendre les enjeux de la conquête d’une grande partie de l’Afghanistan par le Talibans, la chaine Arte a diffusé en ce mois d’août une présentation d’un reportage d’une incroyable complaisance sur ces islamistes rétrogrades. Le Tweet de la chaine expliquant qu’« il y a beaucoup d’idées fausses sur les Talibans » et le clip de présentation du reportage ont vite été supprimés par la chaine. Pour ceux qui l’ont vu avant sa suppression, cette tribune donnée aux arguments des obscurantistes, sans aucune mise en perspective, donne un grand sentiment de malaise.

Dans les médias alternatifs et étrangers, l’information est souvent beaucoup plus incisive au sujet du coup d’Etat des Talibans.

Sur Twitter, un ancien Frère musulman, Mohamed Louizi, consacre un « thread » (fil) aux enjeux de la prise de pouvoir par les islamistes en Afghanistan. Il ne cache pas les dangers pour la France d’une large ouverture des frontières aux Afghans.

Un journaliste de la chaine américaine NBC illustre par l’image le fait que des prisonniers afghans ont été libérés par les Talibans. On attend toujours un reportage à ce sujet des médias français pour nous indiquer si ces délinquants se dirigeront ou non vers la France dont des maires généreux ont proclamé leur volonté d’accueillir des migrants.

Peu importe que, comme le soulignent 6 ministres des affaires étrangères de pays européens cités par Le Monde, près de 570.000 Afghans ont déposé une demande d’asile dans les pays de l’Union européenne depuis 2015. Le déplacement des peuples est la nouvelle idéologie en vogue chez les progressistes.

Peu importe que, comme le souligne une étude du Pew research center réalisée en 2013 et présentée notamment par La Croix, l’immense majorité des Afghans est favorable à l’application de la charia et des préceptes les plus rigoureux de l’islam. Peu importe l’éloignement géographique et culturel entre l’Afghanistan et la France, et les nombreux problèmes auquel notre pays surendetté est confronté.

Peu importe, comme le souligne Ville inclusive, que près de 33% des Sans domicile fixe soient de nationalité étrangère.

Pourtant, si jusqu’à la prise de Kaboul par les Talibans, la crise migratoire a été couverte en mode discret dans les médias de grand chemin, de nombreux indicateurs montraient que la situation était au rouge bien avant cet événement.

L’agence de presse Reuters indiquait notamment dans un article du 12 août que Frontex avait observé une augmentation de 59% des entrées illégales en Europe depuis le début de l’année par rapport à 2020. Un député hongrois soulignait le même jour au site d’information Remix news que près de 100.000 migrants était en chemin sur la route de Balkans.

Le ministre de l’intérieur italien déclarait quant à lui le 18 août, selon le site Breitbart Europe, que son pays avait fait face à une augmentation de 128% du nombre de migrants arrivés à fin juillet 2021 sur les côtes italiennes par rapport à 2020, un nombre qui atteint 50.000…

Peu importe, on aura compris que, pour la gauche et une grande partie des médias de grand chemin, l’heure était, pour reprendre les termes de Christophe Guilluy, à afficher ses signes extérieurs de richesse morale.

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