CHASSER, CETTE TRADITION QU’ON NE SAURAIT VOIR !

Publié le par Valentin DENIAU

CHASSER, CETTE TRADITION QU’ON NE SAURAIT VOIR !

Vilipendée par la gauche écolo-bobo et désapprouvée par près de 80% de la population française, la chasse est en grand danger. Il faut dès lors rappeler qu’en plus d’être une tradition séculaire, la chasse permet d’appréhender avec justesse le rapport de l’homme à la nature.

La campagne présidentielle sera l’occasion pour EELV et autre bienfaiteur de la cause animale de taper une fois encore sur les chasseurs. Le monde rural et ses traditions enracinées sont devenus la bête noire des bien-pensants qui ne cachent plus leur haine et leur mépris pour cet art de vivre profondément français.

À en croire les écologistes, le puissant lobby de la chasse a de quoi inquiéter toutes les belles âmes en quête de justice animale. La réalité est toute autre. Les chasseurs sont aujourd’hui abandonnés et décriés à tous les niveaux de la société : les politiques, les citadins, les artistes (cela va de soi) et les ruraux eux-mêmes. Il faut dire que leur nombre (environ un million de licenciés) peut paraître important ; il est cependant à relativiser car il décroît d’année en année et représente finalement moins de 1,4% de la population. Pourtant, à en croire Le Monde, ce nombre est important car il est supérieur à celui des tennismen et des golfeurs licenciés. Avec une telle comparaison, on peut aussi ajouter qu’ils sont supérieurs aux licenciés de l’héliport de Courchevel.

Les chasseurs sont des boucs émissaires intéressants pour les démagogues surfant sur la vague animaliste venue tout droit du pays de l’oncle Sam. En effet, leur modeste nombre combiné à leur isolement rural en fait une cible idéale, car faible et inapte à la défense. Les chasseurs souffrent de cette image répugnante du campagnard malavisé dépourvu d’humanité. Pourtant, la composition sociologique des chasseurs est de plus en plus variée, avec une nette augmentation du nombre de femmes chasseuses.

Déçus par l’évolution des pratiques qui ne collent plus vraiment au cliché du cul-terreux assoiffé de sang, les détracteurs de la chasse se tournent désormais vers la bonne vieille lutte des classes –leur point Godwin en somme– en accusant la chasse d’être une « activité de CSP+ ». Pourtant, d’après l’étude menée en 2015 par le cabinet de conseil BIPE, seul un chasseur sur trois serait cadre supérieur. Mais qu’importe pour le chef de file EELV Julien Bayou qui, au micro de France Info, enchaîne sa diatribe anti-chasse avec le classique mais imparable argument des féminicides : « On sait aussi que cela dégénère en féminicide quand une personne qui a une arme la retourne contre sa femme ou son ex ».

Cet argument peine à convaincre, car plus de la moitié des féminicides se déroulent en zone urbaine et notamment en banlieue. Le candidat à la présidentielle Yanick Jadot ne cache pas non plus son désir de « sortir de la chasse » en reprenant les mêmes arguments. Pourquoi donc regarder les chiffres : l’idéologie se moque bien des faits (Sandrine Rousseau ne dira pas le contraire). Se souciant peu des contradictions, tous les arguments sont bons pour anéantir la chasse et les chasseurs, à la fois jugés trop bourgeois ou trop prolétaires. Il faut satisfaire un élan populiste – près de quatre Français sur cinq sont opposés à la chasse d’après Ipsos – tout autant qu’un mépris de classe à la fois idéaliste et disons-le, profondément incompétent sur la question cynégétique.

La chasse

ou l’union concrète de l’homme à la nature

La chasse est l’un des derniers symboles qui unit l’homme et la nature, union cependant difficile à concevoir pour un citadin qui ne conçoit la nature qu’à travers des fantasmes culturels poussés (une fois de plus) par une américanisation des esprits. Bambi n’est plus perçu comme une histoire mais, comme un documentaire animalier écologiste. Le plus noble des combats serait donc de sauver Bambi et de tuer le chasseur. L’animal devient l’égal de l’homme, et celui-ci ne peut donc plus rien envers celui-là. Cet anthropomorphisme de l’animal conduit inévitablement à altérer le jugement de beaucoup sur la juste relation entre l’homme et l’animal. Or les chasseurs nous apprennent précisément qu’il existe une séparation notoire et indépassable entre l’homme et l’animal : l’animal vit d’instinct tandis que l’homme vit d’histoire.

Le chasseur démontre encore l’existence d’un contrat moral entre l’homme et l’animal fondé sur un échange : l’animal nous donne sa viande en échange d’une mise à mort digne. Car homme et animal ne sont pas d’égale dignité : l’animal n’a pas de droits, mais l’homme a des devoirs envers lui. L’animal est ainsi remis à sa juste place dans la hiérarchie naturelle, sous la bienveillance de l’homme, seul être sur terre doué de jugement.

La gauche se leurre encore quand, en critiquant la chasse, elle rêve à l’abolition des relations de prédation. « Dans la nature, le loup ou le renard ne sont pas gentils ! En vérité, la nature est brutale parce qu’elle est réelle » confiait Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs dans le Figaro en 2020. Preuve encore que les écologistes n’aiment pas la nature, et qu’ils rêvent de l’abolir.

Si la chasse est un droit populaire acquis à la Révolution, elle demeure aujourd’hui menacée par une partie de la classe politique et des associations militantes. L’avenir nous dira si les efforts fournis par la Fédération nationale des chasseurs pour moderniser la pratique porteront leurs fruits : campagnes sur les réseaux sociaux, influenceuses jeunes et jolies, etc. Reste qu’il faudra une volonté politique très ferme pour préserver cette antique tradition.

CHASSER, CETTE TRADITION QU’ON NE SAURAIT VOIR !

Valentin Deniau 

https://twitter.com/valentin_deniau

Publié dans LIBERTÉ D'EXPRESSION

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article