LA BARBARIE ÉCOLOGISTE

Publié le par Guy Millière

LA BARBARIE ÉCOLOGISTE

Le discours écologiste avance en France. Plusieurs grandes villes en 2020, ont basculé du côté d’Europe Ecologie les Verts, et pas des moindres : Strasbourg, Lyon, Bordeaux. Grenoble avait déjà un maire écologiste. A Paris, Anne Hidalgo n’appartient pas à un mouvement écologiste, mais en voyant les ravages qu’elle inflige à la ville, les mouvements écologistes devraient lui faire une place d’honneur.

 

Et il semble donc, au vu de leur vote, que de nombreux Français trouvent du charme aux coulées de béton destinées à asphyxier la circulation, à la “piétonnisation” de quartiers entiers, si agréable pour les handicapés physiques, aux pistes cyclables démesurées et souvent désertes, et aux embouteillages permanents.

L’hostilité obsessionnelle au gaz carbonique et l’idée tout aussi obsessionnelle que “l’atmosphère se réchauffe à cause des activités humaines” ont conduit à l’idée corollaire qu’il faut commencer à “sortir du nucléaire”, et la centrale de Fessenheim a été arrêtée…

Des investissements ont été faits par milliards d’euros dans les énergies renouvelables, qu’il vaudrait mieux appeler énergies intermittentes, car les éoliennes sans le vent sont juste des moyens de défigurer le paysage et de tuer des oiseaux, et les panneaux solaires sans soleil sont inutiles. La production de gaz et de pétrole de schiste a été bannie il y a une dizaine d’années, ce qui n’arrange rien.

Les résultats nocifs de tout cela commencent à apparaitre.

Des effets de pénurie se font jour. La loi de l’offre et de la demande vient rappeler son existence et c’est une loi qu’aucun écologiste ne peut abolir (les régimes communistes ont essayé, mais le moins qu’on puisse dire est que cela n’a pas donné des résultats mirifiques).

Les Français séduits par le discours écologiste trouvent sans doute, s’ils sont conséquents avec eux-mêmes, agréable de payer le gaz naturel cinquante pour cent plus cher qu’il y a un an, et trouveront très agréable aussi de payer un prix plus haut encore dans quelques mois.

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Ceux d’entre eux qui ont des véhicules automobiles seront heureux de voir que, dans quelques années à peine, ils devront mettre leur véhicule à la casse, car il n’aura plus l’autorisation de circuler. Il leur restera la marche à pied, le vélo, très bon pour la sante les jours de pluie et de neige, ou les transports collectifs s’ils existent.

Ils pourront se consoler en constatant qu’il y a des pays en Europe où c’est pire qu’en France. Au Royaume-Uni, il y a pénurie de gaz, et la pénurie de gaz conduit à la fermeture d’entreprises et à des pénuries diverses. Il y a même des pénuries de carburant, car les carburants anciens sont remplacés à marche forcée par des carburants devant contenir dix pour cent d’éthanol (censés être “meilleurs pour l’environnement”). En Allemagne, grâce à la merveilleuse Angela Merkel, qui a fermé toutes les centrales nucléaires du pays et voulu les remplacer par des éoliennes, il a fallu réouvrir des centrales thermiques, et certaines de celles qui fonctionnent au gaz ont des difficultés.

Les prix de l’électricité s’envolent sur tout le continent européen. L’hiver va venir, et les plus pauvres, qui ont déjà des difficultés financières, vont en avoir davantage lorsqu’il leur faudra payer de quoi chauffer leur domicile.

L’écologisme recrée de la rareté dans des sociétés où il y a eu, pendant des années, de l’abondance.

Il paupérise des sociétés riches et y condamne les pauvres à être plus pauvres.

Il détruit la liberté de choisir et de circuler et la qualité de vie partout où il s’applique.

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Il repose sur des peurs infondées, mais disséminées par une propagande intensive. Les Gaulois avaient peur que le ciel leur tombe sur la tête. Les Français et d’autres Européens aujourd’hui sont nombreux à avoir peur du réchauffement global anthropique.

Seuls ceux qui ont de la mémoire se souviennent du trou dans la couche d’ozone dont nul ne parle plus aujourd’hui (bien que le fréon, que certains voulaient éliminer, soit toujours utilisé), et des prévisions apocalyptiques faites par des imposteurs il y a quatre ou cinq décennies : les imposteurs donnaient des dates et annonçaient des cataclysmes. Les dates sont dépassées depuis longtemps. Les cataclysmes n’ont pas eu lieu. Les dates ont été reportées dans le futur. Les cataclysmes annoncés aussi.  “il nous reste quelques années avant que ce soit irréversible”, disaient-ils, et ils soulignaient dans les années 1990 que la fin du monde aurait lieu alentour de 2005. La nouvelle date est 2030. En 2030, elle sera sans doute située alentour de 2050. Il y a des climatologues sérieux, et des livres pertinents sur le sujet, mais leur impact est limité : en France ceux de Christian Gérondeau et de François Gervais. J’ai moi-même publié, avec Max Falque, un livre appelé Ecologie et liberté. Les imposteurs ont toujours, médiatiquement le dessus.

Ce doit être dit. L’écologisme est un dogme imperméable a la connaissance, et le seul véritable cataclysme est l’écologisme mis en œuvre.

Comme le discours communiste ne marchait plus, et que la rengaine parlant l’exploitation de l’homme par l’homme s’était brisée avec la mise au jour des cent millions de morts dus au léninisme, il fallait un discours de rechange pour accuser le capitalisme et le développement, et la rengaine parle maintenant de l’exploitation de la nature par l’homme, ce qui permet de poursuivre la destruction enclenchée par le discours communiste.

La civilisation occidentale a survécu au communisme (quand bien même celui-ci n’est pas tout à fait mort). Survivra-t-elle à l’écologisme ?

L’Europe va très mal, et sombre.

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L’adhésion à l’écologisme est une cause majeure de son naufrage.

Les Etats-Unis étaient, pour l’heure, moins atteints.

L’administration Biden entend s’efforcer de rattraper l’Europe.

La civilisation occidentale a été confrontée à diverses barbaries et les a surmontées.

J’ose espérer qu’elle surmontera la barbarie écologiste.

© Guy Millière pour Dreuz.info.

ON LESSIVE LE CERVEAU DES FRANÇAIS

Guy Millière, (spécialisation : économie, géopolitique). Titulaire de trois doctorats, il est professeur à l'Université Paris VIII Histoire des cultures, Philosophie du droit, Économie de la communication et Maître de conférences à Sciences Po, ainsi que professeur invité aux Etats-Unis. Il collabore à de nombreux think-tanks aux États-Unis et en France.

Expert auprès de l’Union Européenne en bioéthique, Conférencier pour la Banque de France. Ancien visiting Professor à la California State University, Long Beach.

Traducteur et adaptateur en langue française pour le site DanielPipes.org. Editorialiste à la Metula News Agency, Israël Magazine, Frontpage Magazine, upjf.org. Membre du comité de rédaction d’Outre-terre, revue de géopolitique dirigée par Michel Korinman. Rédacteur en chef de la revue Liberalia de 1989 à 1992

Il a participé aux travaux de l'American Entreprise Institute et de l'Hoover Institution. Il a été conférencier pour la Banque de France,

Il a participé à l'édition d'ouvrages libéraux contemporains comme La constitution de la liberté de Friedrich Hayek en 1994 dans la collection Liberalia, puis dans la collection « Au service de la liberté » qu'il a créée aux éditions Cheminements en 2007. Il a également été rédacteur en chef de la revue éponyme Liberalia de 1989 à 1992.

Il a été vice-président de l'Institut de l'Europe libre ainsi que Président et membre du conseil scientifique de l'Institut Turgot. Il fait partie du comité directeur de l'Alliance France-Israël présidée par Gilles-William Goldnadel.

Il est l'auteur de plus d'une vingtaine d'ouvrages.

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