LIBRE PENSÉE OU PENSER LIBREMENT PAR GABRIEL RASPAIL : LE CALIFE… ET L’HISTOIRE DES HOMMES

Publié le par Gabriel RASPAIL

LIBRE PENSÉE OU PENSER LIBREMENT PAR GABRIEL RASPAIL : LE CALIFE… ET L’HISTOIRE DES HOMMES

LE CALIFE… ET L’HISTOIRE DES HOMMES

Un jour le Calife fit venir son fils et lui dit : « Mon fils je suis très vieux et très fatigué, j'ai beaucoup guerroyé autour de mon empire, j'ai beaucoup travaillé pour mon empire, j'ai beaucoup voyagé à travers mon empire et, aujourd'hui même je vais mourir. Dieu soit béni, je sais que tu es digne de me succéder. Cependant, je voudrais te faire part d'un grand regret que j'ai. J'aurais, certainement, été un bien meilleur souverain si j'avais connu l'histoire des hommes... ».Et sur ce il mourut.

Le nouveau Calife fit venir le Vizir Azem et lui ordonna de chercher et réunir les meilleurs historiens du royaume afin qu'ils écrivent l'histoire des hommes. Ce fut fait et pendant que le Calife guerroyait pour défendre et accroître l'empire, les historiens se retirèrent au sommet d'une montagne pour rédiger l'histoire des hommes.

Vingt ans après une caravane sans fin arrivait. Les historiens étaient de retour. Ils étaient suivis par soixante éléphants, cent cinquante dromadaires et deux cents mules qui portaient des centaines, des milliers de manuscrits tous magnifiquement reliés : l'histoire des hommes. Le Calife les reçut en son palais, les remercia chaleureusement et leur dit : « Mes amis, nos ennemis nous attaquent de tous côtés et je ne quitte plus ma cuirasse. Je suis dans l'incapacité totale de lire autant de magnifiques ouvrages. Pourriez-vous me rédiger quelque chose de plus concis ? ». Les historiens se retirèrent dans le delta, au bord du fleuve et se remirent au travail…

Dix ans plus tard, ils étaient de retour, suivis de dix chevaux portant les manuscrits. Le Calife, à l'orée de la vieillesse, leur dit : « Mes très chers amis vous avez fort bien travaillé. Maintenant nos ennemis sont vaincus et soumis et il faut que je m'occupe du bonheur du peuple. J'ai beaucoup à faire et pourriez-vous me présenter un travail encore plus concis. Il me semble qu'un seul volume ferait parfaitement mon affaire et comblerait mes ambitions ». Les historiens, un peu déçus, se retirèrent dans la douceur d'une palmeraie, à quelques lieues de la capitale…

Dix ans plus tard, un vieil historien se présenta  sur son cheval, suivi d'une ânesse qui portait un unique et magnifique volume, à la porte du palais. Là, on lui dit que le vieux Calife était très malade, qu'il était mourant et qu'il s'entretenait avec son fils, le futur Calife, Mais qu'il le recevrait après.

Quand le vieil historien fut introduit auprès du vieux Calife, il trouva un vieil homme malade, au bout de son souffle et qui lui dit : « Mon ami, mon très cher ami, tu arrives trop tard, je meurs et je ne pourrai jamais lire l'histoire des hommes ! ».

Le vieil historien, pris de compassion, se pencha sur la couche du Calife, approcha sa bouche près de son oreille et lui dit : « Voici l'histoire des hommes : Ils naquirent, ils souffrirent, ils moururent... ».

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Conseil en organisation, gestion et management

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