MON COMBAT CULTUREL CONTRE LE CONFORMISME GAUCHISANT (Gilles-William Goldnadel)

Publié le par Dreuz.Info

MON COMBAT CULTUREL CONTRE LE CONFORMISME GAUCHISANT (Gilles-William Goldnadel)

L’avocat Gilles-William Goldnadel livre, dans son  Manuel de résistance au fascisme d’extrême gauche*,un combat contre le conformisme dominant. Il s’en prend à une gauche, qui selon lui, préfère censurer plutôt que débattre.

FIGAROVOX. – Vous publiez Manuel de résistance au fascisme d’extrême gauche* . Qu’appelez-vous «fascisme d’extrême-gauche» ?

Gilles-William GOLDNADEL. – Je dois dès l’abord vous faire une confession de taille : ce livre, est un livre de combat. Il s’inscrit dans ce combat culturel que je mène contre le conformisme gauchisant dominant depuis tant de temps. Un livre de résistance. J’ai donc dû faire une concession idéologique à l’adversaire au nom de cette efficacité qui lui a si bien réussi : l’utilisation de l’épouvantail historique. C’est à l’aide de cet épouvantail fasciste qu’il a réussi à disqualifier ses adversaires démocratiques. Non sans répugnance, je me suis servi de cet objet répulsif qu’est le fascisme pour le retourner contre son utilisateur abusif. Vous aurez donc compris que j’utilise le mot fascisme dans son acception abusivement dévoyée par la gauche. Il s’agit donc d’un retour à l’envoyeur. Pour que la honte change définitivement de camp. Dans un monde politico-médiatique idéal, j’aurais dû et pu, pour la disqualifier, renvoyer l’extrême gauche actuelle au totalitarisme communiste, mais le Nuremberg du communisme n’a jamais eu lieu en raison précisément du pouvoir fantastique d’occultation de la gauche amnésique.

Ceci posé, si dans cette acception dévoyée, on considère le fascisme comme la manifestation emblématique de la censure, de l’intolérance, de la violence politique et même du racisme et de l’antisémitisme, j’affirme qu’aujourd’hui en France, c’est de ce côté de l’extrémité politique que l’on peut et doit le plus et de très loin déplorer ces manifestations. Il me semble que l’actuelle période valide au-delà de toute désespérance mon analyse et que ce livre ne souffre pas d’une cruelle erreur de timing.

Pourquoi, selon vous, le « fascisme » a-t-il changé de côté ?

Tout d’abord, une nouvelle confession. Toujours par souci d’efficacité résistancielle, j’ai concédé à la gauche dominante sa victoire idéologique d’avoir réussi à classer à droite le fascisme. Cela est plus que discutable historiquement. Mussolini était socialiste et dans national-socialisme, le second terme est significatif. Mais sur cette base discutable, j’affirme que le fascisme et les «fachos», terme également originellement gauchisant, ont changé de côté. Encore un retour à l’envoyeur…

Comment s’illustre ce nouveau fascisme ?

Pour ne prendre que l’exemple le plus récent, Jean-Luc Mélenchon peut tenir meeting sans menace d’être annulé politiquement par le président d’un département ou attaqué par des nervis de droite, tandis qu’à Marseille comme à Villepinte, Éric Zemmour est harcelé violemment par des fascistes d’extrême gauche qui s’autoproclament, perversion suprême, antifascistes. Est-il admissible que seuls Éric Zemmour et Marine Le Pen soient dans les médias étiquetés d’extrême droite alors que ni le responsable du PCF ni celui de la France Insoumise ne sont extrémisés symétriquement ? Ce livre a pour ambition d’appeler à la révolte contre le silence médiatique complaisant, donc complice, de cette forfaiture asymétrique antidémocratique.

Mais je pourrais prendre des exemples à l’infini. Quand le week-end dernier, l’Université de Paris annule un séminaire organisé par la psychanalyste Sabine Prokhoris, suite aux pressions exercées par plusieurs membres de la faculté, du seul fait qu’elle a osé critiquer #MeToo.

Quand un marché de Noël, organisé par un collectif «engagé et solidaire» se tient impunément dans le 17ème arrondissement de Paris avec interdiction aux commerçants blancs d’y tenir un étal. Quand Tanguy David, responsable du mouvement Génération Z dans le Calvados, fait l’objet d’un déferlement de haine depuis qu’il est apparu derrière le candidat à Villepinte alors qu’il est noir, si ce n’est pas du fascisme politique et raciste, au sens vulgarisé du terme, j’ai un problème de vocabulaire.

Pourquoi ne reconnaît-on pas le « racisme anti Blancs » en France ?

On ne le reconnaît pas, car ce serait avouer que les blancs ont perdu le monopole du racisme. Rien de plus manichéen que cet antiracisme de pacotille, qui n’est en fait que l’expression du racisme anti blanc dissimulé. Nous souffrons de ce que j’ai nommé une dilection pathologique pour l’altérité. Dans mes Réflexions sur la Question Blanche publiées il y a plus de dix ans, je crois avoir montré qu’il existait dans le creux de l’inconscient collectif occidental post-chrétien une sourde honte d’avoir en commun la même couleur de peau que l’Antéchrist des temps modernes, Adolf Hitler. Le wokisme s’appuyant notamment sur l’esclavage n’est qu’un avatar de cette folie traumatique.

Vous écrivez que le fascisme d’extrême droite abhorrait le juif comme un métèque apatride et que le fascisme d’extrême gauche l’abhorre comme un nationaliste belliqueux. Ces deux fascismes se tiennent-ils la main aujourd’hui ?

Dans mon Nouveau Bréviaire de la Haine (2001), je fais dire au juif par l’antisémite intemporel «Dis moi comment tu es, je te dirai comment je te hais». Le génie maléfique de la judéophobie est d’avoir su faire muter, tel un virus malin, les stéréotypes mensongers au gré de l’histoire du Juif. Quand il n’avait pas de patrie, il était toujours le traître veule de celle où il demeurait. À présent qu’il en possède une forcément indûment, il ne peut que martyriser militairement ses voisins ou les indigènes du pays. On remarquera l’anachronisme tragique : du temps de l’extrême droite en majesté idéologique, le Juif faible et sans patrie était vu ainsi que Céline le décrivait «comme une manière de nègre». Après le génocide, au moment où l’extrême gauche domine, voilà que l’État-nation occidental est maudit. Et voici que le Juif est vu comme un blanc au carré arrogant via les prouesses militaires et technologiques de l’État-nation juif. Les deux fascismes cohabitent sans se tenir la main, mais celui de gauche, qui déteste l’État-nation occidental du Juif dominateur ne peut que dominer pour l’heure.

Vous écrivez que la «justice de votre pays est morte». En tant qu’avocat avez-vous assisté à cette mort de l’institution ?

Je ne veux pas être caricatural, mais l’avocat que je suis est malheureux. Je n’ai jamais vu et voulu une justice idéale car je la sais humaine. J’ai connu une justice tellement hiérarchisée que les juges étaient aux ordres. Mais cela n’affectait pas les contentieux de masse. Les voici à présent livrés au désordre de leur idéologie et de leurs préjugés pavloviens. Ce qui ne signifie évidemment pas qu’il n’y ait pas encore des magistrats remarquables et bourreaux de travail. Mais étouffée matériellement dans un monde judiciarisé à l’extrême, influencée quand ce n’est pas fascinée par le tribunal médiatique, la justice atomisée, paralysée, ne m’inspire plus aucun sentiment de sécurité juridique.

On juge aujourd’hui plus souvent en fonction de sa conception toute personnelle de l’équité, que sans état d’âme individuel en respectant religieusement la règle de droit. Ce qui n’était pas le cas quand je suis arrivé au Palais et que les juges étaient notés principalement en fonction de leur aptitude à ne pas être trop souvent infirmés ou cassés pour non-respect de la règle de droit. Pour finir avec l’extrême gauche, grandement responsable de cette situation idéologique, et pour néanmoins essayer de demeurer optimiste : la section presse du Parquet de Paris avait tenté jusqu’au bout de sauver la présidente du Syndicat de la Magistrature, responsable du Mur des cons que je poursuivais, comme jusqu’au bout tenté de faire condamner mon cher Georges Bensoussan qui avait osé évoquer l’antisémitisme islamique culturel. La Cour de Cassation ne l’a pas permis. Je vous disais qu’il y a encore des magistrats en France.

MON COMBAT CULTUREL CONTRE LE CONFORMISME GAUCHISANT (Gilles-William Goldnadel)

Manuel de résistance au fascisme d’extrême gauche*,

Gilles-William Goldnadel,

Les Nouvelles éditions de Passy, 112p, 10

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