PETIT CONTE PHILOSOPHIQUE : MESSAGE DES REPRÉSENTANTS DES AGNEAUX AU SUJET DES LOUPS

Publié le par Abbé Alain Arbez

PETIT CONTE PHILOSOPHIQUE : MESSAGE DES REPRÉSENTANTS DES AGNEAUX AU SUJET DES LOUPS

Afin de nous intimider et de nous diviser, on nous raconte de plus en plus qu’il y a pour nous – les agneaux – un grand danger à rencontrer des loups sur nos pâturages, ces lieux où nous aimons aller et venir dans l’insouciance, ainsi que sur ces pentes glissantes où notre fragilité ovine relève plus que tout autre les défis du danger.

Je tiens à vous rassurer, chers agneaux, nous n’avons absolument pas le droit d’imaginer le pire au sujet des loups. Comme nous sommes des agneaux pacifiques, notre profonde croyance en la paix nous empêchera de les discriminer ! Où que nous les croisions sur notre chemin, saluons-les courtoisement, ne nous laissons pas impressionner par la réputation carnassière que certains esprits malveillants leur ont faite ; en cas de problème, il nous suffirait simplement de choisir d’autres parcours.

Il est vrai qu’aujourd’hui, toutes sortes de meutes de loups n’hésitent plus à venir en nombre croissant sur nos territoires traditionnels. Ils ont la chance de pouvoir circuler librement devant nos bergeries et même de lancer leurs hurlements jour et nuit au cœur de nos pâturages familiers. Certains agneaux chagrins parmi nous y voient un mauvais présage. Mais nous ne devons pas oublier qu’ils font partie tout comme nous de la biodiversité de la nature, et que comme nous ils ont maintenant libre accès aux grands espaces. Ils n’hésitent d’ailleurs jamais à en gagner de nouveaux, c’est dans leur comportement de meute, nous devons faire l’effort de le comprendre sans constamment imaginer le pire. Sachez que certains loups se sont gentiment proposés pour assurer le gardiennage de nos bergeries, d’autres loups ont même décidé d’apprendre à bêler pour partager notre langage et nous rassurer.

Nous devons, par conséquent, accueillir pacifiquement la présence grandissante des loups sur nos pâturages ancestraux, et réciproquement, nous les prierons courtoisement de tolérer notre présence sur ce qui va devenir de plus en plus leurs nouveaux lieux de vie. Nous ne demandons humblement qu’une chose en tant qu’agneaux : c’est que les loups acceptent de nous laisser un peu de place, y compris sur leurs terrains d’activité préférés, car nous avons ressenti leur empathie pour les pâturages d’agneaux doux, innocents et somnolents.

Après avoir constaté parfois que l’un ou l’autre d’entre nous manque à l’appel, on entend dire que certains loups s’en seraient pris à des agneaux avec brutalité. Mais ne faisons pas d’amalgame. Nous ne pouvons pas généraliser ce genre d’incident marginal, certes regrettable, mais qui ne doit aucunement mettre en cause tous les loups. Nous n’allons pas transformer nos bergeries en forteresses ! N’oublions pas que chez nous aussi il y a des agneaux violents ! Non, si la majorité des loups se déclare paisible, c’est la preuve qu’ils ne s’en prendront pas aux agneaux ! D’ailleurs, le loup clame toujours son immense tendresse pour les ovins, dans cette nature si généreuse pour tous ses habitants.

Restons en tout cas persuadés que des bergers attentionnés et compétents veillent en permanence sur le sort de tous les agneaux que nous sommes, et que, de ce fait, rien de fâcheux ne pourra nous arriver dans nos pâturages et dans nos bergeries, pas plus le jour que la nuit. Ces bergers motivés pour notre cause ont même installé ici et là quelques gardiens pour dissuader les loups au cas où il leur viendrait l’idée d’avancer en meute vers notre bergerie.

C’est pourquoi aucun injuste reproche amplifié par des agneaux anxieux ou hostiles envers leurs voisins ne sera autorisé envers les loups, quoi qu’il arrive, sous peine de quarantaine.

PS/ cette fable mythologique inspirée par le style de La Fontaine n’entre évidemment pas dans le débat concernant la gestion humaine des canidés appelés « loups », et présents dans les plaines et montagnes d’Europe, autre sujet…

QUAND LES FEUILLES D’AUTOMNE S’ENVOLENT

 

 

 © Abbé Alain Arbez

avec l’aimable autorisation de Dreuz.info. 

Prêtre catholique, commission judéo-catholique de la  conférence des évêques Suisses et de la Fédération Suisse  des communautés Israélites.
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