DE GAULLE AU PARADIS (2/2)

Publié le par Mady&Michel GB

DE GAULLE AU PARADIS (2/2)

Yvonne

Mais que fait la Police et que font les Gendarmes ?

Le Général

Le moins possible hélas ! Ils ont du vague à l’arme !

Car si par aventure on coffre un malfaisant

C’est la Garde des Sceaux qui porte les croissants !

Les socialos naïfs rêvent dans les nuages,

Se bercent d’illusions dans leurs lits d’enfants sages !

Confrontés au réel, ancrés dans le déni,

Ils sont tout étonnés quand ils tombent du nid !

Les jeunes snobinards, que bobos on appelle,

Vitupèrent la droite en faisant bien pis qu’elle !

Les tribuns de la plèbe agitent leurs grelots :

L’un veut saigner Neuilly pour nourrir le prolo,

L’autre clame à grands cris qu’il faudrait tout secouer

En virant les négros, les bicots, les niaquoués !

Et les deux réunis proposent des programmes

Qui traduisent à plat leur encéphalogramme.

Yvonne

Mais où sont les anciens ? Gaullistes et Cocos !

Qui, eux, savaient pousser de grands cocoricos !

Le Général

Leur QG moscovite ayant pété les câbles,

Les Cocos d’autrefois sont quasi introuvables !

Yvonne

Bonne nouvelle, au gué ! Tout espoir n’est pas mort !

Souvenez-vous du temps où ils étaient si forts !

Plus de Rouges enfin, en travers de la route !

Mais la race est teigneuse... il en reste, sans doute ?

Le Général

Oui, vous avez raison, ce sont de grands pervers...

Les derniers survivants se font repeindre en vert !

Quant à nos vieux amis gaullistes de baptême,

On fleurit leur logis, avec des chrysanthèmes...

C’est leurs petits-neveux qui piaillent à présent,

Et se bouffent le nez pour occuper leur temps !

L’un d’eux, le plus remuant, habile en artifices

Se débat aujourd’hui dans les Cours de Justice.

Je crains pour mon malheur, avoir œuvré en vain,

Mon costume est trop grand pour habiller ces nains !

Yvonne

Oubliez tout ceci, laissons la politique

Qui vous fait enrager et tourner en bourrique.

Parlons d’autres sujets plus gais et plus légers

Des lieux que j’ai connus... Paris a-t-il changé ?

Le Général

(redevenant plus calme)

Heureusement, pas trop. On reconnaît la ville,

J’ai pu me promener jusqu’à St Louis en l’île.

Pompidou, un peu snob, pour marquer son séjour,

Fit une usine à gaz au quartier de Beaubourg.

Giscard n’a rien cassé... c’est déjà quelque chose !

Mitterrand l’a suivi tenant au poing sa rose !

Mais lui, plus mégalo, se croyant pharaon

S’est plu à imiter le roi Toutankhamon.

Il sema pyramide aux parterres du Louvre,

C’est l’Égypte à présent qu’en ces lieux on découvre !

Chirac, plus primitif, a voulu, quai Branly,

Honorer les Dogons, les Peuls, les Chamboulis

À leur art, dit premier, il a su rendre hommage,

Le monument s’efface au milieu des feuillages...

Je n’ai pas retrouvé les halles de Baltard

À leur place un chantier avait pris du retard.

Et quant à l’Élysée où vous fûtes naguère,

Ce n’est plus un palais... c’est une garçonnière !

J’ai même cru comprendre, en lisant leurs canards,

Que peu s’en est fallu qu’il fût un lupanar !

Yvonne

Un lupanar !

Grands Dieux, comment est-ce possible ?

Vous me faites plonger dans un monde indicible,

Je ne puis y songer sans trembler de dégoût,

Notre chambre à coucher annexe au «one twotwo !»

Le Général

(qui s’échauffera progressivement)

Oui, les mœurs d’aujourd’hui connaissent quelque audace,

La contrainte est bannie et la honte fugace !

Ce qu’on cachait jadis, on l’étale à présent,

L’inverti manifeste, et la lesbienne autant !

On divorce partout : mariage... anachronique !

Sauf pour certains homos qui, eux, le revendiquent !

La déviance est très mode et ne fait plus horreur,

On l’exhibe à tout vent, mieux que Légion d’Honneur :

Le travelo s’affiche, et le camé ne cesse

De réclamer sa dose au frais de la princesse !

Le moindre hurluberlu fait son intéressant,

Quitte à montrer son cul au regard des passants !...

À quand le zoophile, à quand le coprophage ?

Yvonne

Du calme, mon ami, modérez cet orage !

Le Général

Mais, mon cœur, laissez-moi m’expliquer plus avant,

Et vous aurez la clé de cet emportement.

Si vous aviez pu voir, même de votre rive,

Ce qu’il m’est advenu juste avant que j’arrive,

Vous auriez, c’est bien sûr, eut le souffle coupé !

Je reprends mon discours, où je l’avais laissé :

Ayant à satiété subi les psychodrames

Des gauchos, des fachos et de tous ceux qui brament,

Avant de repartir, j’ai voulu, bon époux,

Me rendre chez Chaumet vous choisir un bijou

Sur la place Vendôme. Au pied de la colonne,

Que vis-je alors, Madame ? En cent, je vous le donne !

Le sommet, m’a-t-on dit, de l’art contemporain :

Un enculoir géant en guise de sapin !

Il m’a fallu trouver le salut dans la fuite

Pour ne pas m’exposer au viol d’un sodomite !

Afin qu’il me remonte aussitôt chez les miens,

J’ai convoqué presto mon bon ange gardien !

Et c’est ainsi tremblant, et d’horreur et de rage,

Que vous me revoyez en ces nobles parages.

Yvonne

Calmez-vous ! Les Français autrefois ont fait pis !

Et même en votre temps, vous fûtes déconfit

Par leur acrimonie et par leur inconstance,

N’ont-Ils pas, bien des fois, frôlé la décadence ?

Je me souviens d’un jour où, par eux excédé,

Vous les aviez traités, je crois, de bovidés ?

Le Général

C’est possible, en effet, dans un accès de doute

Où leur grande inertie entravait trop ma route !

Mais, Madame, aujourd’hui, ils ont fait bien plus forts !

Les Français sont des veaux, gouvernés par des porcs !

Yvonne

Mais vous n’y pouvez rien ! Laissez à Dieu le père

Le soin de réprimer tous ces coléoptères !

C’est ainsi et c’est tout ! Le Français, français né,

Sera toujours paillard et indiscipliné,

Toujours libidineux, frondeur si nécessaire,

Arrogant, belliqueux et même téméraire,

Et cela en dépit de centaines de lois,

Car s’il n’est plus gaulliste... il demeure gaulois !

Le Général

(se levant, plus détendu)

Oui, vous avez raison, j’ai tort, je m’obnubile

Et ne fais rien de mieux que m’échauffer la bile,

Laissons aux successeurs ce monde convulsif...

Et allons chez Malraux, prendre l’apéritif !

 

Un grand MERCI à Mady & Michel GB 

Publié dans Mady&Michel GB

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
quel talent<br /> il me semble reconnaitre la statue de De Gaulle et Yvonne à Calais
Répondre