DERRIÈRE POINT DE CONTACT, LE MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR ET GOOGLE/FACEBOOK

Publié le par Observatoire Du Journalisme

DERRIÈRE POINT DE CONTACT, LE MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR ET GOOGLE/FACEBOOK

Les associations ou les médias, “fact checkeurs”, médiateurs etc, spécialisés sur le signalement des contenus illicites ou illégitimes sur les réseaux sociaux sont légion. Facebook à lui seul emploie plus de 20.000 « médiateurs », comprenez censeurs. À notre connaissance le seul à être financé à la fois par la place Beauvau, par certains des GAFAM et par l’Union Européenne, c’est le peu connu Point de Contact.

Point de Contact ?

Selon son site internet, Point de Contact « est une association loi 1901 créée en 1998 à l’initiative des principaux acteurs de l’internet de l’époque. Point de Contact est l’un des acteurs du « Safer Internet Centre Français »…Notre service de signalement, véritable laboratoire d’innovation, bénéficie du soutien d’acteurs publics français, d’acteurs privés et de la Commission Européenne. Notre dispositif de signalement permet à tout internaute de signaler un contenu potentiellement illicite rencontré lors de sa navigation…».

Un filtre à différentes variables 

Point de Contact reçoit les dénonciations d’internautes sur des contenus potentiellement illicites. Parmi les cibles de l’association, les violences sexuelles sur mineur (on ne peut que s’en féliciter), le proxénétisme (bien), le harcèlement sexuel (à géométrie variable, mais admettons), les contenus choquants accessibles aux mineurs (très bien), la provocation au suicide au terrorisme ou à la fabrication de bombes (très raisonnable). Mais aussi l’apologie de crimes contre l’humanité et l’incitation à la violence, à la discrimination ou à la haine. Les deux derniers sont des filtres politiques. On peut volontiers imaginer que parler de la traite négrière menée par les arabo-musulmans est une incitation à la discrimination et que les crimes contre l’humanité ne touchent pas les 100 millions de morts du communisme. Sur ces deux derniers items, Point de Contact est un outil de filtre politique. Potentiellement en faveur de qui ?

Qui finance Point de Contact ?

La réponse se trouve du côté de ceux qui tiennent les cordons de la bourse. Un tiers du budget est fourni par l’UE (source Lettre A), un tiers par Google, Facebook, Snapchat et TikTok, un tiers par le ministère de l’Intérieur français.

Un comité interministériel rattaché à la place Beauvau finance ce tiers soit 225.000 € par an, pour un budget annuel d’environ 700.000 € si nous faisons une simple règle de trois. Un joli montant, pour une association loi de 1901. Ce budget sera reconduit pour 2022 et 2023 à la demande la ministre chargée de la citoyenneté, Marlène Schiappa. Sans compter un gendarme spécialisé mis à disposition à plein temps. Point de Contact ou point de censure ? Un peu des deux mon capitaine ! Mais l’autre plus que l’un, à vous de choisir.

Voir aussi : Facebook : liste noire secrète des « Individus et organismes dangereux (DIO) »

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