FRONT POPULAIRE : UN NUMÉRO SUR LA FORMATION DE LA DÉSINFORMATION

Publié le par Observatoire Du Journalisme

FRONT POPULAIRE : UN NUMÉRO SUR LA FORMATION DE LA DÉSINFORMATION
Nous avons déjà présenté le succès incontestable de Front Populaire sur le plan éditorial tout en soulignant ses limites politiques. Le dernier et riche numéro sur les Propagandes ne pourra que passionner les lecteurs de l’Observatoire du journalisme.
Presse qui roule pas vraiment cool

« Presse qui roule me casse les couilles

Rédacteurs en chef relisez vos papiers

De vos sous-fifres chefs qui cherchent à exister »

Ces extraits du coruscant éditorial de Stéphane Simon avec quelques paroles de Florent Pagny, donnent le ton. À titre d’exemple, Stéphane Simon cite Abel Mestre qui dans Le Monde avait taxé Front Populaire « d’extrême droite » car parmi ses abonnés (oui ses abonnés, pas ses contributeurs) il y avait cinq (cinq !) personnes qui pouvaient être ainsi classées. Cinq sur dix mille abonnés…

FRONT POPULAIRE : UN NUMÉRO SUR LA FORMATION DE LA DÉSINFORMATION

Voir aussi : Abel Mestre, portrait

Généalogie du journalisme contemporain

Michel Onfray (qualifié de « Doriot » par BHL) remonte aux origines de ce qu’il appelle le journalisme contemporain, une qualification que nous pensons excessive, préférant parler de la majorité du journalisme contemporain, car il y a de notables exceptions. Il remonte au Père Duchesne d’Hébert publié à l’époque à 50.000 voire 80.000 exemplaires et distribué aux armées. Un journal subventionné par la Révolution, comme les médias de grand chemin le sont par le monde libéral libertaire en 2022. L’ignoble Hébert, « sac à ordures du journalisme » selon le mot de Taine, sera guillotiné en 1794, le procureur Fouquier-Tinville suivra les demandes de Robespierre et Desmoulins. Comme le note Onfray, à Alençon existaient des gâteaux appelés « Père Duchesne » et seuls les gens de gauche les appréciaient » et Onfray de conclure « je ne suis pas vraiment étonné ».

Dans un autre papier très informé, « Tout journalisme est propagande », Onfray revient sur « Propaganda » (1928) un manuel de manipulation politique écrit par Edward Bernays, le neveu de Freud. Bernays c’est la théorie, il vend de la politique comme il vend des cigarettes (le succès de la marque Lucky Strike auprès des femmes par exemple). La pratique c’est l’orfèvre François Mitterrand avec l’affaire de Carpentras (1990) où 34 tombes juives sont vandalisées. Le FN de Jean-Marie Le Pen est accusé sans aucune preuve, Laurent Fabius, Le Monde, Libération, Jack Lang, Marguerite Duras (« chaque matin dans ma tête je tue Le Pen »), Guy Bedos, Elie Wiesel, Anne Sinclair, les télévisions font haro sur le baudet. En 1996 les coupables sont identifiés et condamnés, le FN n’y est pour rien. Mais trop tard, Le FN a été isolé par un cordon sanitaire, François Mitterrand triomphe. Un numéro mensonger de propagande parfaitement réussie. Numéro qui devrait nous inciter à un peu de retenue devant les bobards de guerre avalés quotidiennement ces dernières semaines au sujet du conflit ukraino-russe.

Médiapart, les sondages et le fact-checking

Un excellent article de Jean-Baptiste Roques interroge le « système Médiapart » ou le journalisme inspiré par les magistrats et les policiers comme l’analysait le regretté Pierre Péan en 2019 juste avant de mourir. Roques met à la question les deux Jérôme sondeurs, Sainte-Marie et Fourquet, sur les forces et les limites des sondages souvent décriés… surtout par ceux auxquels ils sont défavorables. Signalons au passage l’indispensable essai de Jérôme Fourquet (La France sous nos yeux, Seuil, 2021), un éclairage brut sur les évolutions de la société française.

Le philosophe et mathématicien Olivier Rey se fait du souci sur « l’hygiène du numérique à l’usage des jeunes générations », il n’en a sans doute pas fini de s’inquiéter. Un entretien stimulant sur le fact-checking conclut la livraison. Pas tout à fait, Ingrid Riocreux, auteur de La Langue des médias et d’autres ouvrages de valeur, nous met en garde contre le « politiquement incorrect », exact pendant du politiquement correct et avec les mêmes défauts. Comme elle, nous sommes fatigués de lire tant d’approximations, d’invectives, de vulgarités et disons-le d’âneries dans certains médias « dissidents ». Être politiquement incorrect c’est d’abord travailler, encore travailler, toujours travailler et faire mieux que les médias de grand chemin. Au total un numéro de Front Populaire indispensable pour toute personne s’intéressant à la médiologie.

Front Populaire, numéro 8, Propagandes Formation de la désinformation, printemps 2022, 14,90 €.

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A
Bien déçu par cette revue. Onfray nous avait donné un peu d'espoir. Mais ce n'est que du blabla à longueur de pages. Zemmour lui de se mouille, onfray blablatte !!!
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