DEUXIEME ROUND.

Publié le par Charles Gave

DEUXIEME ROUND.

Ainsi donc, les Français vont se rendre aux urnes dimanche prochain pour élire leur Président.

Comme je l’ai souvent expliqué dans ces lignes, le bilan du Président sortant, monsieur Macron, est tout simplement catastrophique et je n’ai pas l’intention d’y revenir.

A ceux qui auraient l’intention de voter pour lui, je ne peux que rappeler le proverbe anglais : ‘ « Trompez moi une fois, et c’est vous qui êtes en faute. Trompez-moi deux fois, et c’est moi qui suis idiot ».»

Curieusement, ce qui m’inquiète le plus, ce n’est pas la situation de notre pays, aussi désastreuse soit-elle. Ce qui m’empêche de dormir c’est le conflit entre la Russie et l’Ukraine.

Avant d’aller plus loin, je dois dire que, sur ce coup, la presse française et internationale s’est surpassée. Je n’ai jamais vu une telle propagande. Et derrière la propagande, il y a toujours une presse aux ordres et souvent une volonté de rentrer en guerre des classes dirigeantes. Pour ceux qui voudraient comprendre un peu mieux la genèse de cette crise, je peux conseiller l’interview que j’ai faite du Sénateur Pozzo di Borgo sur IDL YouTube qui remet les choses en place de façon mesurée. https://www.youtube.com/watch?v=3-xell4GCQ8&t=17s

Le vrai risque est que ce conflit ne s’étende d’abord à l’ensemble de l’Europe, puis ensuite au reste du monde.

Et donc, le premier risque, encore évitable, est que notre pays soit entrainé dans une guerre, où il n’a rien à faire.

Explication : Les USA, la Grande-Bretagne, la Communauté Européenne, le Canada, la Pologne livrent massivement des armes à l’Ukraine et entrainent sur leurs territoires, et cela depuis des années, les combattants Ukrainiens. Des convois d’armes et de combattants cherchent en ce moment à rejoindre l’Ukraine. Il est à craindre que ces convois, dès qu’ils seront sur le sol Ukrainien ne soient l’objet d’attaques Russes, faisant de nombreuses victimes dont certaines pourraient être américaines, britanniques , allemandes, polonaises…ce qui pourrait forcer tel ou tel pays à venir au secours de ses ressortissants, ce qui serait interprété par les Russes comme une déclaration de guerre et ouvrirait la voie   des représailles Russes envers les pays concernés.

Compte tenu du traité liant ces pays dans l’OTAN, voilà qui déboucherait tres rapidement sur la troisième guerre mondiale .

Qui plus est, il existe en droit international une règle bien connue qui est le « droit de suite ».

Un pays en guerre a le droit de poursuivre des ennemis qui seraient passés du pays en guerre au pays d’  à côté,  se servant de ce pays « amical » comme d’une base pour lancer des opérations contre le pays en guerre. Et ce droit s’applique aux munitions et armements qui serait entreposés de l’autre côté de la frontière.

  • Par exemple, pendant la guerre d’Algérie, la France bombarda une ville en Tunisie d’où partaient les raids vers l’Algérie, alors terre française.
  • Les USA tapissèrent de bombes le Laos et le Cambodge pendant la guerre du Vietnam.
  • Plus récemment, les USA bombardèrent la Serbie pour permettre aux Albanais de prendre le contrôle du Kosovo…
  • Et je ne parle pas des missiles tirés sur la Syrie ou le Soudan par les flottes américaines, ou des bombardements Saoudiens sur le Yémen.

Ce conflit pourrait donc déraper à toute allure, un peu à l’image de ce qui s’était passé à Sarajevo avec l’assassinat de l’Archiduc Autrichien en 1914.

Or la France n’a aucun intérêt essentiel dans la région et je ne crains pas d’affirmer que les historiens dans le futur (si nous en avons un), souligneront la responsabilité des USA dans l’inflexibilité des gouvernements ukrainiens face aux demandes répétées des Russes de ne pas avoir de missiles à leurs frontières.

Et comme maintenant nous faisons partie du commandement militaire de l’OTAN (merci Sarkozy), il est fort à craindre que nous serions forcés de nous rallier aux Anglo Saxons, si une vraie guerre venait à se déclarer, contents, pas contents, contents quand même.

Or notre armée est en piteux état et donc incapable de mener une guerre conventionnelle ne serait-ce que parce que nous n’avons plus ni munitions ni matériel (Merci Hollande, merci Macron).

Qui plus est, les Russes semblent aujourd’hui disposer d’une supériorité technologique (missiles hypersoniques) qui leur permettrait de détruire au sol une grosse partie de nos forces terrestres aériennes et navales sans avoir recours à l’arme atomique. Voilà qui ferait des milliers de morts chez nous et notre seule possibilité d’action serait de déclencher une guerre nucléaire, ce que nous ne ferons pas.

Mais sommes-nous bien surs que les USA montreront autant de retenue si la sixième et la septième flotte sont envoyées par le fond en cinq minutes ?

Et qui peut imaginer (en tout cas, pas moi) que monsieur Macron aura le courage de nous sortir de ce cauchemar à temps, puisque cela voudrait dire qu’il rompt avec tous ses rêves de paix universelle fondée sur le Droit mais aussi avec les USA, avec Bruxelles , l’Allemagne et l’OTAN ?  Et quid de la fantasmatique souveraineté européen qui n’existe que dans sa faible tête ?

Un Daladier ne peut pas se transformer en Churchill.

La seule possibilité pour notre pays est que le prochain élu(e) à la magistrature suprême prenne la décision de nous sortir de ce bourbier dès qu’elle sera intronisée et cela devra être sa première décision.

Voter Macron, c’est donc  faire grimper la probabilité que la guerre nous touche, sciemment.

Venons-en au deuxième problème, la crise énergétique que j’annonce à l’IDL depuis plus d’un an .

Je vais aligner quelques chiffres simples concernant le pétrole mais ils sont similaires pour le gaz, voir le charbon.

La production de pétrole avoisine les 100 millions de barils par jour, et l’ Agence Internationale de l’énergie (IAE) vient de recommander d’arrêter toutes les recherches pour prévenir le réchauffement atmosphérique. On imagine mal que cette capacité de production puisse augmenter si plus personne ne cherche de nouveaux gisements et de fait, elle a plutôt tendance à baisser.

Venons-en à la demande. La plupart des institutions et des gouvernements dans le monde font confiance aux estimations fournies par l’agence internationale de l’énergie (IAE) mentionnée plus haut et les chiffres semblent indiquer une consommation d’environ 98 millions de barils par jour, ce qui signifierait que les stocks seraient montés de la différence (100-98). Or, il n’en est rien, les stocks (sur lesquels les statistiques sont fiables) se sont effondrés.

Ce qui veut dire que la consommation n’est pas de 98 millions de barils mais plus probablement de 103 millions de barils ce qui expliquerait que les prix soient déjà montés de 35 $ le baril  à 110 $ le baril. Et cette sous-estimation de la croissance de la demande dure depuis des années, l’IAE faisant partie de ceux qui nous expliquent qu’il faut sauver la planète et que les miroirs magiques et les moulins à vent vont faire durablement baisser la consommation mondiale d’hydrocarbures. Or,  à l’évidence, il n’en est rien, et l’IAE a essayé depuis des années de masquer cette réalité pour des raisons politiques, ce qui est proprement criminel.

Et tout cela s’est passé avec une Chine qui réduisait sa consommation d’hydrocarbures de 2 million de barils par jour en raison des fermetures liées au COVID. Quand la chine réouvrira, la demande mondiale sera donc de (103 +2=105 ) millions de barils et l’offre mondiale à 100 millions , et baissant.

Le prix du pétrole va donc exploser une fois encore à la hausse et j’attends avec confiance que le baril atteigne et dépasse les 200 $ …

Et la relation entre prix du pétrole et activité économique est quasiment parfaite. Le prix du pétrole est déjà trop haut (à 110 $ /baril), comme le montre le graphique ci-dessous.

DEUXIEME ROUND.

Nous sommes à 207 sur le ratio, ce qui est suffisant pour déclencher une récession en 2023, alors même que la Russie nous livre encore du gaz et du pétrole aux prix d’hier.

Dans un an, puisque nous avons décidé de ne plus rien acheter à la Russie, nous serons peut-être à 350 ou 400, et ce que nous aurons, ce sera non pas une récession, mais une dépression, une vraie.  Et il nous faudra payer ce pétrole, si nous en trouvons sur le marché, ce dont je doute, non pas en euros, mais en dollars, en or ou en roubles, ce qui va nous appauvrir encore plus.

Et tout cela a été accepté par monsieur Macron pour faire plaisir à madame Von der Leyen, à Biden ou à nos écolos qui ont fait un énorme bide aux élections. …

Et c’est ici qu’ il faut se souvenir que c’est monsieur Macron qui a vendu Alsthom à la casse, fermé Fessenheim, foutu en l’air EDF en bradant notre électricité pour faire plaisir à la Commission, qu’il a été incapable de faire respecter par l’Ukraine les accords de Minsk, ce qui aurait évité la guerre, et qu’il est donc complètement responsable du drame énergétique qui va nous tomber dessus…

Comme le disait Einstein :’’ Faire appel à ceux qui ont créé un problème pour le résoudre relève de la stupidité.

Pour moi, voter Macron est incompréhensible pour quiconque met la France au-dessus de ses privilèges de classe. Cet homme a montré depuis qu’il a été élu, non seulement qu’il n’aimait pas la France mais qu’il n’avait aucun respect ni pour son Peuple, ni pour l’état de Droit, ni pour la Démocratie.

Les Français ont une occasion unique de s’en débarrasser et ce d’autant plus que la candidate qui s’oppose à lui propose d’introduire le referendum d’initiative citoyenne dans la Constitution. Et compte tenu des jours difficiles qui nous attendent, il est certain qu’il faudra demander souvent son avis au Souverain, le Peuple, tant les mesures à prendre vont être difficiles.

Quiconque vote pour Macron portera donc une lourde responsabilité tant cet homme me parait non seulement incompétent mais nuisible et dangereux.

Et celui qui n’ira pas voter, ou pire encore, votera blanc n’aura dans le futur que ce qu’il mérite.

Il ne faut pas barrer la route à un fascisme imaginaire mais arrêter le plus vite possible des trahisons bien réelles.

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Charles Gave 

Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “ Des Lions menés par des ânes “(Éditions Robert Laffont) où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “Sire, surtout ne faites rien” aux Editions Jean-Cyrille Godefroy (2016) rassemble les meilleurs chroniques de l'IDL écrites ces dernières années. Il est fondateur et président de Gavekal Research (www.gavekal.com).

DU MAUVAIS USAGE DE L’HISTOIRE

Publié dans Institut Des Libertés

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