QUAND RAMADAN VOULAIT DIRE CONVIVIALITÉ ET ACCEPTATION DE L’AUTRE DANS SA DIFFÉRENCE

Publié le par Salem Ben Ammar

QUAND RAMADAN VOULAIT DIRE CONVIVIALITÉ ET ACCEPTATION DE L’AUTRE DANS SA DIFFÉRENCE

J'ai connu les mois de Ramadan de vos parents et grands-parents pendant mon enfance et ma jeunesse à Tunis, du temps de Bourguiba. La vie de la cité appartenait aux hommes et n'était pas soumise aux lois de la charia, les cafés et restaurants étaient ouverts pendant la journée et bondés de monde.

Il n'y avait pas de clivage entre les jeûneurs et non-jeûneurs, ils se mélangeaient, se côtoyaient et cohabitaient en bonne intelligence, et dans le respect des convictions des uns et des autres.

La vie de la cité n'était pas mise entre parenthèses, pendant le mois du Ramadan, et n'était pas le territoire inviolable des jeûneurs comme elle l'est aujourd'hui, un territoire de morts-vivants, lugubre et sinistre.

Elle était un espace citoyen où l'on ne se cachait pas pour boire et manger. Tout le monde y avait sa place, et à l'heure de la rupture du jeûne, au coucher du soleil, tout le monde se retrouvait autour de la même table et finissait la soirée au café du quartier.

C'était un mois de convivialité et d'acceptation de l'autre dans sa différence, où l'on ne le regardait pas à travers le prisme du Ramadan.

Je n'ai pas souvenir de représailles familiales et policières contre celui qui enfreignait l'obligation ramadanesque. On disait, à l'époque : "celui que tu vois chevaucher un manche à balai, félicite-le pour sa monture".

La société n'était pas marquée par le sceau opprimant de l'islam. C'était une société de l'être et non du paraître. Une société marquée par son vieil héritage atavique millénaire judéo-chrétien, qui a fini par disparaître avec sa dilution complète dans l'islam.

© Salem Ben Ammar 

Avec l’aimable autorisation de Dreuz.info.

Publié dans DREUZ INFO

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A
allez faire comprendre çà à Melanchon !!!!
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