CRITIQUER LES ÉCRITS ET LES DÉCLARATIONS DU NOUVEAU MINISTRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE SERAIT-IL INTERDIT ?

Publié le par Gilles-William Goldnadel

CRITIQUER LES ÉCRITS ET LES DÉCLARATIONS DU NOUVEAU MINISTRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE SERAIT-IL INTERDIT ?

Les faits -défense de la notion de race, soutien à Assa Traoré, caution apportée à la notion de ’’racisme structurel’’ en France- justifient d'être inquiet de la nomination de Pap Ndiaye rue de Grenelle, argumente le chroniqueur.

Nous ne céderons pas au chantage qui vient. À l'intimidation qui monte.

En l'espace d'un week-end, la polémique concernant la nomination de  Pap Ndiaye au ministère de l'Éducation Nationale a muté.

Vendredi 20 mai, l'on glosait sur la surprise du chef. Celui-ci, comme l'avait justement suggéré  Le Figaro le lendemain, avait probablement mitonné cette recette corsée pour tenter de ravir quelques suffrages à gauche. Le calcul pour ne pas être trop ragoûtant pouvait peut-être être efficace. Encore qu'adouber un universitaire dont certains écrits et propos pouvaient paraître proches des thèses racialistes voire indigénistes risquait d'être quelque peu difficile à accepter pour une partie des Français.

Mais en l'espace de quelques heures, le débat aura changé de nature, passant subrepticement du déni à l'interdit.

Pour Le Monde du samedi, dans le cadre d'un article hagiographique, c'était seulement « l'extrême droite » qui s'en prenait injustement à l'intéressé puisqu'il était « rigoureusement faux » de le tenir pour indigéniste.

Sur Europe 1, Clément Beaune  dénonçait « le déchaînement de l'extrême droite » et ses « connotations xénophobes ».

Enfin SOS Racisme, ne reculant devant rien, tweetait : « Suite à la nomination de Pap Ndiaye au sein du gouvernement Borne, la fachosphère se déchaîne ». Suivait cette anticipation en forme de procès d'intention : « Si vous êtes témoins de discours haineux, merci de nous faire parvenir le lien du post- commentaire ».

Savoureux de la part d'une association dont le  responsable principal est mis en examen pour avoir bien ri d'un arabe chrétien traité de « chameau » par Yassine Bellatar.

Rien ne vaut l'examen des faits. M Pap Ndiaye est-il ou non un racialiste ?

Le Monde, dans ses dénégations, manque de mémoire. Le quotidien se montrant étrangement moins avare pour distribuer l'étiquette d'extrême droite que pour attribuer celles d'extrême-gauche, d'indigéniste ou de racialiste.

Notre quotidien sentencieux aurait été bien inspiré de se donner la peine de relire l'interview que notre nouveau ministre lui avait accordée le 18 décembre 2017 et dont le titre valait profession de foi : « Il existe un racisme structurel en France ».

Dans cet entretien, notre historien, par ailleurs courtois et distingué, notre intellectuel de haut vol que nous lisions autrefois avec grand intérêt avant son involution, justifie les groupes « en non-mixité » (pour le dire sans litote, interdits aux blancs) auxquels il a participé personnellement en compagnie d'indigénistes patentés.

Groupes organisés par le syndicat extrêmement à gauche Sud Éducation, avec lequel il pourra désormais collaborer harmonieusement rue de Grenelle.

Dans un autre entretien et au lendemain de la mort tragique de  George Floyd, il soutiendra sans rire qu'une situation de violences policières racistes similaire mais niée systématiquement existe en France.

Vérification faite par notre ami Christian Gerondeau, il y a eu l'an passé aux États-Unis 1055 morts du fait de la police contre 14 en France. Compte tenu de la démographie, le rapport est de 1 à 15.

J’oserais suggérer qu'il puisse arriver que certaines violences fussent légales et légitimes.

Dans la logique cohérente de sa mise en cause de la police française, Pap Ndiaye a considéré avec faveur le discours d'Assa Traoré : « Au fond , quand on la lit , quand on l'écoute , son discours est rassembleur ... ».

Sauf à avoir contracté quelques problèmes d'audition, je n'entends pas cette musique d'harmonie quand la prétendue rassembleuse qui présente la police française uniment raciste déclare : « Les hommes noirs et Arabes ne sont pas en sécurité en France ». J'avais plutôt compris que la quête principale des demandeurs d'asile était précisément de se trouver en France. Les ONG proches d'Assa Traoré ou de son défenseur aujourd'hui ministre seraient bien inspirés de les prévenir des graves dangers encourus dans un pays au ‘‘racisme structurel’’.

Sur France Inter, pour contredire frontalement la position de  Jean- Michel Blanquer, son futur successeur niera contre l'évidence et contre son intelligence, la notion d'islamo-gauchisme en prétendant que celle-ci, aujourd'hui galvaudée, existait du temps où celui-ci visait à défendre les Palestiniens jusqu'à l'antisémitisme. Étrange usage de l'imparfait. On ignorait que les Insoumis et leurs médiatiques amis aient renoncé à leur palestinisme inflammable.

L'histoire de Pap Ndiaye est l'histoire un peu navrante d'un universitaire estimable (et que nous estimions) qui épousa les thèses racialistes aux États-Unis et qui les importèrent en France, jusqu'à faire partie du Cran et à militer jusque pour le maintien du mot ‘‘race’’ dans le dictionnaire. Comme justification, celui-ci explique que c'est pour se défendre contre le racisme anti-noir, dimension chromatique dont il aurait découvert la réalité sur le tard. Ne pourrait-on se servir de ce mot pour s'en prendre au racisme anti-blanc ? Dans ma distraction, j'oubliais qu'un blanc ne pouvait être ’’racisé’’, donc souffrir du racisme.

Relisons ce passage de la critique très critique du dernier ouvrage de notre nouveau ministre (« La condition noire », Calman Lévy, 2008) par l'historien très à gauche  Gérard Noiriel : « Pap Ndiaye a cru bon de consacrer tout un chapitre pour tenter de réhabiliter la “race” dans le discours public français et dans la recherche des sciences sociales ».

Résumons: nous avons donc rue de Grenelle un défenseur de la notion de race, soutien d'Assa Traoré, négateur de l'islamo-gauchisme à l'université, considérant de manière infamante pour la France que celle-ci, accueillante jusqu'au mortel excès, pratique un racisme structurel violent.

Et il serait interdit, sauf à verser dans le racisme, de le tenir pour racialiste et de s'inquiéter de sa nomination comme ministre de l'Éducation nationale ?

J'ignorais que ceux qui critiquent Zemmour étaient antisémites.

Devant l'évidence, le bâillon de l'interdit a succédé à l'intenable déni.

Le seul racisme que j'entrevois, c'est de ne pouvoir librement pour un blanc critiquer le racialisme d'un intellectuel noir qui participe à des réunions interdites aux blancs.

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Gilles-William Goldnadel  

Avec l’aimable autorisation de Dreuz.info

Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Chaque semaine, il décrypte l’actualité pour FigaroVox. Il publie ce mois-ci Manuel de résistance au fascisme d’extrême-gauche (Nouvelles éditions de Passy).

Fondateur et président de l’association Avocats Sans Frontières, et président de l’Association France-Israël, Gilles-William Goldnadel se déclare «hostile à toutes formes d’antisionisme et d’antisémitisme indépendamment de leur orientation politique» (Le nouveau bréviaire de la haine) et dénonce l’émergence d’un «nouvel antisémitisme» d’une certaine partie de la gauche.

Publications : Le Blognadel (2009) aux Editions de Passy Conversation sur les sujets qui fâchent avec Alexandre Adler (2008) chez Jean-Claude Gawsewitch Les Martyrocrates (2004) chez Plon Le Nouveau Bréviaire de la haine (2001) chez Ramsay Une idée certaine de la France (1998) France-Empire.

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