PETITES REFLEXIONS D’ECONOMIE…

Publié le par la-petite-souris-normande.com

souris01Nous publions ce jour le billet que ‘‘Le hibou de la vallée’’ nous a fait parvenir samedi dernier. Il est imparablement précurseur du rapport Gallois, qui, comme celui d’Attali, devrait être classé sans suite… A moins d’un miracle…

Petites réflexions d’économie à destination des sourds, des aveugles et des malentendants

J’en ai marre de n’entendre et lire que des conneries, alors je vais essayer de faire simple.

Une ménagère gagne 650 milliards d’euros par an, mais elle dépense plus que ce qu’elle ne gagne.

Est-ce que cela peut durer ?

Evidemment non.

Car le déficit, c’est tout simplement cela : La différence entre ce que l’on gagne et ce que l’on dépense.

Essayons d’y voir un peu plus clair.

L’état Français gagne, bon an mal an, 350 milliards d’euros d’impôts  et 300 milliards de cotisations sociales.

Ces 350 milliards d’euros servent à financer les services de l’état et le fonctionnement de l’état, les investissements étant, pour l’essentiel, financés par l’emprunt, ce qui est normal.

De quoi se composent ces 350 milliards ?

170 milliards sont issus de la TVA, impôt sur la consommation qui représente  environ la moitié des recettes fiscales.

50 milliards viennent des ponctions fiscales sur les revenus des ménages (l’impôt sur le revenu).

40 milliards sont  ponctionnés sur les entreprises (l’impôt sur les sociétés).

 

Le reste est constitué des taxes locales, des droits d’enregistrement et des taxes dites parafiscales (expression qui m’a toujours fait rigoler…).

Bon et alors ?

Notre légitime président élu nous dit : Je vais ponctionner 10 milliards sur les ménages et 10 milliards sur les entreprises.

Traduit en termes clairs, cela signifie que l’impôt sur le revenu va passer de 50 à 60 milliards, soit une augmentation de 20%.

Pour les entreprises, il s’agit de faire passer la pression fiscale de 40 à 50 milliards, soit une augmentation de 25%.

Voilà la réalité objective.

Reprenons rapidement ces chiffres : 10 milliards de plus sur les ménages, mais seuls 10% des ménages sont concernés nous dit-on, cela signifie qu’on va « sécher les riches » et personne d’autre.

Est-ce bien crédible ?

Parlons un instant des cotisations sociales, environ 300 milliards d’euros.

Il s’agit là de financer la protection sociale. Pour leur quasi-totalité, les recettes de cotisations sociales sont issues du facteur travail. A raison, les socialistes veulent aussi soumettre a davantage de cotisations sociales le facteur capital (revenus du capital, plus-values de cession).

On voit donc bien que sur la partie « recettes », le facteur déterminant est celui du niveau d’activité économique :

-         La principale recette fiscale (50% des impôts) est un impôt sur la consommation : Plus les ménages achètent, plus importantes sont les rentrées issues de la TVA.

-         Les cotisations sociales, quant à elles, ne dépendent que du niveau des salaires, eux-mêmes directement liés à l’activité économique.

Il y a 4 moyens de réduire un déficit :

-         Augmenter les recettes sans diminuer les dépenses

-         Diminuer les dépenses sans augmenter les recettes

-         Augmenter les recettes tout en diminuant les dépenses

-         Financer le déficit par la dette.

C’est ce dernier moyen, terriblement dangereux, qui a été privilégié par tous les gouvernements en France depuis de longues années.

C’est pourquoi la dette Française est une mauvaise dette, c’est une dette de déficit, il n’y a « rien en face ».

Qui plus est la dette Française est en grande partie détenue par des étrangers, à l’inverse de la dette Japonaise (abyssale !) qui n’est détenue que par la population nipponne (les Japonais se doivent de l’argent à eux-mêmes, alors que les Français doivent plein de sous à des étrangers).

Au surplus, le « service de la dette » (le paiement des frais financiers et le remboursement des emprunts) est assuré…. par l’emprunt, comme ces ménages qui prennent un nouveau crédit (plus cher) pour rembourser leurs emprunts en cours.

C’est ainsi que l’Etat Français emprunte chaque jour environ 300 millions d’euros, créant ainsi une nouvelle masse monétaire qui va encore gonfler le « stock de monnaie » qui sert à la spéculation, c’est un circuit absolument diabolique.

Alors que faire ?

Il est évident qu’il faut stopper le processus à sa source, c’est-à-dire au niveau du déficit, en jouant impérativement sur tous les leviers « recettes/dépenses ».

C’est en premier lieu le train de vie de l’état qui est en cause, et ce ne sont pas des mesurettes symboliques qui vont changer la donne.

La réforme des collectivités territoriales apparaît comme une évidence : La France sera-t-elle mieux ou moins bien gérée si on supprime les conseils généraux, les départements, les cantons et si on assainit un peu ce mille-feuilles ?

La France sera-t-elle mieux ou moins bien gérée si on supprime ce « machin » budgétivore qu’est le sénat ?

Bien sûr que non, mais là on rentre dans le chapitre politique du « Touche pas à mon poste ! ».

Il faut, en fait, raisonner de façon très basique : On ne peut garder que les services que l’on peut se payer.

Alors venons-en aux recettes.

Le problème de fond de l’état Français, c’est qu’il représente une énorme masse de coûts fixes (environ 880 milliards d’euros), alors que les recettes sont essentiellement variables.

C’est pour baisser ce niveau de coûts fixes qu’on externalise, c’est-à-dire qu’on confie des services publics à des entreprises privées qui, si elles gardent les bénéfices, subissent aussi les pertes et cela ne coûte pas un sou à l’état.

Ce n’est pas un raisonnement stupide !

On ne pourra pas faire l’économie de la « privatisation » de nombreux services de l’état pour diminuer le niveau des frais fixes.

Quant aux recettes proprement dites, on a vu qu’elles dépendaient  essentiellement du niveau d’activité économique, ce qui est une évidence.

On en vient donc à la question de fond : L’économie Française est-elle capable de générer de la croissance ?

La réponse est, naturellement, oui.

Oui, mais à une seule et unique condition qui n’est pas une condition quantitative, mais une condition qualitative.

Cette condition, c’est la confiance.

Comment voulez-vous qu’un pays « aille bien » quand personne, de la base au sommet, ne sait où il va ?

Et la confiance ne peut venir sans clarté :

-         Il est évident que rien ne pourra être fait si on n’augmente pas la TVA de façon massive

-         Il est évident que la compétitivité (eh oui !) des entreprises Françaises est largement pénalisée par les taxes de toutes sortes et que le coût du travail est trop élevé

-         Il est évident qu’il faudra faire des coupes sévères dans les services de l’état.

Alors appelons cela « TVA sociale » ou tout ce qu’on voudra, on n’y coupera pas.

C’est d’un cynisme absolu que de faire croire aux Français que « tout va se passer sans douleur » !

Il y aura, évidemment, beaucoup de sangs et de larmes et chacun le ressent chaque jour davantage dans son quotidien.

Ayons le courage de prendre des mesures de bon sens élémentaire pour stopper l’hémorragie et après on pourra s’occuper des choses sérieuses et, en premier lieu, de l’éducation !

Il est grand temps de revenir sur terre !

  ATERRISSAGE

 

 

   HIBOU 

 

 

 

 

Le hibou de la Vallée

Publié dans LE HIBOU DE LA VALLÉE

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