LE JUIF JÉSUS EST NÉ EN JUDÉE, PAYS DES BNEI ISRAËL

Publié le par Abbé Alain Arbez

LE JUIF JÉSUS EST NÉ EN JUDÉE, PAYS DES BNEI ISRAËL

On est parfois surpris des extrapolations faites à partir du récit de la Nativité. L’amalgame anachronique de concepts idéologiques modernes avec les événements liés à la naissance d’un petit enfant de Judée, nommé Yehoshua, déforme la réalité historique et le sens spirituel de l’événement.

Il n’est que de constater certaines récupérations hasardeuses d’un enfant Jésus subitement privé de sa judéité et de son époque, pour être transformé en réfugié du Moyen Orient. Arafat avait abondamment procédé à cette captation d’héritage spirituel en faisant de Jésus le premier feddayin palestinien !

Mais on trouve aussi des commentaires de presse qui intronisent l’enfant de Bethléem comme le premier nouveau-né « sans papiers ». Retournement de situation plutôt paradoxal lorsque l’on peut lire dans les évangiles que Joseph et son épouse Marie se sont rendus à Bethléem, à la demande des autorités romaines, précisément pour y décliner leur identité et se faire enregistrer avec leur fils sur les registres officiels !

C’est dans le même ordre d’idées que le 19ème siècle n’a pas hésité à mythologiser Joseph, père adoptif de Jésus : du simple fait qu’il était charpentier, il s’est retrouvé promu figure emblématique des prolétaires. A tort, car s’il est vrai que tout travailleur, même au bas de l’échelle sociale est digne de reconnaissance et de respect, on sait aujourd’hui que le statut de charpentier dans la Judée du 1er siècle correspond à celui d’un homme instruit et aisé, qui gagne bien sa vie, du fait de sa compétence artisanale polyvalente : il est performant dans la construction de poutraisons pour les toitures, comme dans la fabrication de meubles et d’objets d’art, parfois même dans la taille de pierres.

Quoi qu’il en soit, le récit édifiant de la naissance de Jésus est porteur d’espérance. C’est pourquoi il n’a pas à être récupéré au service d’une idéologie partisane et horizontale. Cela veut dire que l’utilisation souvent biaisée du récit de la Nativité confirme bien toute la fragilité de cet événement survenu dans la plus grande humilité.

Mais cette vulnérabilité, signe de la compassion et de la proximité de Dieu, fait partie, avec tout le réalisme possible, de l’identité de Jésus et de la mission qu’il a assumée. Nous savons que cet enfant fidèlement instruit dans la Torah est devenu le maître d’un nouvel art de vivre au sein d’un peuple témoin environné de nations païennes hostiles. Reconnu comme Fils de Dieu exemplaire, Jésus a clairement choisi de dépasser tous les clivages, anciens et modernes, pour offrir à tous un chemin d’humanité, libéré des manipulations politiciennes et axé sur la réalité à venir du Royaume de Dieu Un futur messianique toujours espéré et attendu dans deux traditions sœurs, Israël et Eglise.

QUAND LES FEUILLES D’AUTOMNE S’ENVOLENT

 

 

 

 © Abbé Alain Arbez 

avec l’aimable autorisation de Dreuz.info. 

Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, Membre de la JRJK, Commission de dialogue judéo-catholique (conférence des évêques suisses et fédération des communautés israélites suisses).

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